Ebauchage

Ébaucher un grand miroir constitue une opération quelque peu laborieuse et ingrate. Pour ce faire, l’amateur a le choix entre plusieurs techniques :

1) Réaliser l’ébauchage avec un outil pleine taille selon la méthode classique utilisée pour les « petits » miroirs (courses selon les cordes). Même si elle aboutit au résultat escompté, cette méthode est très longue dans le cas des « grands » miroirs. Il est donc fortement conseillé de s’orienter vers d’autres options :

2) Fabriquer un outil 1/2 ou 1/3 de taille garni de carreaux de céramique (ou de métal). L’ébauchage est réalisé miroir dessous en imprimant à l’outil lourdement lesté (10 à 15 kg par exemple) des courses en W de grande amplitude (voir figure ci-contre) et en tournant régulièrement autour du poste de travail. On utilisera d’abord un abrasif mordant comme le carbo 36 pour accélérer le creusage puis un abrasif plus « fin » comme le carbo 80 pour « effacer » les écailles profondes créées par le grain précédent. On contrôlera à l’avancement la régularité de la courbure au sphéromètre ou à l’aide d’un gabarit. En cas d’écart zonal (centre trop creux, bord rabattu, …), on modifiera la forme des courses pour corriger le défaut en s’inspirant de la méthode de parabolisation n°1 de l’ouvrage de Jean Texereau ou des retouches par surpressions.

 

3) Creuser le miroir avec une meule diamantée. Le disque en verre est posé sur un plateau tournant et arrosé régulièrement d’un filet d’eau.

 

 

Quant à la meuleuse, on peut envisager diverses solutions :

a) soit elle se déplace le long d’un rail incurvé et taillé au rayon de courbure prévu pour le miroir alors que la meule est tout juste en contact avec le verre. Voir animation ci-contre et exemples de réalisations amateurs (ici).

 

b) soit elle est fixée à un bras pendulaire dont l’axe de la rotule est situé à une distance de la génératrice de la meule égale au rayon de courbure souhaité. Ce procédé est plus contraignant en terme d’espace nécessaire (hauteur). Par contre il est plus facile d’ajuster à la demande le rayon du bras pendulaire que de réaliser une série de rails incurvés.

 

c) soit elle est tenue à la main. Ce procédé nécessite une vérification périodique de la régularité de la sphérisation à l’aide d’un gabarit. Un réunissage au gros abrasif s’impose (Carbo 36 ou 80) pour finir l’opération.

Afin d’éviter les éclats accidentels, on procédera par passes peu profondes ou avec une avance très modérée. Étant donnés les risques associés à cette technique pour les voies respiratoires et les yeux, il est impératif de s’équiper d’un masque anti-poussière et de lunettes de sécurité.

Se procurer un disque pré-ébauché à la courbure souhaitée. Certains fournisseurs proposent ce service à un coût qui est parfois à peine supérieur à celui de la quantité d’abrasif qu’il est nécessaire d’employer lors de cette opération. Il est ainsi possible de gagner un temps précieux sur une phase un peu ingrate et qui ne présente pas un grand intérêt pédagogique.

En 1513, Léonard de Vinci avait déjà inventé une machine à creuser les miroirs utilisant une grande meule.