Autres télescopes terrestres

Vous trouverez dans cette liste un certain nombre de télescopes terrestres, exceptionnels par leurs dimensions et/ou par leurs caractéristiques techniques et leurs capacités astronomiques.

Vous pouvez aller directement à la section qui vous intéresse en cliquant sur l’un des choix ci-dessous. Vous pourrez ensuite revenir directement ici avec la flèche retour de votre navigateur.

Télescopes existants :
Keck 1 et 2 (Mauna Kea – Hawaï)
Subaru (Mauna Kea – Hawaï)
LBT, Large Binocular Telescope (Mont Graham, Arizona, USA)
Gran Telescopio Canarias
Télescope Hobby-Eberly
Southern African Large Telescope • SALT
Observatoire VLT de l’ESO (Cerro Paranal – Chili)
Observatoire Gemini (Mauna Kea – Hawaï / Cerro Pachòn – Chili)
Observatoire MMT (Mont Hopkins – Arizona)
Télescopes en projet ou en cours de réalisation :
Observatoire ELT de l’ESO (Cerro Armazones – Chili)
Télescope LSST, « Large Synoptic Survey Telescope » (Cerro Pachòn – Chili)
Le « Thirty Meter Telescope » (TMT) Mauna Kea – Hawaï
Télescope géant Magellan (Las Campanas – Chili)


 

 

Télescopes existants :

 

 

Télescopes Keck 1 et 2 (Hawaï)

Situés à 4.145 m d’altitude sur le mont Mauna Kea sur la grande île d’Hawaï, ce sont 2 télescopes de 10 m. Chaque miroir est constitué de 36 « petits » miroirs hexagonaux. Le Keck 1 a vu sa première lumière en 1993 et le Keck 2 en 1996. Ils peuvent travailler séparément ou ensemble par interférométrie optique (comme le VLT de l’ESO au Chili), ce qui leur permet d’avoir une résolution angulaire équivalente à un miroir de 85 m. Ils sont aussi équipés de systèmes d’optique active. Ils fonctionnent dans le domaine du visible et de l’infrarouge. Ils sont de type Ritchey-Chrétien sur monture altazimutale.

Parmi d’autres choses, le Keck a découvert en 2012 S0-102 qui est l’étoile la plus proche du trou noir supermassif (Sagittarius A*) qui est au centre de notre galaxie. Cette étoile tourne en seulement 11,5 ans autour de Sagittarius A*. Sa position dans le ciel a été suivie de 2000 à 2012 et une orbite complète a été observée. Du point de vue d’un observateur terrestre, elle se déplace dans le sens horaire. Ayant observé deux étoiles orbitant durant des périodes complètes autour du centre de la galaxie, le potentiel gravitationnel de SgrA * pourra être établi. Il est possible que de la matière noire se trouve en grande quantité autour des orbites de ces étoiles, auquel cas, les effets de la relativité générale, en raison du décalage gravitationnel vers le rouge ou décalage d’Einstein, devraient devenir observables.


 

 

Télescope Subaru (Hawaï)

Situé tout près des Keck, sur le même sommet du Mauna Kea, ce télescope de 8,20 m ouvert à f/1,83 est de type Cassegrain sur monture altazimutale situé dans un dôme cylindrique.

↑  De gauche à droite : le Subaru, Keck 1 et 2 et l’IRTF de la NASA (Infrared Telescope Facility)

Construit et géré par le Japon, sa première lumière date de 1998. Il fonctionne dans la longueurs d’onde du visible et de l’infrarouge. C’est (comme le VLT de l’ESO au Chili) un miroir d’une seule pièce avec optique adaptative.


 

 

LBT, Large Binocular Telescope (Mont Graham, Arizona, USA)

Le grand télescope binoculaire (en anglais Large Binocular Telescope, LBT) est un télescope américain qui possède deux miroirs de 8,4 mètres de diamètre, placés sur la même monture altazimutale. Situé à 3.267 m d’altitude sur le mont Graham, en Arizona, c’est un télescope tout à fait unique en son genre. Inauguré en octobre 2004, le télescope est opérationnel depuis fin 2006, à l’achèvement des travaux. Depuis cette date, il est le télescope optique le plus avancé au niveau de la résolution. Les deux miroirs jumeaux d’une focale de 9,5 m sont ouverts à f/1.14 et sont séparés de 14,4 m (entre les 2 centres des miroirs). Cela donne une surface équivalente à un miroir unique de 11,8 mètres de diamètre. C’est un partenariat entre plusieurs organisations américaines et allemandes. En interférométrie ils simulent un miroir unique de 22,8 m.


 

 

Gran Telescopio Canarias

Le Gran Telescopio Canarias (GTC, « Grand Télescope des îles Canaries »), appelé quelquefois GranTeCan, est un télescope de 10,4 mètres de diamètre situé à l’observatoire du Roque de los Muchachos, à 2 396 mètres d’altitude, sur l’île de La Palma. Il est à ce jour, le plus grand télescope optique du monde.

Le GTC est mis en service le 13 juillet 2007 et produit ses premières données scientifiques en juin 2009. Le 24 juillet 2009, il est inauguré par le roi et la reine d’Espagne. Son miroir principal, conçu et réalisé par REOSC est entièrement piloté par un système d’optique active, est composé de 36 sections de vitrocéramiques hexagonales mesurant 1,9 m de large chacune, de 8 cm d’épaisseur et pesant 470 kg. Poli avec une précision de 15 nanomètres, il fournit des images d’une résolution proche de celles prises en orbite par le télescope spatial Hubble. La surface totale de son miroir est de 75,7 m2. Il est de type Ritchey-Chrétien sur monture altazimutale.


 

 

Télescope Hobby-Eberly

Le télescope Hobby-Eberly est un télescope de 9,2 m situé à l’observatoire McDonald au Texas près de la ville de Fort Davis. Le miroir primaire est constitué de 96 éléments hexagonaux en Zerodur. Le télescope est fixe en hauteur (55°) et mobile en azimut. Il peut observer des objets pendant une durée de 1 à 2 heures à l’aide d’un système de poursuite situé au foyer. Ce système suit l’objet à travers la pupille, compensant la rotation de la Terre. Trois instruments sont disponibles pour analyser la lumière des objets observés. Ces trois instruments sont des spectrographes, respectivement à haute, moyenne et basse résolution spectrale. Le spectrographe à basse résolution est monté au foyer primaire, tandis que les spectrographes à moyenne et haute résolution sont installés dans le bâtiment, la lumière y étant dirigée par un câble à fibre optique. Le télescope a été utilisé pour une grande variété d’études allant du système solaire aux étoiles de notre galaxie ainsi que des autres galaxies. Mesurant des vitesses radiales de l’ordre de 1 m/s, le télescope a été utilisé avec succès pour découvrir des exoplanètes. Avec le spectrographe à basse résolution, le télescope a été utilisé pour identifier des supernovæ de type Ia permettant de mesurer l’accélération de l’Univers. Il a également été utilisé pour mesurer la rotation de galaxies individuelles.


 

 

Southern African Large Telescope • SALT

Le Grand télescope d’Afrique australe est un télescope de grande envergure installé sur le site d’observation de l’Observatoire astronomique sud-africain, en Afrique du Sud dans le désert du Kalahari, et opérationnel depuis 2005. Comme tous les observatoires astronomiques modernes, l’endroit n’a pas de grande ville à proximité, évitant ainsi les problèmes de pollution lumineuse. Le SALT est un cousin amélioré du Télescope Hobby-Eberly. Il a donc la particularité d’utiliser 91 miroirs hexagonaux de un mètre, constituant ainsi un miroir primaire de 11,1 mètres pour 9,2 mètres d’ouverture effective. Ce qui est original c’est que le miroir primaire est fixe, et le pointage en azimuth se fait en orientant toute la structure du télescope. C’est la position du miroir secondaire, lui mobile (autre particularité) qui permet de suivre un objet dans le ciel pendant le temps d’exposition. SALT est pour l’instant équipé de deux spectrographes et d’une caméra CCD (appelé Salticam), et qui vient d’acquérir ses premières images.


 

 

Observatoire VLT de l’ESO sur le Cerro Paranal (Chili)

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Observatoire Gemini

L’observatoire Gemini est un observatoire astronomique constitué de deux télescopes de 8 m, un pour chaque hémisphère. Les télescopes ont été financés par un consortium d’institutions provenant de six pays, soit les États-Unis, le Canada, le Brésil, l’Argentine, le Chili et l’Australie. L’observatoire est géré par l’Association of Universities for Research in Astronomy (AURA). Les bureaux de l’observatoire sont situés à Hilo, sur la Grande Île d’Hawaï et à La Serena au Chili. Ces deux télescopes sont de type Cassegrain sur monture altazimutale. Ils sont équipés d’optiques adaptatives. Les miroirs de 8,10 m sont recouverts d’une fine couche d’argent (unique au monde). Ils fonctionnent dans des longueurs d’onde situées entre le proche ultraviolet, le visible et le moyen infrarouge. Chaque télescope Gemini est constitué d’un miroir en céramique haute performance, fourni par Corning Glass. Ce miroir d’un diamètre de 8,1 mètres a une épaisseur de 20 centimètres, pour une masse de 22,2 tonnes. Ces miroirs, surnommés Lucky Luke et Jolly Jumper, furent polis chez REOSC à Saint-Pierre-du-Perray avec leurs 4 miroirs cousins (Joe, Jack, William et Averell) du VLT. La déformation d’un miroir est corrigée par un ensemble de 120 actionneurs.

Le premier des deux télescopes, Gemini North, a été achevé en 1999 et a commencé ses observations scientifiques en 2000; il est situé sur le Mauna Kea à une altitude de 4.205 m.

↑ Gemini North

Le second télescope, Gemini South, est situé à 2.715 m sur le Cerro Pachón non loin du télescope SOAR, tous deux situés à une dizaine de kilomètres au sud de l’observatoire du CTIO avec lequel ils partagent certaines infrastructures. Le télescope a vu ses premières lumières en 2000.

↑ Gemini South

Il s’est doté d’un instrument doté d’une optique adaptative, le «Gemini Planet Imager» (GPI), pour observer les exoplanètes ou leurs disques de poussière précurseurs en imagerie directe. Il détecte la radiation en infrarouge, c’est-à-dire la chaleur émise par les jeunes planètes géantes de type Jupiter, et peut analyser leur spectre électromagnétique. Pour sa première lumière en novembre 2013, le GPI a produit une image de la planète Beta Pictoris b.


 

 

Observatoire MMT (Mont Hopkins, Arizona)

L’observatoire MMT (en anglais MMT Observatory ou MMTO) est un observatoire astronomique, sur le site de l’observatoire Fred Lawrence Whipple est situé sur le Mont Hopkins dans l’Arizona aux USA (à 55 km au sud de Tucson) dans les Santa Rita Mountains. L’observatoire est géré par l’université de l’Arizona et la Smithsonian Institution et possède un accueil du public dans la ville voisine d’Amado.

The MMTO abrite le MMT (anciennement Multiple Mirror Telescope), qui possède actuellement un miroir primaire de 6,5 m de diamètre. Le nom provient du fait que la collecte de la lumière du télescope était initialement faite par six miroirs plus petits avant que l’actuel miroir primaire ne soit installé. Le miroir actuel est remarquable car il est d’une conception légère en nid d’abeille réalisée par le Mirror Laboratory de l’observatoire Steward de l’université de l’Arizona. Le MMT est également remarquable par son bâtiment inhabituel, qui ne ressemble pas du tout à un dôme d’observatoire typique. La forme particulière du bâtiment est conçue pour replier complètement les murs et le toit autour du télescope, lui permettant de refroidir très rapidement de façon à améliorer le seeing*.

*  Le seeing n’est pas un nouvel anglicisme snob (en français qualité d’image ou qualité de la visibilité), c’est une grandeur servant à caractériser la qualité optique du ciel. En pratique, le seeing mesure la turbulence atmosphérique. Avec la transparence du ciel, il est donc un des paramètres utilisés par les astronomes pour mesurer la qualité du ciel et a fortiori des observations astronomiques. Ces deux paramètres dépendent notamment de la température, de la pression, du vent et de l’humidité ainsi que de leurs variations.

 

Multiple Mirror Telescope

Le MMT fonctionna entre 1979 et 1998 avec 6 miroirs, chacun d’un diamètre de 1,8 mètre, fournissant une surface de collecte équivalente à celle d’un télescope de 4,5 m, ce qui en fit le troisième plus grand télescope au monde lors de son inauguration. Il présentait des innovations de conception ambitieuses dont une conception optique inhabituelle : un bâtiment tournant simultanément avec le télescope et une monture altazimutale.

À l’exception du Bolshoi Teleskop Azimutalnyi (BTA-6) et du télescope de 40 pieds de William Herschel, les grands télescopes optiques avant le MMT utilisaient des montures équatoriales. Le MMT apporta un changement majeur dans la conception des télescopes; tous les grands télescopes optiques depuis le MMT ont été construits avec une monture azimutale (ou altazimutale). Plusieurs technologies inaugurées au MMT ont contribué au succès de la génération suivante de grands télescopes. Celles-ci comprenaient : des servomoteurs à grande vitesse pour la monture azimutale; un pointage à très haute précision qui éliminait la nécessité de cartes du ciel; l’alignement et la mise en phase de télescopes multiples; l’amélioration des performances optiques en prêtant attention à l’environnement thermique de l’installation; des contributions au dépôt sous vide des argentures, au nettoyage des optiques et la maintenance; et des premiers essais d’optiques adaptatives co-phasées. Une des raisons à sa conception initiale à plusieurs miroirs provenait de la difficulté à couler de grands miroirs. Une solution à ce problème a été trouvée par Roger Angel de l’observatoire Steward qui coule les miroirs avec une structure en nid d’abeille à l’intérieur d’un four rotatif. Ceci rendit possible le remplacement des six miroirs par un unique miroir de 6,5 m. Le bâtiment d’origine et une partie de la structure ont pu être conservés. Le nouveau miroir fut coulé et poli au Steward Observatory Mirror Laboratory à l’université de l’Arizona. C’était le premier miroir de 6,5 m coulé au SOML. Le nouveau MMT a été inauguré le 20 mai 2000. Fin 2002, un nouveau miroir secondaire déformable a été ajouté au télescope. Tandis que les autres conceptions d’optique adaptative réalisent leurs corrections avec des miroirs additionnels, la minimisation du nombre de surfaces chaudes dans le trajet de la lumière donne de meilleurs résultats en infrarouge.


 

 

Télescopes en projet ou en cours de réalisation :


 

 

Observatoire ELT de l’ESO sur le Cerro Armazones (Chili)

Le plus grand. Il est en cours de construction.

Cliquez ici pour voir la page de l’ELT


 

 

Le télescope LSST (Large Synoptic Survey Telescope) sur le Cerro Pachòn (Chili)

Ce grand télescope d’étude synoptique (qui, littéralement, permet  d’avoir une « vue d’ensemble ») est un instrument, en cours de construction, d’une nature très originale et unique à ce jour. Il est installé au Chili, sur le Cerro Pachòn, à 2.715 mètres d’altitude. Il réalisera une cartographie profonde et temporelle de l’ensemble du ciel visible. Le LSST observera des dizaines de milliards de galaxies et d’étoiles et couvrira un large domaine d’étude allant de la matière noire et l’énergie sombre au système solaire.

Schéma du LSST quand il sera opérationnel  ↑

↑  Le support des miroirs primaire et tertiaire du LSST 

En construction depuis 2014, il devrait être opérationnel en 2022. Le consortium qui gère le projet est essentiellement américain (nombreuses universités et fondations), mais beaucoup de pays participent au projet, notamment pour la France L’Institut National de Physique Nucléaire et de Physique des Particules (IN2P3 – CNRS) en France.

Ce télescope sera doté d’un miroir primaire de 8,4 m de diamètre, d’un miroir secondaire de 5 m et d’un miroir tertiaire de 3,4 m. Ce système assurera la surface effective d’un miroir de 6,68 m ouvert à f/1,234.

Les caractéristiques chiffrées sont extraordinaires. Le LSST aura un angle de vue instantané de 9,6° carrés (3,5° x 3,5°) permettant une surveillance sur un champ de 18.000 degrés carrés (pouvant aller jusqu’à 25.000 degrés carrés).

Le système d’imagerie est à la hauteur de l’instrument : dotée de 6 filtres, la caméra aura une résolution de 3,2 Gigapixels sur 18 bits avec des pixels de 10 microns (0,2 arcsecondes). Chaque prise de vue couvrira une surface du ciel équivalente à 40 fois la pleine Lune ! La durée totale entre 2 expositions n’excédera pas 30 secondes, permettant ainsi de réaliser environ 1.000 prises de vue par nuit (soit 15 Téraoctets de données). En 10 ans (durée initialement prévue de la mission) le LSST devrait accumuler plus de 50 Pétaoctets de données d’images brutes (50 x 1015 octets).

Le LSST pourra opérer dans les longueurs d’onde comprises entre 320 et 1050 nanomètres (ondes allant du proche ultraviolet au proche infrarouge en incluant bien sûr tout le spectre de la lumière visible).

Trois ingénieurs posant devant le support du miroir primaire  ↑

Les missions du LSST sont très ambitieuses :

• Le LSST photographiera la région du ciel qu’il surveillera tous les 3 jours, produisant 30 terabytes de données par nuit à l’aide d’une caméra CCD de trois milliards de pixels. Il sera capable de prendre des vues toutes les 10 à 30 secondes, ce qui jettera les bases d’une nouvelle façon de travailler, en fournissant des sortes de films d’événements astronomiques qui évoluent et se déplacent rapidement à l’échelle de l’Univers. Il est donc tout désigné pour observer et mieux comprendre les supernovæ, les astéroïdes proches de la Terre ou encore les objets de la Ceinture de Kuiper. Bref, les possibilités sont immenses. Pendant ses 10 ans de relevés, LSST cartographiera l’ensemble du ciel visible deux fois par semaine, fournissant un film précis de « l’univers dynamique ». Ces images seront analysées en temps réel afin d’identifier les objets qui ont changé ou se sont déplacés : des explosions de supernova à l’autre bout de l’univers aux astéroïdes de 100 mètres en mouvement pouvant impacter la terre. On pourra ainsi surveiller et étudier entre 10 et 100 fois plus d’objets qu’on ne le peut actuellement. On pourra aussi approfondir notre connaissance de la manière dont les planètes ont pu se former et évoluer au cours de la vie du système solaire.
• Des quantités invraisemblables de données nous permettront de mieux comprendre la structure de la Voie Lactée en connaissant les mouvements de millions d’étoiles de notre Galaxie. On arrivera, en seulement dix ans, à rassembler plus de 1000 fois la quantité de données connues à l’heure actuelle en cataloguant  l’éclat et la couleur de milliards d’étoiles.
• Parmi les autres objectifs scientifiques principaux de LSST il y aura l’étude de la nature de la matière noire et l’amélioration de notre compréhension de ce qu’est l’énergie sombre. L’étude de milliards de galaxies en faisant des vérifications croisées sur les résultats obtenus permettra de cataloguer leurs masses et leur influence dans la distorsion de l’espace-temps. Il y aura aussi l’étude du comportement dynamique de l’énergie sombre et comment elle interagit avec le temps cosmique.
• Au-delà de ces sujets et de l’étude de l’univers variable, les chercheurs pourront, à l’aide du volume gigantesque de données du LSST, étudier l’ensemble des différentes structures présentes dans l’univers, les amas de galaxies, etc.


 

 

Le « Thirty Meter Telescope » (TMT)

Le Télescope de Trente Mètres (en anglais Thirty Meter Telescope : TMT) sera un observatoire astronomique terrestre doté d’un miroir segmenté de 30 mètres de diamètre, capable d’observer depuis le proche ultraviolet jusqu’à l’infrarouge moyen (de 0,31 à 28 μm – micromètre ou micron). Un système d’optique adaptative corrigera le flou des images causé par l’atmosphère terrestre. Aux longueurs d’ondes supérieures à 0,8 μ, cette correction permettra des observations avec une résolution spatiale dix fois supérieure à celle du télescope spatial Hubble. En mode vision naturelle, le TMT aura une sensibilité supérieure d’un facteur dix par rapport aux télescopes terrestres existants, et en mode optique adaptative, d’un facteur 100.

C’est un télescope « nomade », voire baladeur : en effet, rien que le choix de son site d’implantation a commencé en 2009 et a pris des années… Initialement prévu sur le Mauna Kea à Hawaï, le projet a été contesté et mis en péril par les populations polynésiennes (notamment celle de la grande île) pour des raisons écologiques et aussi au prétexte que c’était un lieu sacré dans leurs croyances ancestrales. D’autres sites ont alors été envisagés : la Chine, les Canaries, le Cerro Armazones au Chili, la Basse Californie au Mexique, etc. Finalement, le 29 septembre 2017, un accord a été trouvé entre les promoteurs du projet, l’Etat d’Hawaï et les organismes hawaïens de défense de la nature pour que l’autorisation soit enfin donnée au projet de s’établir sur le Mauna Kea (choix initial du site) à 4.050 mètres d’altitude.

 

Projet scientifique :

Le TMT sera un observatoire « généraliste » capable de mener des études dans une grande variété de sujets d’astrophysiques, parmi lesquels :

  • l’énergie sombre, la matière sombre et la vérification du modèle standard de la physique des particules;
  • Description des premières étoiles et des premières galaxies de l’Univers;
  • Étude de l’ère de la réionisation;
  • Rassemblement et évolution des galaxies ces dernières 13 milliards d’années;
  • Relations entre les trous noirs supermassifs et les galaxies;
  • Décomposition étoile-par-étoile des galaxies situées jusqu’à 10 millions de parsecs;
  • Physique de la formation des étoiles et des planètes;
  • Découverte et description des exoplanètes;
  • Chimie de la surface des objets de la ceinture de Kuiper;
  • Chimie et météorologie des atmosphères planétaires du système solaire;
  • Recherche de la vie sur des planètes hors du système solaire.

Le TMT a été conçu pour être complémentaire du télescope spatial James-Webb et de l’Atacama Large Millimeter Array (ALMA).

Le Télescope : L’élément central de l’observatoire du TMT sera un télescope Ritchey-Chrétien avec un miroir primaire de 30 m de diamètre. Ce miroir sera constitué de 492 facettes, miroirs élémentaires hexagonaux de 1,40 m. La forme de chaque facette et sa position par rapport aux miroirs voisins sera contrôlée par l’optique active. Un miroir secondaire de 3 m produira un champ visuel sans obstruction de 20 minutes d’arc de diamètre avec un rapport focal de 15. Un miroir tertiaire plan dirigera la lumière vers les instruments scientifiques montés sur une grande plateforme Nasmyth. Le télescope aura une monture altazimutale. Cette monture permettra de repositionner le télescope sur n’importe quel point du ciel en moins de 5 minutes avec une précision minimale de 2 secondes d’arc. L’objet céleste une fois pointé, le télescope assurera sa poursuite avec une précision de quelques millisecondes d’arc. Le TMT aura une masse mobile de 2.000 tonnes, instruments compris. Sa conception résulte de celle, jugée très réussie, de l’observatoire Keck.

Optique adaptative : Un système d’optiques adaptatives à conjugaison multiple (en anglais Multi-Conjugate Adaptive Optics ou MCAO) sera intégrée à l’observatoire. Ce système mesurera la turbulence atmosphérique en comparant la combinaison d’étoiles naturelles (réelles) et artificielles (étoile simulée par laser). Sur la base de ces mesures, une paire de miroirs déformables sera ajustée plusieurs fois par seconde et corrigera la distorsion du front d’ondes causée par ces turbulences. Ce système produira des images à la limite de diffraction sur un champ visuel d’un diamètre supérieur à 30 secondes d’arc. Par exemple, le centre de la fonction d’étalement du point aura une taille de 0,015 seconde d’arc à une longueur d’onde de 2,2 μm, presque 10 fois supérieure à celle du télescope spatial Hubble.


 

 

Télescope géant Magellan

Le télescope géant Magellan (en anglais Giant Magellan Telescope, en abrégé GMT) est un projet de télescope terrestre dont la livraison est prévue pour 2022. Il sera constitué de sept miroirs primaires de 8,4 m de diamètre, avec la résolution spatiale d’un miroir primaire de 24,5 m de diamètre et une surface collectrice équivalente à celle d’un miroir de 21,4 m5, ce qui en fait un des trois extrêmement grands télescopes.

Les responsables ont confirmé l’installation du télescope à l’observatoire de Las Campanas. Ce site est également celui où sont déjà installés les télescopes Magellan, au Chili, à une centaine de kilomètres au nord-est de la ville de La Serena. Comme pour beaucoup de grands télescopes plus anciens, ce site a été retenu comme lieu d’implantation pour ce nouvel instrument du fait du climat très favorable et du grand nombre annuel de nuits claires. De plus, la rareté des centres habités à proximité font que le ciel nocturne est non seulement exempte de pollution atmosphérique, mais aussi de pollution lumineuse.

Ce télescope est unique en ce qu’il utilisera sept segments de miroirs de 8,40 m de diamètre chacun. Ces segments seront disposés pour ne former qu’une seule surface optique, ce qui constitue un défi, car les six segments de miroirs extérieurs ne forment pas une symétrie radiale (c’est-à-dire qu’ils ont un système optique excentré), ce qui oblige à modifier légèrement la procédure habituelle de polissage. Bien que les six miroirs extérieurs soient individuellement excentrés, la conception exige une disposition centrée de la surface de réflexion de l’ensemble des sept miroirs, avec un miroir au centre et les six autres disposés symétriquement par rapport à ce centre, ce qui donne finalement un plan focal centré pour l’ensemble. Il est prévu de construire sept miroirs excentrés identiques de façon qu’il y en reste un de rechange pour les opérations de retraitement des surfaces des segments, une opération nécessaire environ tous les deux ans et d’une durée d’une à deux semaines par segment.

Les miroirs sont en cours d’élaboration dans le Steward Observatory Mirror Lab (SOML) à l’Université d’Arizona. La coulée du premier miroir, dans un four rotatif, s’est terminée le 3 novembre 2005, mais la mise en forme et le polissage, qui nécessitent beaucoup de temps, ont été terminées qu’au début 2010. Le télescope utilisera l’optique adaptative.