Utiliser un instrument

Il n’est pas question ici de donner des conseils à des amateurs déjà utilisateurs, et visant à optimiser au maximum leur pratique. C’est au vrai novice que nous avons l’intention de nous adresser.

Donc, bienvenue au débutant absolu !

 

Partons du postulat que vous n’avez pas acheté votre instrument dans un rayon jouet de supermarché. Sur les conseils de personnes pratiquant un peu l’astronomie, vous n’avez pas non plus choisi une petite lunette astronomique équipée d’une monture dite « azimutale », qui vous compliquerait nettement la tâche lors de vos observations. Seule une monture pilotée par ordinateur peut être à la fois azimutale (on dit souvent dans ce cas « altazimutale ») et confortable, avec un prix en rapport.

Vous êtes donc en possession d’un télescope (ou d’une lunette astronomique) sur monture équatoriale, et donc prêt à vous lancer dans une découverte confortable et efficace.

NOTE : La monture azimutale/altazimutale est orientable selon deux axes. Le premier autorise une rotation selon un axe vertical (pointage en azimut – sud-est-nord-ouest). Le second permet d’orienter l’instrument vers le haut ou vers le bas (en hauteur, ou « altitude »). Pour conserver l’objet visé dans le champ de visée de l’oculaire il est nécessaire de modifier le pointage selon les deux axes à la fois afin de compenser l’effet de la rotation de la Terre en 24 heures. Ceci est délicat si on doit le faire à la main.

↑  Monture azimutale (à gauche) et monture équatoriale (à droite). Aucune n’est motorisée.

L’utilisation d’un instrument sur monture équatoriale.

Le tube de l’instrument est destiné à capter le flux lumineux, c’est essentiel, mais son support (trépied plus monture) est tout aussi essentiel. C’est sa bonne utilisation qui permet d’annuler l’effet de la rotation de la Terre. Installé sur la Terre, notre instrument pointe dans une direction sans cesse modifiée par cette rotation. La monture équatoriale permet d’annuler cet effet de façon simple.

Cette monture possède deux axes de rotation. L’un, en « déclinaison », permet de viser plus ou moins haut dans le ciel. Le second, perpendiculaire au premier, pointe vers l’étoile polaire. Il est parallèle à l’axe des pôles (et son inclinaison par rapport à l’horizontale est égale à la latitude du lieu d’observation). Au cours de l’observation il faut en modifier régulièrement le réglage pour garder l’objet visé dans le champ de l’oculaire. Ceci est fait grâce à un bouton de réglage manuel, ou par un moteur si votre monture en possède un. C’est l’axe « d’ascension droite « .

↑  Monture équatoriale classique

La condition essentielle au bon fonctionnement du « suivi » dépend d’une bonne « mise en station » de l’ensemble (voir plus bas).

Une monture équatoriale manuelle, une monture motorisée (un ou deux axes), voilà l’équipement de base pour une solide découverte du ciel quel que soit le tube qu’elle supporte. En vous aidant d’une carte qui vous permettra de débusquer d’innombrables objets célestes, vous êtes en situation « d’apprendre votre ciel », comme tant d’astronomes l’ont fait avant vous.

L’apparition de micro-ordinateurs pouvant équiper des instruments a sensiblement changé la situation de l’astronome amateur.

 

Le cas des télescopes automatisés

Si vous avez opté pour l’acquisition d’un télescope piloté par un logiciel intégré dans la raquette de commande vous allez pouvoir explorer le ciel sans vous soucier de le connaître vraiment. C’est un confort évident mais qui risque d’entraîner des déceptions si vous ne faites pas vous-même le tri dans les cibles que vous choisissez. Bien des objets visés vous paraîtront peu spectaculaires, parfois à la limite de la visibilité à l’oculaire. Et vous serez incapable de bien les situer dans le ciel.

Nombre de ces instruments possèdent une monture équatoriale mais de plus en plus sont équipés d’une monture azimutale. C’est l’utilisation de deux moteurs pilotés par l’ordinateur qui a rendu ces montures efficaces.

↑  À droite et à gauche, 2 montures altazimutales motorisées. Au centre, en blanc, une monture équatoriale motorisée.

Certains de ces télescopes sont même équipés d’une aide à la « mise en station ». Le mini-ordinateur qui les équipe utilisant un GPS pour se situer, son horloge interne pour connaître la date, et une caméra pour identifier quelques étoiles guides.

 

Le cas des Dobson

Le Dobson 400 non motorisé (fabrication GAP47) Un Dobson 400 du commerce, motorisé

Les télescopes à monture Dobson sont en fait des instruments possédant une monture de type azimutal. Par principe, en appliquant strictement la philosophie de John Dobson, ils n’avaient pas de suivi motorisé et étaient destinés à une observation visuelle, surtout d’initiation. Ils peuvent maintenant être équipés d’une table équatoriale permettant un suivi satisfaisant, ou même être pilotés par deux moteurs connectés à une raquette de commande automatisée.

 

Quelques points techniques de base :

A) la mise en station

C’est la condition essentielle pour une observation confortable avec une monture équatoriale. D’abord s’assurer de l’horizontalité du socle supportant la monture. Ensuite vérifier que l’inclinaison de l’axe polaire correspond bien au lieu d’observation. Enfin, orienter la monture, axe polaire (d’ascension droite) pointant dans la direction de l’étoile polaire (si nécessaire utiliser une boussole ; certaines montures possèdent même un viseur polaire qui facilite grandement l’opération).

 

B) le grossissement

La tentation est forte d’utiliser des oculaires permettant un fort grossissement. On se rend vite compte que grossir diminue la luminosité. A éviter donc pour l’observation d’objets peu lumineux. De plus utiliser un fort grossissement accentue très vite les défauts, ceux de l’instrument, ceux dus aux conditions d’observation (turbulence atmosphérique en particulier). On découvrira plus de choses avec un grossissement modéré donnant une image lumineuse et précise qu’avec en grossissement trop poussé; c’est une question d’éducation du regard, d’apprentissage.

 

C) l’équipement (instrument et oculaires)

Comme dans la plupart des activités que nous pratiquons, la qualité finale de notre instrument dépend du maillon le plus faible. Votre équipement doit rester cohérent. Pas la peine d’avoir un tube de qualité si on l’équipe d’oculaires médiocres (et inversement).

Les oculaires sont proposés dans un grand choix de focales (qui déterminent l’importance du grossissement), il est donc tentant d’en posséder une collection complète mais le débutant sera parfaitement équipé avec trois oculaires bien échelonnés et de préférence parafocaux (ne nécessitant pas ou peu de réglage de la mise au point lorsqu’on passe de l’un à l’autre. En général, un oculaire donnant un faible grossissement (et donc un champ élargi), un oculaire pour grossir les objets lumineux (sans aller jusqu’aux limites théoriques de l’instrument), plus un oculaire de focale intermédiaire seront largement suffisants, au moins dans un premier temps.


Nous ne donnerons pas plus de conseils pour ces premiers pas. Il existe tout un tas de formules de calcul pour optimiser son équipement (grossissement maximum, focale d’oculaire à ne pas dépasser en fonction de la pupille de sortie limite, pouvoir de résolution, etc…) mais elles ne sont pas nécessairement prioritaires au débutant raisonnable.