 {"id":13047,"date":"2024-10-26T23:13:56","date_gmt":"2024-10-26T21:13:56","guid":{"rendered":"http:\/\/gap47.astrosurf.com\/?page_id=13047"},"modified":"2024-10-27T00:57:12","modified_gmt":"2024-10-26T22:57:12","slug":"sn-1054","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/gap47.astrosurf.com\/index.php\/ressources\/telechargements\/autres-documents\/sn-1054\/","title":{"rendered":"SN 1054"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: center;\"><strong><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 28px;\"><span class=\"s2\">SN 1054<\/span><\/span><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 28px;\"><span style=\"font-size: 20px;\">(<span class=\"s3\">Supernova 1054) ou <\/span><\/span><span class=\"s3\">M1<\/span><span style=\"font-size: 20px;\"><span class=\"s3\"> ou <span style=\"font-size: 28px;\">N\u00e9buleuse du Crabe<\/span><\/span><\/span><\/span><\/strong><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"mw-mmv-final-image jpg mw-mmv-dialog-is-open\" src=\"https:\/\/upload.wikimedia.org\/wikipedia\/commons\/thumb\/0\/00\/Crab_Nebula.jpg\/2560px-Crab_Nebula.jpg\" alt=\"Image illustrative de l\u2019article SN 1054\" width=\"1012\" height=\"1012\" crossorigin=\"anonymous\"><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\"><em>Cette image, une des plus grandes de <strong>la&nbsp;<\/strong><\/em><strong><em>N\u00e9buleuse du Crabe<\/em><\/strong><em>&nbsp;jamais prises par le t\u00e9lescope spatial&nbsp;Hubble&nbsp;de la NASA, est en r\u00e9alit\u00e9 une mosa\u00efque de plusieurs clich\u00e9s. La n\u00e9buleuse s&rsquo;\u00e9tend sur une distance de six ann\u00e9es-lumi\u00e8re et est compos\u00e9e des restes de l&rsquo;explosion d&rsquo;une supernova. Les astronomes chinois et japonais ont observ\u00e9 cette violente explosion il y a environ un mill\u00e9naire, en 1054. Les filaments orange sont les restes en lambeaux de l&rsquo;\u00e9toile et se composent principalement d&rsquo;hydrog\u00e8ne. L&rsquo;\u00e9toile \u00e0 neutrons qui tourne rapidement sur elle-m\u00eame, int\u00e9gr\u00e9e dans le centre de la n\u00e9buleuse, est la dynamo alimentant l&rsquo;int\u00e9rieur de la n\u00e9buleuse de l&rsquo;\u00e9trange lueur bleu\u00e2tre. La lumi\u00e8re bleue provient des \u00e9lectrons tourbillonnant presque \u00e0 la vitesse de la lumi\u00e8re autour de lignes du champ magn\u00e9tique de l&rsquo;\u00e9toile \u00e0 neutrons. L&rsquo;\u00e9toile \u00e0 neutrons, comme un phare, \u00e9met des faisceaux de rayonnements jumeaux qui semblent battre 30 fois par seconde en raison de la rotation de l&rsquo;\u00e9toile \u00e0 neutrons. Une \u00e9toile \u00e0 neutrons est le noyau \u00e9cras\u00e9 ultra-dense de l&rsquo;\u00e9toile qui a explos\u00e9. L&rsquo;image est form\u00e9e de l&rsquo;assemblage de 24 prises individuelles de la Wide Field and Planetary Camera 2 datant d&rsquo;octobre 1999, janvier 2000 et d\u00e9cembre 2000. Les couleurs de l&rsquo;image indiquent les diff\u00e9rents \u00e9l\u00e9ments qui ont \u00e9t\u00e9 expuls\u00e9 lors de l&rsquo;explosion. Le bleu dans les filaments de la partie ext\u00e9rieure de la n\u00e9buleuse repr\u00e9sente l&rsquo;oxyg\u00e8ne neutre, le vert est le souffre ionis\u00e9 I, et le rouge indique l&rsquo;oxyg\u00e8ne ionis\u00e9 II.<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">La&nbsp;<strong>supernova de l&rsquo;an 1054<\/strong>, ou, selon sa&nbsp;d\u00e9signation normalis\u00e9e,&nbsp;<strong>SN 1054<\/strong>, est une supernova dont l&rsquo;explosion a \u00e9t\u00e9 observ\u00e9e \u00e0 partir du mois de juillet&nbsp;1054, pendant une dur\u00e9e d&rsquo;environ deux ans. De nombreux documents du&nbsp;monde chinois&nbsp;relatent son observation, qui est \u00e9galement attest\u00e9e par un document en provenance du monde arabe. En revanche, l&rsquo;hypoth\u00e8se formul\u00e9e plus r\u00e9cemment de la connaissance et de la transcription de cet \u00e9v\u00e9nement par des&nbsp;Europ\u00e9ens&nbsp;et des&nbsp;Am\u00e9rindiens&nbsp;de cette \u00e9poque reste tr\u00e8s incertaine.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">Le&nbsp;r\u00e9manent de supernova&nbsp;de SN 1054, constitu\u00e9 des d\u00e9bris \u00e9ject\u00e9s lors de l&rsquo;explosion, est appel\u00e9&nbsp;n\u00e9buleuse du Crabe. Elle est situ\u00e9e dans une direction proche de celle de l&rsquo;\u00e9toile&nbsp;\u03b6&nbsp;Tauri. Elle h\u00e9berge en son sein le r\u00e9sidu&nbsp;compact&nbsp;de l&rsquo;\u00e9toile qui a explos\u00e9, un&nbsp;pulsar, appel\u00e9&nbsp;pulsar du Crabe&nbsp;(ou PSR&nbsp;B0531+21). Cette n\u00e9buleuse et le pulsar qu&rsquo;elle contient forment une des structures astronomiques les plus \u00e9tudi\u00e9es en dehors du&nbsp;Syst\u00e8me solaire, entre autres parce qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une des rares supernovas galactiques dont la date d&rsquo;explosion est parfaitement connue, et que ces deux objets sont parmi les plus lumineux de leurs cat\u00e9gories respectives. Pour ces raisons, et du fait du r\u00f4le important qu&rsquo;elle a plusieurs fois occup\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque moderne, SN&nbsp;1054 est la&nbsp;supernova historique&nbsp;la plus c\u00e9l\u00e8bre de l&rsquo;histoire de l&rsquo;astronomie.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">La n\u00e9buleuse du Crabe est facilement observable par les&nbsp;astronomes amateurs&nbsp;gr\u00e2ce \u00e0 sa forte luminosit\u00e9, et fut d&rsquo;ailleurs catalogu\u00e9e tr\u00e8s t\u00f4t par les astronomes professionnels, bien avant que sa nature r\u00e9elle soit comprise et identifi\u00e9e. Lorsque l&rsquo;astronome&nbsp;fran\u00e7ais&nbsp;Charles Messier&nbsp;guetta le retour de la&nbsp;com\u00e8te de Halley&nbsp;en 1758, il confondit la n\u00e9buleuse du Crabe, dont il ignorait alors l&rsquo;existence, avec la com\u00e8te&nbsp;; c&rsquo;est \u00e0 la suite de cette erreur qu&rsquo;il entreprit de r\u00e9aliser son catalogue d&rsquo;objets n\u00e9buleux non com\u00e9taires, le&nbsp;catalogue de Messier, afin d&rsquo;\u00e9viter de telles m\u00e9prises \u00e0 l&rsquo;avenir. La n\u00e9buleuse figure ainsi \u00e0 la premi\u00e8re place du catalogue, sous la r\u00e9f\u00e9rence M1.<\/span><\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><strong><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">Recueil des t\u00e9moignages historiques<\/span><\/strong><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">SN 1054 fait partie des huit supernovas galactiques dont des t\u00e9moignages \u00e9crits d\u00e9crivant l&rsquo;explosion sont parvenus jusqu&rsquo;\u00e0 nous et ont pu \u00eatre identifi\u00e9s comme tels. Au&nbsp;XIX<sup>e<\/sup>&nbsp;si\u00e8cle, les astronomes modernes commencent \u00e0 s&rsquo;int\u00e9resser \u00e0 ces t\u00e9moignages historiques qu&rsquo;ils recensent, compilent et \u00e9tudient, dans le cadre d&rsquo;abord de leurs recherches sur les nov\u00e6 et les com\u00e8tes r\u00e9centes, puis plus tard, sur les&nbsp;supernov\u00e6.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">Les premiers \u00e0 avoir tent\u00e9 une compilation syst\u00e9matique de t\u00e9moignages d&rsquo;Extr\u00eame-Orient&nbsp;sont les membres de la famille Biot&nbsp;: le&nbsp;sinologue&nbsp;\u00c9douard Biot&nbsp;traduisait \u00e0 son p\u00e8re, l\u2019astronome Jean-Baptiste Biot, des passages du trait\u00e9 d&rsquo;astronomie de l&rsquo;encyclop\u00e9die chinoise en 348 volumes, le&nbsp;<em>Wenxian Tongkao<\/em>.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">Pr\u00e8s de quatre-vingts ans plus tard, en&nbsp;1921,&nbsp;Knut Lundmark&nbsp;entreprend une t\u00e2che similaire en se fondant sur un plus grand nombre de sources<sup>2<\/sup>. En&nbsp;1942,&nbsp;Jan Oort, convaincu que la n\u00e9buleuse du Crabe est l&rsquo;\u00e9toile invit\u00e9e&nbsp;de 1054 d\u00e9crite par les Chinois (voir section&nbsp;L&rsquo;identification moderne de la supernova&nbsp;ci-dessous), demande \u00e0 un compatriote sinologue,&nbsp;Jan Julius Lodewijk Duyvendak, de l&rsquo;aider \u00e0 compiler de nouveaux t\u00e9moignages relatifs \u00e0 l&rsquo;observation de cet \u00e9v\u00e9nement.<\/span><\/p>\n<h4 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\"><strong>Documents authentifi\u00e9s <\/strong><\/span><\/h4>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">Chine<\/span><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">Les astres apparaissant temporairement dans le ciel \u00e9taient appel\u00e9s de fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rique \u00ab&nbsp;\u00e9toiles invit\u00e9es&nbsp;\u00bb (\u5ba2\u661f) par les astronomes chinois. L&rsquo;\u00e9toile invit\u00e9e de 1054 est apparue pendant le r\u00e8gne de l&#8217;empereur&nbsp;Song Renzong&nbsp;de la&nbsp;dynastie Song&nbsp;(960-1279). Selon la coutume, le r\u00e8gne de l&#8217;empereur \u00e9tait divis\u00e9 entre plusieurs \u00ab&nbsp;\u00e8res&nbsp;\u00bb, et celle couvrant l&rsquo;ann\u00e9e 1054 est l&rsquo;\u00e8re dite&nbsp;<em>Zhihe<\/em>&nbsp;(1054-1056). C&rsquo;est par le terme de \u00ab&nbsp;premi\u00e8re ann\u00e9e de l&rsquo;\u00e8re&nbsp;<em>Zhihe<\/em>&nbsp;\u00bb qu&rsquo;est syst\u00e9matiquement mentionn\u00e9e dans les documents chinois l&rsquo;ann\u00e9e correspondant \u00e0 l&rsquo;an 1054 du calendrier occidental. L&rsquo;\u00e8re suivante, d\u00e9nomm\u00e9e&nbsp;<em>Jiayou<\/em>, a commenc\u00e9 en 1056.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">Six t\u00e9moignages en provenance de Chine relatent l&rsquo;observation du ph\u00e9nom\u00e8ne. Comme la quasi-totalit\u00e9 des t\u00e9moignages relatifs aux \u00e9toiles invit\u00e9es, aucun d&rsquo;eux n&rsquo;est de premi\u00e8re main&nbsp;: le plus ancien remonte \u00e0 environ un si\u00e8cle apr\u00e8s l&rsquo;apparition de l&rsquo;astre. Certains de ces t\u00e9moignages sont cependant remarquablement conserv\u00e9s, et permettent de reconstituer les informations essentielles relatives \u00e0 l&rsquo;observation de l&rsquo;explosion.<\/span><\/p>\n<h4 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">Wenxian Tongkao<\/span><\/h4>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">Le&nbsp;<em>Wenxian Tongkao<\/em> repr\u00e9sente la premi\u00e8re source extr\u00eame-orientale connue des astronomes occidentaux. C&rsquo;est celle que traduisit&nbsp;\u00c9douard&nbsp;Biot&nbsp;en 1843. Cette source, compil\u00e9e par&nbsp;Ma Duanlin&nbsp;vers 1280, est relativement br\u00e8ve. Le texte indique&nbsp;:&nbsp;<\/span><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">\u00ab&nbsp;<em>\u00c8re Zhihe du r\u00e8gne, premi\u00e8re ann\u00e9e, cinqui\u00e8me mois lunaire, jour&nbsp;jichou. Une \u00e9toile invit\u00e9e est apparue au sud-est de Tianguan, peut-\u00eatre \u00e0 plusieurs pouces de distance. Apr\u00e8s plus d&rsquo;une ann\u00e9e, elle s&rsquo;est dispers\u00e9e et a disparu<\/em>&nbsp;\u00bb.<\/span><\/p>\n<h4 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">Xu Zizhi Tongjian Changbian<\/span><\/h4>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">Le&nbsp;<em>Xu Zizhi Tongjian Changbian<\/em>, ouvrage portant sur la p\u00e9riode 960-1126 et r\u00e9alis\u00e9 en une quarantaine d&rsquo;ann\u00e9es par Li Tao (1114-1183), contient le plus ancien t\u00e9moignage chinois relatif \u00e0 l&rsquo;observation de l&rsquo;astre. Il a \u00e9t\u00e9 red\u00e9couvert en 1970 par le sp\u00e9cialiste de la civilisation chinoise Ho Peng Yoke et deux collaborateurs. Il est relativement peu pr\u00e9cis dans le cas de l&rsquo;explosion de SN 1054 ; En voici une traduction approximative :&nbsp;<\/span><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">\u00ab&nbsp;<em>Premi\u00e8re ann\u00e9e de l&rsquo;\u00e8re Zhihe<\/em>&nbsp;[de l&#8217;empereur Renzong]<em>, cinqui\u00e8me mois lunaire, jour&nbsp;yichou. Une \u00e9toile invit\u00e9e est apparue au sud-est de Tianguan, peut-\u00eatre \u00e0 plusieurs pouces de distance<\/em>&nbsp;[de cette \u00e9toile]&nbsp;\u00bb.<\/span><\/p>\n<h4 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">Song Huiyao<\/span><\/h4>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">Le&nbsp;<em>Song Huiyao<\/em>&nbsp;(litt\u00e9ralement \u00ab&nbsp;Documents importants de la dynastie Song&nbsp;\u00bb) couvre la p\u00e9riode 960-1220. Cet ouvrage n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 termin\u00e9 mais fut publi\u00e9 en l&rsquo;\u00e9tat en&nbsp;1809&nbsp;sous le nom de&nbsp;<em>Song Huiyao Jigao<\/em>&nbsp;(litt\u00e9ralement \u00ab&nbsp;\u00c9bauche de compilation de documents importants de la dynastie Song&nbsp;\u00bb). Ce document relate l&rsquo;observation de l&rsquo;\u00e9toile invit\u00e9e, en se focalisant sur les aspects astrologiques, mais donne plusieurs informations importantes relatives \u00e0 la dur\u00e9e de visibilit\u00e9 de l&rsquo;astre, de jour comme de nuit.&nbsp;\u00ab&nbsp;\u00c8re Zhihe, premi\u00e8re ann\u00e9e, septi\u00e8me mois lunaire,&nbsp;22<sup>e<\/sup>&nbsp;jour.&rsquo; [\u2026] Yang Weide d\u00e9clara&nbsp;:&nbsp;\u00ab&nbsp;J&rsquo;observe humblement qu&rsquo;une \u00e9toile invit\u00e9e est apparue&nbsp;; au-dessus de l&rsquo;\u00e9toile il y a une faible lueur de couleur jaune. Si l&rsquo;on examine les divinations concernant l&rsquo;Empereur, l&rsquo;interpr\u00e9tation [de la pr\u00e9sence de cette \u00e9toile invit\u00e9e] est la suivante&nbsp;: le fait que l&rsquo;\u00e9toile n&rsquo;ait pas envahi&nbsp;Bi&nbsp;et que sa brillance soit importante signifie qu&rsquo;elle repr\u00e9sente une personne de grande valeur. Je demande [&#8230;] que ceci [cette interpr\u00e9tation] soit communiqu\u00e9 au Bureau d&rsquo;Historiographie.&nbsp;\u00bb&nbsp;Tous les officiels congratul\u00e8rent l&rsquo;Empereur, qui ordonna que ses f\u00e9licitations soient [en retour] transmises au Bureau d&rsquo;Historiographie.&nbsp;\u00bb<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">Premi\u00e8re ann\u00e9e de l&rsquo;\u00e8re Jiayou, troisi\u00e8me mois lunaire, le directeur du Bureau Astronomique a dit&nbsp;: \u00ab&nbsp;L&rsquo;\u00e9toile invit\u00e9e a disparu, ce qui signifie le d\u00e9part de l&rsquo;h\u00f4te&nbsp;<em>[qu&rsquo;elle repr\u00e9sente]<\/em>&nbsp;\u00bb. Auparavant, pendant la premi\u00e8re ann\u00e9e de l&rsquo;\u00e8re Zhihe, lors du cinqui\u00e8me mois lunaire, elle \u00e9tait apparue \u00e0 l&rsquo;aube, dans la direction de l&rsquo;est, montant la garde de&nbsp;Tianguan. Elle a \u00e9t\u00e9 vue en plein jour, comme V\u00e9nus. Elle avait des rayons dans tous les c\u00f4t\u00e9s, et sa couleur \u00e9tait blanc rouge\u00e2tre. En tout, elle fut vue pendant&nbsp;23 jours&nbsp;\u00bb.<\/span><\/p>\n<h4 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">Song Shi<\/span><\/h4>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\"><strong>&nbsp;<\/strong>Le&nbsp;<em>Song Shi<\/em> repr\u00e9sente les annales officielles de la&nbsp;dynastie Song. Le chapitre 12 (\u00ab&nbsp;Annales&nbsp;\u00bb) \u00e9voque l&rsquo;\u00e9toile invit\u00e9e, non pas lors de son apparition, mais au moment de sa disparition. L&rsquo;entr\u00e9e correspondante, en date du 6 avril 1056 indique&nbsp;:&nbsp;<\/span><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">\u00ab&nbsp;<em>\u00c8re Jiayou, premi\u00e8re ann\u00e9e, troisi\u00e8me mois lunaire, jour xinwei, le Directeur du Bureau Astronomique a rapport\u00e9 que depuis le cinqui\u00e8me mois lunaire de la premi\u00e8re ann\u00e9e de l&rsquo;\u00e8re Zhihe, une \u00e9toile invit\u00e9e \u00e9tait apparue \u00e0 l&rsquo;aube, dans la direction de l&rsquo;est, montant la garde aupr\u00e8s de Tianguan. D\u00e9sormais elle a disparu<\/em>&nbsp;\u00bb.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">Dans le chapitre 56 (\u00ab&nbsp;Trait\u00e9 astronomique&nbsp;\u00bb) du m\u00eame document, l&rsquo;\u00e9toile invit\u00e9e est \u00e0 nouveau \u00e9voqu\u00e9e dans une partie consacr\u00e9e \u00e0 ce type de ph\u00e9nom\u00e8nes, se focalisant cette fois sur son apparition, et ce dans des termes tr\u00e8s proches de ceux du&nbsp;<em>Wenxian Tongkao<\/em> :&nbsp;<\/span><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">\u00ab&nbsp;<em>\u00c8re Zhihe du r\u00e8gne, premi\u00e8re ann\u00e9e, cinqui\u00e8me mois lunaire, jour&nbsp;jichou. Une \u00e9toile invit\u00e9e est apparue au sud-est de Tianguan, peut-\u00eatre \u00e0 plusieurs pouces de distance. Apr\u00e8s une ann\u00e9e et plus, elle a graduellement disparu.<\/em>&nbsp;\u00bb<\/span><\/p>\n<h4 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">Qidan Guozhi<\/span><\/h4>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">Il existe un t\u00e9moignage en provenance du&nbsp;royaume Khitan&nbsp;(nord de l&rsquo;actuelle Chine et&nbsp;Mongolie), o\u00f9 r\u00e9gnait alors la&nbsp;dynastie Liao&nbsp;(907-1125). L&rsquo;ouvrage en question, le&nbsp;<em>Qidan Guozhi<\/em>, a \u00e9t\u00e9 compil\u00e9 par&nbsp;Ye Longli&nbsp;en 1247. Il comporte diverses notes astronomiques, dont un certain nombre sont manifestement copi\u00e9es du&nbsp;<em>Song Shi<\/em>. Celle apparemment relative \u00e0 l&rsquo;\u00e9toile de 1054 semble cependant in\u00e9dite :&nbsp;<\/span><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">\u00ab&nbsp;<em>\u00c8re Chongxi du r\u00e8gne<\/em>&nbsp;[du roi&nbsp;Xingzong]<em>, vingt-troisi\u00e8me ann\u00e9e, huiti\u00e8me mois lunaire, le ma\u00eetre du royaume est mort. Auparavant avait eu lieu une \u00e9clipse de Soleil \u00e0 midi, et une \u00e9toile invit\u00e9e \u00e9tait apparue \u00e0&nbsp;<\/em><em>Mao<\/em><em>. Le Grand Officier du Bureau d&rsquo;Historiographie, Liu Yishou avait dit&nbsp;: \u00ab&nbsp;Ce sont des pr\u00e9sages annon\u00e7ant la mort du roi.&nbsp;\u00bb Cette pr\u00e9diction s&rsquo;est en effet r\u00e9alis\u00e9e<\/em>&nbsp;\u00bb.<\/span><\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\"><strong>Interpr\u00e9tation des t\u00e9moignages chinois<\/strong><\/span><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">Trois de ces t\u00e9moignages \u00e9manent manifestement de la m\u00eame source&nbsp;: ce sont ceux du&nbsp;<em>Wenxian Tongkao<\/em>, du&nbsp;<em>Xu Zizhi Tongjian Changbian<\/em>, et du chapitre 56 du&nbsp;<em>Songshi<\/em>, qui comportent tous l&rsquo;\u00e9valuation de la distance angulaire de l&rsquo;\u00e9toile \u00e0&nbsp;<em>Tianguan<\/em>&nbsp;selon la formule \u00ab&nbsp;peut-\u00eatre \u00e0 plusieurs pouces de distance&nbsp;\u00bb. Ces trois documents pr\u00e9sentent cependant un d\u00e9saccord apparent sur la date d&rsquo;apparition de l&rsquo;\u00e9toile. Deux mentionnent le jour&nbsp;<em>jichou<\/em>, et le troisi\u00e8me, le&nbsp;<em>Xu Zizhi Tongjian Changbian<\/em>, le jour&nbsp;<em>yichou<\/em>. Ces termes se r\u00e9f\u00e8rent au&nbsp;cycle sexag\u00e9simal chinois, correspondant respectivement aux num\u00e9ros 26 et 2 du cycle, ce qui correspond, dans le contexte o\u00f9 ils sont cit\u00e9s, respectivement aux dates du 4 juillet et du 10 juin. Cette derni\u00e8re date est consid\u00e9r\u00e9e comme erron\u00e9e pour plusieurs raisons. D&rsquo;une part, les termes&nbsp;<em>yichou<\/em>&nbsp;et&nbsp;<em>jichou<\/em>&nbsp;diff\u00e8rent l&rsquo;un de l&rsquo;autre par un seul caract\u00e8re, le premier, et ces caract\u00e8res sont tr\u00e8s semblables, yichou et jichou&nbsp; s\u2019\u00e9crivant respectivement \u4e59\u4e11 et \u5df1\u4e11, aussi une erreur typographique lors de la retranscription semble-t-elle envisageable. Par ailleurs, les entr\u00e9es du&nbsp;<em>Xu Zizhi Tongjian Changbian<\/em>&nbsp;suivent un ordre chronologique tr\u00e8s strict, et les pr\u00e9c\u00e9dentes entr\u00e9es, se r\u00e9f\u00e9rant elles aussi au cycle sexag\u00e9simal chinois, concernent les jours&nbsp;<em>yiyou<\/em>&nbsp;(22) et&nbsp;<em>bingxu<\/em>&nbsp;(24), alors que les entr\u00e9es ult\u00e9rieures concernent les jours&nbsp;<em>yiwei<\/em>&nbsp;(32, faisant partie du sixi\u00e8me mois lunaire),&nbsp;<em>bingshen<\/em>&nbsp;(33), puis&nbsp;<em>renyin<\/em>&nbsp;(39). Dans ce contexte, il appara\u00eet largement plus vraisemblable que la mention de&nbsp;<em>yichou<\/em>&nbsp;r\u00e9sulte d&rsquo;une erreur de retranscription plut\u00f4t que d&rsquo;un mauvais placement chronologique de l&rsquo;entr\u00e9e.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">La dur\u00e9e de visibilit\u00e9 est cit\u00e9e explicitement dans le chapitre 12 du&nbsp;<em>Songshi<\/em>, et de fa\u00e7on \u00e0 peine moins pr\u00e9cise, dans le&nbsp;<em>Song Huiyao<\/em>, la derni\u00e8re visibilit\u00e9 correspondant \u00e0 la date du 6 avril 1056, soit une p\u00e9riode de visibilit\u00e9 tr\u00e8s longue de&nbsp;642 jours. Cette dur\u00e9e est corrobor\u00e9e par le&nbsp;<em>Wenxian Tongkao<\/em>&nbsp;et le chapitre 56 du&nbsp;<em>Songshi<\/em>. Le&nbsp;<em>Song Huiyao<\/em>&nbsp;\u00e9voque, lui, une dur\u00e9e de visibilit\u00e9 de&nbsp;23 jours&nbsp;seulement, mais apr\u00e8s avoir mentionn\u00e9 la visibilit\u00e9 en plein jour de l&rsquo;astre. Cette p\u00e9riode de&nbsp;23 jours&nbsp;s&rsquo;applique selon toute vraisemblance \u00e0 la visibilit\u00e9 en plein jour de l&rsquo;astre.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">Le t\u00e9moignage du&nbsp;<em>Qidan Guozhi<\/em>&nbsp;fait allusion \u00e0 des \u00e9v\u00e9nements astronomiques notables ayant pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 la mort du roi Xingzong. Les diff\u00e9rents documents historiques permettent de dater la mort de l&#8217;empereur&nbsp;Xingzong&nbsp;au&nbsp;28 ao\u00fbt 1055, lors du huiti\u00e8me mois lunaire de la vingt-quatri\u00e8me (et non vingt-troisi\u00e8me) ann\u00e9e de son r\u00e8gne. Les dates des deux \u00e9v\u00e9nements astronomiques mentionn\u00e9s (l&rsquo;\u00e9clipse et l&rsquo;apparition de l&rsquo;\u00e9toile invit\u00e9e) ne sont pas sp\u00e9cifi\u00e9es, mais pr\u00e9c\u00e8dent selon toute vraisemblance de peu cette annonce de d\u00e9c\u00e8s (de deux ou trois ans maximum). Deux \u00e9clipses de Soleil pr\u00e9c\u00e9dant de peu cette date furent visibles dans le royaume Khitan, le 13 novembre 1053 et le 10 mai 1054. De celles-ci, une seule s&rsquo;est produite vers midi, celle du 13 novembre, aussi semble-t-il vraisemblable que ce soit celle-l\u00e0 que le document mentionne. Quant \u00e0 l&rsquo;\u00e9toile invit\u00e9e, seule sa localisation, tr\u00e8s approximative, est donn\u00e9e, correspondant \u00e0 la&nbsp;loge lunaire&nbsp;<em>Mao<\/em>. Cette loge est situ\u00e9e l\u00e9g\u00e8rement \u00e0 l&rsquo;est de l&rsquo;endroit o\u00f9 apparut l&rsquo;\u00e9toile telle qu&rsquo;\u00e9voqu\u00e9e par les autres t\u00e9moignages (voir section&nbsp;Localisation g\u00e9n\u00e9rale de l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement&nbsp;ci-apr\u00e8s). Comme aucun autre \u00e9v\u00e9nement astronomique notable connu n&rsquo;est survenu dans cette r\u00e9gion du ciel durant les deux ann\u00e9es qui pr\u00e9c\u00e9d\u00e8rent la mort de&nbsp;<em>Xingzong<\/em>, il semble vraisemblable que le texte fasse effectivement allusion \u00e0 l&rsquo;\u00e9toile de 1054.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">La localisation de l&rsquo;\u00e9toile invit\u00e9e peut en principe \u00eatre d\u00e9duite de la mention \u00ab&nbsp;<em>au sud-est de Tianguan, peut-\u00eatre \u00e0 plusieurs pouces de distance<\/em>&nbsp;\u00bb, qui a cependant longtemps laiss\u00e9 perplexe les astronomes modernes, \u00e9tant donn\u00e9 que si&nbsp;<em>Tianguan<\/em>&nbsp;est \u00e0 peu pr\u00e8s unanimement consid\u00e9r\u00e9 comme correspondant \u00e0 l&rsquo;\u00e9toile&nbsp;\u03b6&nbsp;Tauri, la n\u00e9buleuse du Crabe, manifestement issue d&rsquo;une explosion stellaire vieille d&rsquo;environ 1&nbsp;000&nbsp;ans, et donc candidat naturel pour cette \u00e9toile invit\u00e9e, n&rsquo;est pas situ\u00e9e au sud-est, mais au nord-ouest de cette \u00e9toile (voir section&nbsp;Localisation g\u00e9n\u00e9rale de l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement&nbsp;plus bas).<\/span><\/p>\n<h3><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\"><strong>Japon<\/strong><\/span><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">Trois textes en provenance du Japon mentionnent l&rsquo;\u00e9toile invit\u00e9e. Le plus d\u00e9taill\u00e9 est celui du&nbsp;Meigetsuki. L&rsquo;un des deux autres, moins pr\u00e9cis, pourrait en \u00eatre tir\u00e9, ou en tout cas partager avec lui une origine commune. Le dernier t\u00e9moignage, extr\u00eamement bref, ne donne que tr\u00e8s peu d&rsquo;informations.<\/span><\/p>\n<h4><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\"><strong>Meigetsuki<\/strong><\/span><\/h4>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">Le po\u00e8te et courtisan japonais Fujiwara no Teika (1162-1241) mentionne l&rsquo;\u00e9toile invit\u00e9e de 1054 dans son c\u00e9l\u00e8bre journal intime, le Meigetsuki. Son int\u00e9r\u00eat semble-t-il fortuit pour les \u00e9toiles invit\u00e9es fut motiv\u00e9 par l&rsquo;observation d&rsquo;une com\u00e8te en d\u00e9cembre 1230, qui l&rsquo;incita \u00e0 rechercher des t\u00e9moignages plus anciens d&rsquo;\u00e9toiles invit\u00e9es, parmi lesquels SN 1054 (ainsi que SN 1006 et SN 1181, les deux autres supernovae historiques du d\u00e9but du second mill\u00e9naire). L&rsquo;entr\u00e9e relative \u00e0 SN 1054 peut se traduire ainsi :&nbsp;<\/span><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">\u00ab&nbsp;\u00c8re Tengi&nbsp;de l&#8217;empereur&nbsp;Go-Reizei, deuxi\u00e8me ann\u00e9e, quatri\u00e8me mois lunaire, apr\u00e8s la p\u00e9riode m\u00e9diane de dix jours. \u00c0 l&rsquo;heure double&nbsp;chou, une \u00e9toile invit\u00e9e est apparue dans les degr\u00e9s des&nbsp;loges lunaires&nbsp;Zuixi&nbsp;et&nbsp;Shen. Elle a \u00e9t\u00e9 vue dans la direction de l&rsquo;est et a \u00e9merg\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9toile Tianguan. Elle \u00e9tait aussi grosse que Jupiter&nbsp;\u00bb.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">La source utilis\u00e9e par Fujiwara no Teika n&rsquo;est pas connue, mais il semble s&rsquo;\u00eatre fond\u00e9, pour tous les \u00e9v\u00e9nements astronomiques qu&rsquo;il a consign\u00e9s, sur des documents d&rsquo;origine japonaise. La date qu&rsquo;il donne correspond&nbsp;a priori&nbsp;\u00e0 la troisi\u00e8me partie de dix jours du mois lunaire mentionn\u00e9, ce qui correspond \u00e0 la p\u00e9riode du 30 mai au 8 juin 1054 du calendrier julien, soit environ un mois plus t\u00f4t que les documents chinois. Cette diff\u00e9rence est g\u00e9n\u00e9ralement attribu\u00e9e \u00e0 une erreur sur le mois lunaire (quatri\u00e8me en lieu et place du cinqui\u00e8me). La localisation de l&rsquo;\u00e9toile invit\u00e9e, manifestement \u00e0 cheval sur les loges lunaires&nbsp;Shen&nbsp;et&nbsp;Zuixi, correspond \u00e0 ce qui serait attendu pour un astre apparaissant \u00e0 proximit\u00e9 imm\u00e9diate de&nbsp;Tianguan.<\/span><\/p>\n<h4><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\"><strong>Ichidai Yoki<\/strong><\/span><\/h4>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">Un autre t\u00e9moignage existe, tir\u00e9 du&nbsp;Ichidai Yoki, document anonyme probablement compil\u00e9 dans le courant du&nbsp;XIV<sup>e<\/sup>&nbsp;si\u00e8cle. Il d\u00e9crit l&rsquo;\u00e9toile en des termes tr\u00e8s similaires \u00e0 ceux du&nbsp;Meigetsuki, en omettant plusieurs d\u00e9tails (heure d&rsquo;apparition, et partie possiblement erron\u00e9e du mois lunaire). La comparaison \u00e0 Jupiter y est par contre pr\u00e9sente, tout comme le mois possiblement incorrect. De plus, le court texte comporte plusieurs erreurs typographiques, notamment sur le second caract\u00e8re de&nbsp;Tianguan. Tout porte \u00e0 croire que ce t\u00e9moignage est issu de la m\u00eame source que celui du&nbsp;Meigetsuki, sur lequel il pourrait d&rsquo;ailleurs avoir \u00e9t\u00e9 copi\u00e9.<\/span><\/p>\n<h4 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\"><strong>Dainihonshi<\/strong><\/span><\/h4>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">Enfin, un texte encore plus court est pr\u00e9sent dans le trait\u00e9 astronomique du Dainihonshi (litt. \u00ab Histoire du Grand Japon \u00bb). Ce texte peut se traduire en :&nbsp;<\/span><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">\u00ab&nbsp;\u00c8re Tengi de l&rsquo;Empereur Go-Reizei, deuxi\u00e8me ann\u00e9e, quatri\u00e8me mois lunaire. Une \u00e9toile invit\u00e9e a \u00e9t\u00e9 vue&nbsp;\u00bb. Cette bri\u00e8vet\u00e9 contraste avec les descriptions plus d\u00e9taill\u00e9es des \u00e9toiles invit\u00e9es (en fait des supernovas) de&nbsp;1006&nbsp;et&nbsp;1181. La raison du peu de d\u00e9tail de l&rsquo;entr\u00e9e de 1054 n&rsquo;est pas connue. Tout comme les deux autres mentions japonaises de l&rsquo;\u00e9toile, celle-ci cite le quatri\u00e8me mois et non le cinqui\u00e8me.<\/span><\/p>\n<h3><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\"><strong>Interpr\u00e9tation des t\u00e9moignages japonais<\/strong><\/span><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">Les trois documents japonais s&rsquo;accordent sur le mois d&rsquo;observation, correspondant au quatri\u00e8me mois lunaire, soit un mois plus t\u00f4t que les textes chinois. Quelle que soit la date exacte au cours de ce mois, il semble cependant y avoir une contradiction entre cette p\u00e9riode et l&rsquo;observation de l&rsquo;\u00e9toile invit\u00e9e&nbsp;: c&rsquo;est au cours de cette p\u00e9riode qu&rsquo;a eu lieu la conjonction entre l&rsquo;astre et le Soleil, rendant son observation de nuit (comme de jour, d&rsquo;ailleurs) impossible. Cette incompatibilit\u00e9 de date est, du reste, renforc\u00e9e par un d\u00e9tail du&nbsp;Meigetsuki&nbsp;: la mention de l\u2019heure double d&rsquo;observation&nbsp;chou&nbsp;correspond \u00e0 la p\u00e9riode 1 h &#8211; 3 h en&nbsp;temps solaire, soit tr\u00e8s longtemps avant le lever du Soleil, ce qui serait impossible si l&rsquo;\u00e9toile invit\u00e9e \u00e9tait en conjonction avec le Soleil, car elle se l\u00e8verait alors tr\u00e8s peu de temps avant ce dernier. L&rsquo;ensemble des t\u00e9moignages chinois et japonais peuvent par contre \u00eatre r\u00e9concili\u00e9s si l&rsquo;on consid\u00e8re qu&rsquo;il y a erreur sur le mois d&rsquo;observation des documents japonais. Le fait que toutes les sources japonaises fassent la m\u00eame erreur s&rsquo;interpr\u00e8terait alors par le fait qu&rsquo;elles proviennent d&rsquo;une source unique, ce qui semble assez manifeste pour les deux premi\u00e8res cit\u00e9es. Le doute sur le mois d&rsquo;observation aurait pu \u00eatre lev\u00e9 si avait figur\u00e9, en sus du mois d&rsquo;observation, le jour d\u00e9termin\u00e9 par le&nbsp;cycle sexag\u00e9simal chinois, mais celui-ci n&rsquo;est pas sp\u00e9cifi\u00e9 sur les documents japonais. \u00c0 l&rsquo;inverse, le jour du cycle des documents chinois est compatible avec le mois qu&rsquo;ils donnent, renfor\u00e7ant l&rsquo;id\u00e9e que c&rsquo;est le mois des documents japonais qui est erron\u00e9. Par ailleurs, l&rsquo;\u00e9tude des autres supernov\u00e6 m\u00e9di\u00e9vales (SN 1006&nbsp;et&nbsp;SN 1181) r\u00e9v\u00e8le une grande proximit\u00e9 dans les dates de d\u00e9couverte de l&rsquo;\u00e9toile invit\u00e9e en Chine et au Japon, bien que se fondant sur des sources manifestement diff\u00e9rentes. Consid\u00e9rer la mention du quatri\u00e8me mois lunaire comme exacte reviendrait alors \u00e0 imaginer que, pour cet \u00e9v\u00e9nement-l\u00e0, les Japonais aient largement devanc\u00e9 leurs homologues chinois, ce pour quoi il n&rsquo;y a pas de raison apparente.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">Les documents japonais ne sp\u00e9cifient pas la visibilit\u00e9 en plein jour de l&rsquo;astre, mais comparent celui-ci \u00e0 Jupiter, qui est visible en plein jour, et dont des rapports d&rsquo;observations diurnes existent dans les documents astronomiques contemporains du monde chinois. La visibilit\u00e9 en plein jour annonc\u00e9e dans les textes chinois se trouve renforc\u00e9e, et est coh\u00e9rente avec une dur\u00e9e de visibilit\u00e9 mod\u00e9r\u00e9e, indiquant que l&rsquo;astre n&rsquo;a sans doute pas tr\u00e8s longtemps eu un \u00e9clat suffisant pour \u00eatre observable en plein jour, m\u00eame s&rsquo;il b\u00e9n\u00e9ficiait de conditions d&rsquo;observations favorables (un astre visible au moment du lever du Soleil reste relativement ais\u00e9 \u00e0 rep\u00e9rer, sa position \u00e9tant connue, \u00e0 mesure que le fond du ciel devient de plus en plus lumineux).<strong>&nbsp;<\/strong><\/span><\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\"><strong>Cor\u00e9e<\/strong><\/span><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">Aucun t\u00e9moignage d&rsquo;observation de SN 1054 en provenance de Cor\u00e9e n&rsquo;est parvenu jusqu&rsquo;\u00e0 nous. Ce fait a vraisemblablement pour origine l&rsquo;absence compl\u00e8te de comptes-rendus astronomiques pour l&rsquo;ann\u00e9e 1054 dans les chroniques officielles relatant cette \u00e9poque, le&nbsp;Koryo-sa. Il en est de m\u00eame pour l&rsquo;ann\u00e9e 1055, alors que par contraste, les ann\u00e9es 1052 et 1053 contiennent un nombre \u00e9lev\u00e9 d&rsquo;entr\u00e9es relatives \u00e0 l&rsquo;astronomie. Le&nbsp;Koryo-sa&nbsp;ayant \u00e9t\u00e9 compil\u00e9 en&nbsp;1451, il apparait vraisemblable qu&rsquo;\u00e0 cette \u00e9poque, les \u00e9ventuels documents traitant d&rsquo;\u00e9v\u00e9nements astronomiques observ\u00e9s en 1054 avaient \u00e9t\u00e9 perdus. Aucun autre document cor\u00e9en en relation avec l&rsquo;\u00e9toile invit\u00e9e de 1054 n&rsquo;a depuis \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9.<\/span><\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\"><strong>Monde arabe<\/strong><\/span><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">Par tradition, les astronomes du monde arabe s&rsquo;int\u00e9ressaient aux ph\u00e9nom\u00e8nes cycliques et pr\u00e9visibles plut\u00f4t qu&rsquo;aux ph\u00e9nom\u00e8nes inattendus de type \u00ab&nbsp;\u00e9toile invit\u00e9e&nbsp;\u00bb, subissant peut-\u00eatre l&rsquo;influence&nbsp;aristot\u00e9licienne&nbsp;qui affirmait l&rsquo;immuabilit\u00e9 des cieux, les com\u00e8tes et autres&nbsp;novas&nbsp;\u00e9tant consid\u00e9r\u00e9es comme des \u00e9v\u00e8nements atmosph\u00e9riques plut\u00f4t qu&rsquo;astronomiques. Ce fait pourrait expliquer le faible nombre de mentions d&rsquo;\u00ab&nbsp;\u00e9toiles invit\u00e9es&nbsp;\u00bb, terme qui d&rsquo;ailleurs ne poss\u00e8de pas d&rsquo;\u00e9quivalent en Europe m\u00e9di\u00e9vale ou dans le monde arabe. Si la&nbsp;supernova de 1006, notablement plus brillante, vit plusieurs chroniqueurs arabes la mentionner, il n&rsquo;existe aucun t\u00e9moignage arabe relatant l&rsquo;observation de la discr\u00e8te&nbsp;supernova de 1181. Celle de 1054, de luminosit\u00e9 interm\u00e9diaire, n&rsquo;a pour l&rsquo;heure vu qu&rsquo;un seul t\u00e9moignage exhum\u00e9. Ce t\u00e9moignage, retrouv\u00e9 en&nbsp;1978<sup>8<\/sup>, est celui d&rsquo;un m\u00e9decin chr\u00e9tien&nbsp;nestorien,&nbsp;Ibn Butlan, retranscrit dans le&nbsp;Uyun al-Anba, ouvrage compil\u00e9 par&nbsp;Ibn Abi Usaybi&rsquo;a&nbsp;(1194-1270) vers le milieu du&nbsp;XIII<sup>e<\/sup> si\u00e8cle. Le passage en question est le suivant&nbsp;:&nbsp;<\/span><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">\u00ab J&rsquo;ai recopi\u00e9 ce qui suit d&rsquo;un t\u00e9moignage \u00e9crit de sa propre main [celle de Ibn Butlan]. Il raconte : \u00ab Une des c\u00e9l\u00e8bres \u00e9pid\u00e9mies de notre temps est celle qui s&rsquo;est produite lorsqu&rsquo;une \u00e9toile spectaculaire est apparue dans [le signe zodiacal des] G\u00e9meaux, en l&rsquo;an 446 [du calendrier musulman]. \u00c0 l&rsquo;automne de cette ann\u00e9e-l\u00e0, quatorze mille personnes furent enterr\u00e9es \u00e0 Constantinople. Par la suite, au milieu de l&rsquo;\u00e9t\u00e9 447, la plupart des gens de Fostat [Le Caire] ainsi que tous les \u00e9trangers moururent \u00bb. Il [Ibn Butlan] continue : \u00ab Alors que cette \u00e9toile spectaculaire apparaissait dans le signe des G\u00e9meaux [&#8230;], elle provoqua le d\u00e9but de l&rsquo;\u00e9pid\u00e9mie \u00e0 Fostat, au moment o\u00f9 le Nil \u00e9tait bas, en 445 \u00bb.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">Les trois ann\u00e9es cit\u00e9es (445, 446, 447) correspondent respectivement aux \u00e9poques 23 avril 1053-11 avril 1054, 12 avril 1054-1<sup>er<\/sup>&nbsp;avril 1055 et 2 avril 1055-20 mars 1056. Il y a une incoh\u00e9rence manifeste dans l&rsquo;ann\u00e9e d&rsquo;apparition de l&rsquo;astre, d&rsquo;abord annonc\u00e9e comme \u00e9tant 446, puis 445. Ce probl\u00e8me est r\u00e9solu par la lecture d&rsquo;autres entr\u00e9es de l&rsquo;ouvrage, qui sp\u00e9cifient assez explicitement que le Nil \u00e9tait bas en 446. Cette ann\u00e9e du calendrier musulman, s&rsquo;\u00e9talant du 12 avril 1054 au&nbsp;1<sup>er<\/sup>&nbsp;avril 1055, est compatible avec une apparition de l&rsquo;astre en juillet 1054, tout comme sa localisation (certes assez vague), dans le signe astrologique des G\u00e9meaux (qui, du fait de la&nbsp;pr\u00e9cession des \u00e9quinoxes, recouvre la partie orientale de la constellation du&nbsp;Taureau). La date de l&rsquo;\u00e9v\u00e8nement au sein de l&rsquo;ann\u00e9e 446 est difficile \u00e0 d\u00e9terminer, mais la mention du niveau du Nil \u00e9voque la p\u00e9riode qui pr\u00e9c\u00e8de sa crue annuelle, qui a lieu en \u00e9t\u00e9.<\/span><\/p>\n<h4><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">T\u00e9moignages inexploitables<\/span><\/h4>\n<p><strong><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">Europe<\/span><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">\u00c0 partir des&nbsp;ann\u00e9es 1980, plusieurs documents europ\u00e9ens anciens ont \u00e9t\u00e9 propos\u00e9s comme \u00e9tant des t\u00e9moignages de l&rsquo;observation de cette supernova. La pertinence de ces documents a \u00e9t\u00e9 critiqu\u00e9e, car la datation qu&rsquo;ils proposent n&rsquo;est pas conciliable avec celle des documents chinois, qu&rsquo;ils pr\u00e9c\u00e8dent de 2 \u00e0&nbsp;3 mois, et sans mention d&rsquo;observations ult\u00e9rieures de la supernova. Ils sont \u00e9galement tr\u00e8s impr\u00e9cis et inexploitables d&rsquo;un point de vue astronomique, m\u00eame rassembl\u00e9s. Ils seraient d&rsquo;ailleurs impossibles \u00e0 interpr\u00e9ter dans le sens d&rsquo;une observation d&rsquo;une supernova, si aucune information en provenance du monde chinois n&rsquo;avait \u00e9t\u00e9 conserv\u00e9e.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">Ces tentatives d&rsquo;identification entre un \u00e9v\u00e9nement av\u00e9r\u00e9 et des t\u00e9moignages tr\u00e8s impr\u00e9cis, ont vivement \u00e9t\u00e9 critiqu\u00e9es par plusieurs auteurs, qui y voient de la part de ceux voulant promouvoir l&rsquo;existence d&rsquo;observations europ\u00e9ennes de l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement une certaine \u00ab&nbsp;anxi\u00e9t\u00e9 \u00e0 vouloir absolument que cet \u00e9v\u00e9nement ait \u00e9t\u00e9 not\u00e9 par des Europ\u00e9ens&nbsp;\u00bb. L&rsquo;absence de t\u00e9moignages provenant des chroniqueurs europ\u00e9ens soul\u00e8ve depuis longtemps des interrogations. L&rsquo;on sait en effet que la tr\u00e8s spectaculaire&nbsp;supernova de l&rsquo;an 1006&nbsp;a \u00e9t\u00e9 abondamment \u00e9voqu\u00e9e dans divers documents europ\u00e9ens, bien qu&rsquo;en des termes peu astronomiques. Parmi les explications propos\u00e9es sur cette absence de SN&nbsp;1054 dans les chroniques europ\u00e9ennes, sa concomitance avec le&nbsp;Grand Schisme d&rsquo;Orient&nbsp;est avanc\u00e9e. La date de l&rsquo;excommunication du&nbsp;Patriarche de Constantinople&nbsp;Michel&nbsp;I<sup>er<\/sup>&nbsp;C\u00e9rulaire&nbsp;(16 juillet) correspondrait en effet au moment o\u00f9 l&rsquo;astre a atteint sa luminosit\u00e9 maximale et \u00e9tait visible en plein jour. Cette hypoth\u00e8se n&rsquo;est cependant pas v\u00e9rifiable concr\u00e8tement, et il est difficile d&rsquo;envisager comment une censure concernant un \u00e9v\u00e9nement&nbsp;<em>a priori<\/em>&nbsp;observable par tous aurait pu en faire disparaitre toute trace. Le fait est par contre que les documents europ\u00e9ens du&nbsp;XI<sup>e<\/sup>&nbsp;si\u00e8cle&nbsp;parvenus jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00e9poque contemporaine ne sont pas le fait d&rsquo;astronomes, mais de personnes qui malgr\u00e9 leur \u00e9rudition ne poss\u00e9daient que des connaissances astronomiques extr\u00eamement limit\u00e9es, comme en t\u00e9moigne leur incapacit\u00e9 \u00e0 reconnaitre les astres impliqu\u00e9s dans diverses&nbsp;conjonctions&nbsp;astronomiques (voir les exemples donn\u00e9s ci-dessous).<\/span><\/p>\n<h4 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\"><strong>La chronique de Jacobus Malvecius<\/strong><\/span><\/h4>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">La premi\u00e8re suggestion d&rsquo;un t\u00e9moignage europ\u00e9en relatant l&rsquo;observation de la supernova a \u00e9t\u00e9 faite en 1980 peu avant sa mort par l&rsquo;astronome&nbsp;italien&nbsp;Umberto Dall&rsquo;Olmo&nbsp;(1925-1980). Dans une chronique compil\u00e9e au&nbsp;XV<sup>e<\/sup> si\u00e8cle par&nbsp;Jacobus Malvecius&nbsp;se trouve un bref passage rapportant une observation astronomique&nbsp;:&nbsp;<\/span><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">\u00ab Et ces jours-l\u00e0, une \u00e9toile immens\u00e9ment brillante est apparue dans le cercle de la Lune, vers le premier jour de sa s\u00e9paration du Soleil \u00bb.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">La date de ce passage n&rsquo;est pas sp\u00e9cifi\u00e9e, mais il y est fait allusion \u00e0 un&nbsp;tremblement de terre&nbsp;s&rsquo;\u00e9tant produit \u00e0&nbsp;Brescia, \u00e0 une date identifi\u00e9e comme \u00e9tant le&nbsp;11 avril 1064. Dall&rsquo;Olmo ne propose aucune explication de la discordance apparente de dix ans entre la supernova et le tremblement de terre, hormis l&rsquo;hypoth\u00e8se qu&rsquo;il puisse s&rsquo;agir d&rsquo;une erreur de transcription. Ind\u00e9pendamment de cela, en l&rsquo;absence d&rsquo;une date et d&rsquo;une position pr\u00e9cise, le ph\u00e9nom\u00e8ne mentionn\u00e9 reste tr\u00e8s difficile \u00e0 identifier, et pourrait tout autant s&rsquo;apparenter \u00e0 une&nbsp;conjonction&nbsp;entre la&nbsp;Lune&nbsp;et une plan\u00e8te (vraisemblablement V\u00e9nus ou Jupiter), ou une occultation d&rsquo;une plan\u00e8te par la Lune.<\/span><\/p>\n<h4 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\"><strong>Le&nbsp;<\/strong><strong>Cronaca Rampona<\/strong><\/span><\/h4>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">Le t\u00e9moignage jug\u00e9 le plus s\u00e9rieux par les tenants d&rsquo;observations europ\u00e9ennes de la supernova est issu d&rsquo;une chronique m\u00e9di\u00e9vale de la r\u00e9gion de&nbsp;Bologne, le&nbsp;<em>Cronaca Rampona<\/em>&nbsp;(r\u00e9dig\u00e9 au&nbsp;XV<sup>e<\/sup> si\u00e8cle). Ce texte, port\u00e9 \u00e0 l&rsquo;attention des astronomes d\u00e8s 1972, fut interpr\u00e9t\u00e9 comme une possible observation de la supernova en&nbsp;1981, puis en&nbsp;1999. La partie mise en exergue de cette chronique indique&nbsp;:&nbsp;<\/span><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">\u00ab&nbsp;En l&rsquo;ann\u00e9e du Christ Ml8, le Pape&nbsp;\u00c9tienne IX&nbsp;est mont\u00e9 sur le tr\u00f4ne [&#8230;] \u00c9galement en cette ann\u00e9e du Christ Ml8,&nbsp;Henri III&nbsp;r\u00e9gnait [ou \u00ab&nbsp;vivait&nbsp;\u00bb] depuis xl9 ann\u00e9es. Il alla \u00e0 Rome une premi\u00e8re fois au mois de mai. \u00c0 cette \u00e9poque, la famine et la mort frappaient toute la Terre. Il r\u00e9sida dans la province de&nbsp;Tibur&nbsp;pendant trois jours au mois de juin [&#8230;] \u00c0 ce moment-l\u00e0, une \u00e9toile tr\u00e8s brillante entra dans le cercle [ou&nbsp;: le circuit] de la nouvelle Lune, \u00e0 la treizi\u00e8me&nbsp;Kalende&nbsp;au d\u00e9but de la nuit&nbsp;\u00bb.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">Sans m\u00eame discuter la derni\u00e8re partie, astronomique, du texte, les sceptiques font remarquer au moins deux incoh\u00e9rences dans celui-ci&nbsp;: l&rsquo;accession \u00e0 la papaut\u00e9 d&rsquo;\u00c9tienne IX&nbsp;eut lieu en 1057 et non en 1058, et l&#8217;empereur Henri III cit\u00e9, en fait&nbsp;Henri III du Saint-Empire, naquit en&nbsp;1017, soit 39 et non&nbsp;49 ans&nbsp;avant 1058, son r\u00e8gne ayant, lui, commenc\u00e9 en 1039 (roi des Romains, puis empereur des Romains \u00e0 partir de&nbsp;1046, \u00e0 l&rsquo;issue de son sacre par le pape&nbsp;Cl\u00e9ment II&nbsp;lors de son tr\u00e8s bref pontificat). Henri III \u00e9tait d&rsquo;ailleurs d\u00e9c\u00e9d\u00e9 en 1056, et son r\u00e8gne n&rsquo;a donc jamais co\u00efncid\u00e9 avec celui d&rsquo;\u00c9tienne IX. Il apparait de plus certain que le texte a subi diverses alt\u00e9rations puisque la graphie utilis\u00e9e pour rendre les dates (par exemple \u00ab&nbsp;Ml8&nbsp;\u00bb pour 1058, le second caract\u00e8re de \u00ab&nbsp;Ml8&nbsp;\u00bb \u00e9tant la lettre L minuscule), avec un m\u00e9lange de caract\u00e8res romains (majuscules et minuscules) et arabes, est commune de l&rsquo;\u00e9poque de la r\u00e9daction du&nbsp;<em>Cronaca Rampona<\/em>&nbsp;mais pas de celle de la supernova quatre si\u00e8cles plus t\u00f4t. En plus de cela, associer l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement d\u00e9crit \u00e0 une observation de la supernova en 1054 n\u00e9cessiterait de supposer que cette entr\u00e9e du&nbsp;<em>Cronaca Rampona<\/em>&nbsp;soit mal plac\u00e9e par rapport au reste du document, puisque les diff\u00e9rentes entr\u00e9es y sont class\u00e9es par ordre chronologique et que plusieurs des entr\u00e9es pr\u00e9c\u00e9dentes sont post\u00e9rieures \u00e0 1054 (dans l&rsquo;ordre, les entr\u00e9es pr\u00e9c\u00e9dentes se r\u00e9f\u00e8rent \u00e0 1046, 1049, 1051, 1055, 1056, \u00e9crits selon un m\u00e9lange de caract\u00e8res arabes et romains, \u00e0 savoir Mxl6, Mxl9, Mli, Mlv et Ml6). \u00c0 cela s&rsquo;ajoute le fait qu&rsquo;il y a une incoh\u00e9rence manifeste avec la date de la nouvelle Lune. Le terme de&nbsp;Kalende, qui se r\u00e9f\u00e8re au&nbsp;calendrier romain, peut \u00eatre transcrit en date ordinaire du&nbsp;calendrier gr\u00e9gorien, et la phase de la Lune peut y \u00eatre calcul\u00e9e. Il s&rsquo;av\u00e8re qu&rsquo;en aucun mois de l&rsquo;an 1054 la nouvelle Lune ne s&rsquo;est produite au treizi\u00e8me jour des Kalendes. Tout ceci contraste fortement avec la pr\u00e9cision constat\u00e9e des dates des mentions d&rsquo;\u00e9clipses&nbsp;des chroniques m\u00e9di\u00e9vales europ\u00e9ennes.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">Une \u00e9tude portant sur 48&nbsp;\u00e9clipses de Soleil&nbsp;partielles ou totales s&rsquo;\u00e9talant de 733 \u00e0 1544, r\u00e9v\u00e8le que 42 dates sur 48 s&rsquo;av\u00e8rent parfaitement exactes, et sur les six restantes, trois donnent une erreur d&rsquo;un ou deux jours, alors que les trois autres donnent le jour et le mois exact, mais pas l&rsquo;ann\u00e9e. Enfin, m\u00eame en consid\u00e9rant que l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement relat\u00e9 correspond malgr\u00e9 tout aux mois de mai ou juin 1054, et d\u00e9crit une conjonction entre la supernova, d\u00e9j\u00e0 visible, et la Lune, un autre probl\u00e8me apparait&nbsp;: la Lune n&rsquo;est pas, lors de ces mois-l\u00e0, pass\u00e9e notablement pr\u00e8s de la direction de la supernova. Incidemment, le vocabulaire utilis\u00e9 dans le texte latin est assez inhabituel. Le mot latin traduit en fran\u00e7ais par \u00ab&nbsp;cercle&nbsp;\u00bb est&nbsp;<em>circuitu<\/em>&nbsp;en lieu et place du plus habituel&nbsp;<em>circulus<\/em>, mais cette variante s\u00e9mantique ne semble pas changer le sens du texte, qui dans toutes les traductions possibles de&nbsp;<em>circuitu<\/em>&nbsp;sugg\u00e8re qu&rsquo;un objet s&rsquo;est trouv\u00e9 sur, ou proche du trajet suivi par la Lune.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">Il est par cons\u00e9quent possible que le r\u00e9cit d\u00e9crive une approche voire une occultation de plan\u00e8te par la Lune, contemporaine de la date sugg\u00e9r\u00e9e (1058). Ce sc\u00e9nario est corrobor\u00e9 par deux documents contemporains parfaitement dat\u00e9s et d\u00e9crivant en des termes relativement similaires une conjonction et une occultation plan\u00e9taire par la Lune. Ces deux documents, exhum\u00e9s par&nbsp;Robert Russell Newton, sont issus des&nbsp;<em>Annales Cavenses<\/em>, chroniques latines de l&rsquo;abbaye de Cava&nbsp;situ\u00e9e dans le sud de l&rsquo;Italie. Ils mentionnent, \u00e0 des dates correspondant au&nbsp;17 f\u00e9vrier 1086&nbsp;et au&nbsp;6 ao\u00fbt 1096, une \u00ab&nbsp;\u00e9toile brillante qui est entr\u00e9e dans le cercle de la nouvelle Lune&nbsp;\u00bb. Les calculs indiquent que V\u00e9nus fut occult\u00e9e par la Lune pendant une demi-heure le 17 f\u00e9vrier. Le 6 ao\u00fbt, c&rsquo;est Jupiter qui est pass\u00e9 \u00e0 moins d&rsquo;un degr\u00e9 de la Lune, apr\u00e8s une&nbsp;\u00e9clipse de Lune, \u00e9galement mentionn\u00e9e dans la chronique. Le fait que le ou les chroniqueurs n&rsquo;aient pas r\u00e9alis\u00e9 qu&rsquo;ils voyaient non pas une nouvelle \u00e9toile, mais une plan\u00e8te, illustre les faibles connaissances astronomiques des \u00e9rudits de l&rsquo;\u00e9poque, dont les t\u00e9moignages astronomiques sont de fait tr\u00e8s difficiles \u00e0 interpr\u00e9ter et \u00e0 attribuer \u00e0 un \u00e9v\u00e9nement rare.<\/span><\/p>\n<h4><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\"><strong>La chronique de l&rsquo;\u00e9glise d&rsquo;Oudenburg<\/strong><\/span><\/h4>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">Un groupe d&rsquo;Italiens a propos\u00e9 en 1992 un texte flamand comme fournissant un t\u00e9moignage d&rsquo;observation de la supernova. Ce texte, en provenance de l&rsquo;\u00e9glise Saint-Pierre (aujourd&rsquo;hui disparue) de la ville flamande d&rsquo;Oudenburg, \u00e9voque le d\u00e9c\u00e8s du Pape L\u00e9on IX, survenu au printemps 1054 :&nbsp;<\/span><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">\u00ab&nbsp;Aux dix-huiti\u00e8mes calendes de mai, le deuxi\u00e8me jour de la semaine, aux environs de midi, l&rsquo;\u00e2me [du Pape&nbsp;L\u00e9on IX] s&rsquo;en est all\u00e9e. Au moment o\u00f9 elle a quitt\u00e9 son corps, \u00e0 Rome, o\u00f9 celui-ci repose, mais aussi sur toute la Terre, un cercle d&rsquo;une extraordinaire brillance est apparu aux hommes dans le ciel l&rsquo;espace d&rsquo;une demi-heure&nbsp;\u00bb.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">La date d\u00e9crite correspond au 14 avril 1054, le \u00ab&nbsp;second jour de la semaine&nbsp;\u00bb \u00e9tant, selon la coutume de l&rsquo;\u00e9poque, le lundi. Cette simple date pose plusieurs probl\u00e8mes&nbsp;: les nombreux documents historiques \u00e9voquant la mort du pape lui associent la date du 19 avril et non du 14. De plus, aucun de ces deux jours (14 et 19 avril) n&rsquo;\u00e9tait un lundi. La partie astronomique du texte est \u00e9galement difficile \u00e0 interpr\u00e9ter et \u00e0 associer \u00e0 la supernova. Le ph\u00e9nom\u00e8ne d\u00e9crit, difficilement identifiable, est tr\u00e8s bref, ce qui contraste avec l&rsquo;\u00e9chelle de temps d&rsquo;une supernova. Il n&rsquo;est pas localis\u00e9 dans le ciel, et l&rsquo;heure d&rsquo;observation n&rsquo;est pas donn\u00e9e, pas m\u00eame le fait qu&rsquo;il se soit produit de jour ou de nuit. Il existe&nbsp;<em>a priori<\/em>&nbsp;de nombreux ph\u00e9nom\u00e8nes optiques ou atmosph\u00e9riques susceptibles d&rsquo;impressionner un chroniqueur non averti en astronomie, tels des&nbsp;aurores polaires&nbsp;(de nuit) ou un&nbsp;halo&nbsp;solaire (de jour). Tout au plus la mention de \u00ab&nbsp;sur toute la Terre&nbsp;\u00bb pourrait correspondre \u00e0 un \u00e9v\u00e9nement non localis\u00e9 en un lieu pr\u00e9cis, mais aucun \u00e9l\u00e9ment ne permet de connaitre la motivation exacte d&rsquo;une telle mention.<\/span><\/p>\n<h4 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\"><strong>Le r\u00e9cit d&rsquo;Albertus<\/strong><\/span><\/h4>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">Dans un ouvrage intitul\u00e9&nbsp;De Obitus Leonis, l&rsquo;auteur, Libuinus, rapporte un ph\u00e9nom\u00e8ne c\u00e9leste inhabituel observ\u00e9 le jour de la mort de L\u00e9on&nbsp;IX par un groupe de p\u00e8lerins men\u00e9 par un certain Albertus, qui se trouvait alors dans la r\u00e9gion de&nbsp;Todi&nbsp;(Ombrie, au nord de&nbsp;Rome). Celui-ci aurait affirm\u00e9 avoir vu&nbsp;: \u00ab&nbsp;comme un chemin par lequel son \u00e2me \u00e9tait escort\u00e9e par les anges vers les Cieux, par\u00e9e de v\u00eatements brillants et de lampes innombrables&nbsp;\u00bb.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">La nature du ph\u00e9nom\u00e8ne observ\u00e9e est difficilement identifiable, le propos \u00e9tant manifestement empreint de mysticisme. Certains auteurs ont propos\u00e9 qu&rsquo;il \u00e9voque en r\u00e9alit\u00e9 une observation de la supernova. Un moment favorable aurait \u00e9t\u00e9 le cr\u00e9puscule, le Soleil se couchant \u00e0 cette \u00e9poque avant l&rsquo;\u00e9toile \u03b6 Tauri. Cependant, ce soir l\u00e0 une concentration de plan\u00e8tes se trouvait dans cette r\u00e9gion du ciel : Mars, Mercure, V\u00e9nus, et un peu plus loin Jupiter. Cette r\u00e9gion du ciel \u00e9tant par ailleurs riche en \u00e9toiles brillantes (la constellation d&rsquo;Orion, Sirius, \u03b1 Aurigae\/Capella, etc), il se pourrait que celles-ci aient, combin\u00e9es aux plan\u00e8tes, form\u00e9 les \u00ab lampes innombrables \u00bb du r\u00e9cit d&rsquo;Albertus. Dans ce contexte, que la supernova ait \u00e9t\u00e9 visible ou non ne change pas grand-chose au spectacle observable ce soir-l\u00e0. Tout comme le t\u00e9moignage pr\u00e9c\u00e9dent, ce t\u00e9moignage relie de fa\u00e7on directe la mort du Pape avec un \u00e9v\u00e9nement \u00ab extraordinaire \u00bb, qui pourrait avoir \u00e9t\u00e9 invoqu\u00e9 pour justifier d&rsquo;un miracle associ\u00e9 au d\u00e9funt, afin de pouvoir proc\u00e9der \u00e0 sa canonisation (qui eut lieu en 1087, par Victor III).<\/span><\/p>\n<h4 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\"><strong>Mention dans des annales irlandaises<\/strong><\/span><\/h4>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">En 1997, deux auteurs irlandais ont propos\u00e9 l&rsquo;extrait d&rsquo;une chronique irlandaise \u00e0 l&rsquo;appui de la th\u00e8se d&rsquo;une observation europ\u00e9enne de la supernova. Cette chronique indique, pour l&rsquo;ann\u00e9e 1054 :&nbsp;<\/span><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">\u00ab Une tour ronde de feu a \u00e9t\u00e9 vue \u00e0 Ros Ela le dimanche de la f\u00eate de Saint Georges dans l&rsquo;espace de cinq heures de la journ\u00e9e, et d&rsquo;innombrables oiseaux noirs sont pass\u00e9s devant, au milieu desquels il y avait un grand oiseau [&#8230;] \u00bb.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">La date de l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement correspond au 24 avril, soit bien longtemps avant son apparition not\u00e9e par les Chinois. Le caract\u00e8re astronomique du t\u00e9moignage reste tr\u00e8s incertain, celui-ci pouvant \u00eatre comme les pr\u00e9c\u00e9dents de nature mystique. La localisation de l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement en question (s&rsquo;il existe) sur la vo\u00fbte c\u00e9leste n&rsquo;est pas pr\u00e9cis\u00e9e. L&rsquo;heure de l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement n&rsquo;est pas non plus connue, mais il semble que l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement ne se soit produit qu&rsquo;un seul jour, et non sur une dur\u00e9e bien plus longue comme aurait d\u00fb l&rsquo;\u00eatre l&rsquo;observation de la supernova. Par ailleurs, la mention des oiseaux sugg\u00e8re fortement un objet d&rsquo;une certaine extension angulaire. Aussi une interpr\u00e9tation de type halo solaire ou&nbsp;aurore polaire&nbsp;selon le moment d&rsquo;observation (jour ou nuit) apparait-elle plus vraisemblable, si tant est que ce soit effectivement un \u00e9v\u00e9nement astronomique qui soit relat\u00e9.<\/span><\/p>\n<h4 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\"><strong>Mention dans une chronique arm\u00e9nienne<\/strong><\/span><\/h4>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">En 1969, deux auteurs arm\u00e9niens publi\u00e8rent une liste de t\u00e9moignages d&rsquo;observation de m\u00e9t\u00e9ores en provenance de chroniques arm\u00e9niennes. Un de ces deux auteurs estima quelques ann\u00e9es plus tard que l&rsquo;un de ces documents \u00e9tait susceptible de correspondre \u00e0 une observation de la supernova de 1054. Selon la traduction qu&rsquo;il fit du document, ce dernier indiquait :&nbsp;<\/span><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">\u00ab 1054, cinqui\u00e8me ann\u00e9e du r\u00e8gne de L\u00e9on IX. Cette ann\u00e9e-l\u00e0, sur le disque de la Lune, une \u00e9toile est apparue. Cela s&rsquo;est produit le 14 mai, dans la premi\u00e8re partie de la nuit \u00bb.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">Ce bref descriptif sugg\u00e8re fortement un rapprochement ou une occultation entre la Lune et une plan\u00e8te ou une \u00e9toile brillante. Les calculs indiquent en effet qu&rsquo;\u00e0 la date mentionn\u00e9e, la Lune, alors dans le&nbsp;Cancer&nbsp;\u00e9tait en conjonction avec Jupiter, qu&rsquo;elle a approch\u00e9 \u00e0 environ 3 degr\u00e9s, chose que les tenants de l&rsquo;hypoth\u00e8se d&rsquo;une observation de la supernova ne semblent pas avoir v\u00e9rifi\u00e9e ou en tout cas mentionn\u00e9e.<\/span><\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\"><strong><em>R\u00e9sum\u00e9 des documents europ\u00e9ens<\/em><\/strong><\/span><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">Parmi les six documents europ\u00e9ens, un ne semble pas correspondre \u00e0 l&rsquo;ann\u00e9e de la supernova (la chronique de Jacobus Malvecius). Un autre (le&nbsp;<em>Cronaca Rampona<\/em>) pr\u00e9sente d&rsquo;importants probl\u00e8mes de datation et de coh\u00e9rence interne. Les quatre autres sont dat\u00e9s de fa\u00e7on relativement pr\u00e9cise, mais notablement ant\u00e9rieurs aux documents chinois&nbsp;: ils datent du printemps et non de l&rsquo;\u00e9t\u00e9 1054, c&rsquo;est-\u00e0-dire avant la conjonction entre la supernova et le Soleil. Trois des documents (la chronique de Jacobus Malvecius, le&nbsp;<em>Cronaca Rampona<\/em>, et la chronique arm\u00e9nienne) font de fa\u00e7on relativement explicite r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 des conjonctions entre la Lune et des astres dont un seul est identifi\u00e9 (Jupiter, dans la chronique arm\u00e9nienne). Les calculs indiquent que la Lune ne s&rsquo;est jamais beaucoup approch\u00e9e de la supernova au printemps 1054. Les trois autres documents sont tr\u00e8s n\u00e9buleux et ont un contenu astronomique quasiment inexploitable, si tant est qu&rsquo;il existe. Aucun d&rsquo;eux ne semble s&rsquo;\u00eatre produit dans la dur\u00e9e (une demi-heure dans la chronique de l&rsquo;\u00e9glise d&rsquo;Oudenbourg, cinq heures dans les annales irlandaises, et une dur\u00e9e ind\u00e9termin\u00e9e mais implicitement br\u00e8ve dans le r\u00e9cit d&rsquo;Albertus). Aucun document ne situe explicitement la r\u00e9gion du ciel dans laquelle s&rsquo;est produit le ph\u00e9nom\u00e8ne, et aucune indication de l&rsquo;heure d&rsquo;observation n&rsquo;est donn\u00e9e. Dans l&rsquo;hypoth\u00e8se o\u00f9 les ph\u00e9nom\u00e8nes d\u00e9crits ont eu une base physique r\u00e9elle, de nombreux ph\u00e9nom\u00e8nes atmosph\u00e9riques ou optiques sont susceptibles d&rsquo;en \u00eatre la cause.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">D&rsquo;une mani\u00e8re plus g\u00e9n\u00e9rale, ces documents ne sont pas le fait d&rsquo;astronomes, mais de chroniqueurs sans doute \u00e9rudits, mais ayant des connaissances astronomiques limit\u00e9es. Cela est \u00e9vident sur le document le plus exploitable, la chronique arm\u00e9nienne, o\u00f9 une conjonction banale entre la Lune et Jupiter n&rsquo;est pas reconnue comme telle, comme c&rsquo;est le cas de nombreuses autres conjonctions.<\/span><\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\"><strong><em>Une r\u00e9interpr\u00e9tation pol\u00e9mique des observations europ\u00e9ennes<\/em><\/strong><\/span><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">En&nbsp;1999,&nbsp;George W. Collins&nbsp;et ses collaborateurs proposent une r\u00e9interpr\u00e9tation radicale des documents europ\u00e9ens, et pr\u00e9tendent que ceux-ci indiquent de fa\u00e7on convaincante que les Europ\u00e9ens avaient, bien avant les astronomes du monde chinois, observ\u00e9 la supernova.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">Concernant les documents chinois, ils pointent leurs diff\u00e9rentes erreurs de date (voir ci-dessus) comme autant de preuves que la qualit\u00e9 de leurs observations \u00e9tait inf\u00e9rieure \u00e0 ce qui est commun\u00e9ment admis, et que de ce fait, rien n&#8217;emp\u00eache que des observateurs plus aguerris aient pu voir la supernova avant. Ils appuient leur propos en \u00e9voquant aussi le probl\u00e8me de la localisation de la supernova par rapport \u00e0 l&rsquo;\u00e9toile \u03b6&nbsp;Tauri (voir ci-dessous). Enfin, en se fondant sur une traduction contest\u00e9e du document du&nbsp;royaume khitan, ils affirment que la supernova \u00e9tait vraisemblablement visible lors de l&rsquo;\u00e9clipse de Soleil du 10&nbsp;mai&nbsp;1054.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">\u00c0 l&rsquo;inverse, ils r\u00e9interpr\u00e8tent les documents europ\u00e9ens comme relativement concordants quant au fait qu&rsquo;un \u00e9v\u00e9nement astronomique notable s&rsquo;est produit au printemps 1054, avant la conjonction entre la supernova et le Soleil. Ils consid\u00e8rent que l&rsquo;aspect quelque peu m\u00e9taphorique de certains d&rsquo;entre eux ne fait que refl\u00e9ter leur moindre connaissance du ciel, sans pour autant pr\u00e9juger de leur capacit\u00e9 d&rsquo;observation, et que les probl\u00e8mes de date du&nbsp;<em>Cronoca Rampona<\/em>&nbsp;n&rsquo;en sont pas, les chroniqueurs europ\u00e9ens ne pr\u00e9tendant pas \u00eatre attach\u00e9s \u00e0 une grande pr\u00e9cision dans ce domaine. Ils rappellent aussi, sans en apporter de justification, que la motivation des observations chinoises d&rsquo;\u00e9toiles invit\u00e9es \u00e9tait avant tout de nature astrologique et non scientifique, ce qui pourrait biaiser leur contenu.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">Quant \u00e0 la mention de la supernova dans les \u00e9crits d&rsquo;Ibn Butlan, ils se fient implicitement \u00e0 la date de 445 du calendrier musulman (23 avril 1053 &#8211; 11 avril 1054) et non de 446 (12 avril 1054 &#8211; 1<sup>er<\/sup>&nbsp;avril 1055) pour affirmer que la supernova \u00e9tait visible d\u00e8s avril 1054, sans tenir compte du fait que d&rsquo;autres parties de ses \u00e9crits sont largement plus coh\u00e9rentes avec la date de 446 et non 445.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">Les travaux de Collins&nbsp;<em>et al.<\/em>&nbsp;ont vivement \u00e9t\u00e9 critiqu\u00e9s par F.Richard Stephenson et&nbsp;David A. Green, qui pointent de leur c\u00f4t\u00e9 un manque de s\u00e9rieux dans l&rsquo;analyse de leurs confr\u00e8res. Ils insistent notamment sur le fait que les probl\u00e8mes de dates des documents asiatiques sont ais\u00e9ment r\u00e9solus. L&rsquo;un d&rsquo;entre eux (le&nbsp;<em>Xu Zizhi Tongjian Changbian<\/em>) correspond de fa\u00e7on relativement \u00e9vidente \u00e0 une erreur typographique, et l&rsquo;autre (le mois d&rsquo;observation de documents japonais) \u00e0 une erreur de date commune \u00e0 cet ensemble de documents. Ils rappellent que l&rsquo;affirmation que la supernova ait \u00e9t\u00e9 visible lors de l&rsquo;\u00e9clipse du 10 mai 1054 r\u00e9sulte non seulement d&rsquo;une interpr\u00e9tation hasardeuse de la traduction, mais surtout est contraire \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 astronomique. En effet, cette \u00e9clipse ayant \u00e9t\u00e9 seulement partielle, aucun astre alors proche du Soleil n&rsquo;\u00e9tait susceptible d&rsquo;\u00eatre subitement devenu observable \u00e0 ce moment-l\u00e0. Ils insistent enfin sur le manque manifeste de connaissances astronomiques des chroniqueurs europ\u00e9ens compar\u00e9 aux astronomes chinois. Ce point rend selon eux difficile une attribution de ces documents \u00e0 une observation de la supernova. Si tel \u00e9tait le cas, il faudrait non seulement expliquer pourquoi aucun document europ\u00e9en ne mentionne la supernova en \u00e9t\u00e9, date \u00e0 laquelle elle \u00e9tait parfaitement visible d&rsquo;apr\u00e8s les documents chinois, mais aussi pourquoi les observateurs chinois et japonais, tr\u00e8s vraisemblablement plus aguerris, auraient manqu\u00e9 la supernova \u00e0 ce moment-l\u00e0. Ils font \u00e9galement remarquer que m\u00eame en cas de concordance de dates, rien ne prouve que des \u00e9v\u00e9nements s&rsquo;\u00e9tant produit lors d&rsquo;une m\u00eame ann\u00e9e correspondent \u00e0 un unique ph\u00e9nom\u00e8ne astronomique. Les&nbsp;\u00e9toiles invit\u00e9es de 837&nbsp;sont un exemple de deux novas diff\u00e9rentes s&rsquo;\u00e9tant produit la m\u00eame ann\u00e9e (marqu\u00e9e par ailleurs par le tr\u00e8s spectaculaire passage de la com\u00e8te de Halley). Les quatre&nbsp;\u00e9toiles invit\u00e9es de 1592&nbsp;renforcent cette remarque. Les conclusions de Green et Stephenson rejoignent des travaux ant\u00e9rieurs datant de&nbsp;1995&nbsp;o\u00f9 les diff\u00e9rentes observations europ\u00e9ennes avaient d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 rejet\u00e9es en bloc en raison de leur impr\u00e9cision et de l&rsquo;impossibilit\u00e9 d&rsquo;en tirer un sens astronomique clair.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">La th\u00e8se de Collins&nbsp;<em>et al.<\/em>&nbsp;n&rsquo;a par la suite pas \u00e9t\u00e9 notablement reprise dans la litt\u00e9rature scientifique, mais a n\u00e9anmoins joui d&rsquo;une certaine visibilit\u00e9 aupr\u00e8s du grand public, \u00e9tant notamment reprise avec un certain enthousiasme par la revue&nbsp;<em>Ciel &amp; Espace<\/em>.<\/span><\/p>\n<h3><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\"><strong><em>Am\u00e9rique du Nord<\/em><\/strong><\/span><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">Plusieurs auteurs ont soulign\u00e9 que deux peintures am\u00e9rindiennes du sud-ouest des&nbsp;\u00c9tats-Unis&nbsp;(dans le nord de l&rsquo;Arizona) montraient un croissant de Lune situ\u00e9 \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d&rsquo;un cercle susceptible de repr\u00e9senter une \u00e9toile. Il a \u00e9t\u00e9 propos\u00e9 que cela repr\u00e9sente une conjonction entre la Lune et la supernova, rendue possible par le fait que vue de la&nbsp;Terre, la supernova s&rsquo;est produite dans le plan de l&rsquo;\u00e9cliptique. Cette hypoth\u00e8se est compatible avec les datations effectu\u00e9es de ces peintures. De fait, au matin du&nbsp;5 juillet, la Lune \u00e9tait situ\u00e9e \u00e0 proximit\u00e9 imm\u00e9diate de la supernova, ce qui pourrait renforcer l&rsquo;id\u00e9e que ce soit cette conjonction qui ait \u00e9t\u00e9 repr\u00e9sent\u00e9e sur ces peintures. Cette interpr\u00e9tation reste cependant impossible \u00e0 confirmer. D&rsquo;une part, la datation des peintures est extr\u00eamement impr\u00e9cise (entre le&nbsp;X<sup>e<\/sup>&nbsp;si\u00e8cle&nbsp;et le&nbsp;XII<sup>e<\/sup>&nbsp;si\u00e8cle), et une seule de ces peintures montre le croissant de Lune avec l&rsquo;orientation correcte par rapport \u00e0 la supernova. De plus, ce type de dessin pourrait parfaitement repr\u00e9senter une conjonction de la Lune avec&nbsp;V\u00e9nus&nbsp;ou&nbsp;Jupiter.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">Un autre document, plus connu, a \u00e9t\u00e9 mis au jour dans le courant des&nbsp;ann\u00e9es 1970&nbsp;sur le site de&nbsp;Chaco Canyon&nbsp;(Nouveau-Mexique), occup\u00e9 vers l&rsquo;an mil par les Indiens&nbsp;Anasazis. Il repr\u00e9sente, sur une surface verticale plane d&rsquo;une construction, une main en dessous de laquelle se trouvent un croissant de Lune orient\u00e9 vers le bas et, plus \u00e0 gauche, une \u00e9toile. Sur le sol devant ce p\u00e9troglyphe se trouve un dessin qui pourrait \u00e9voquer un noyau et une queue com\u00e9taire. Outre le p\u00e9troglyphe qui peut \u00e9voquer la configuration de la Lune et de la supernova au matin du 5 juillet 1054, cette p\u00e9riode correspond \u00e0 l&rsquo;apog\u00e9e de la civilisation Anasazi. Dans l&rsquo;optique de cette identification, il semble possible de proposer une interpr\u00e9tation de l&rsquo;autre p\u00e9troglyphe, qui, s&rsquo;il est contemporain du premier, pourrait \u00e9ventuellement correspondre au passage de la&nbsp;com\u00e8te de Halley&nbsp;de l&rsquo;an&nbsp;1066, dont on sait qu&rsquo;il fut ais\u00e9ment observ\u00e9 en&nbsp;Europe, puisque figurant sur la&nbsp;tapisserie de Bayeux. Cette interpr\u00e9tation, certes plausible, est difficile, sinon impossible, \u00e0 confirmer. En particulier, elle n&rsquo;explique pas pourquoi ce serait la supernova de 1054 qui aurait \u00e9t\u00e9 repr\u00e9sent\u00e9e plut\u00f4t que la&nbsp;supernova de l&rsquo;an 1006, bien plus lumineuse d&rsquo;apr\u00e8s tous les t\u00e9moignages historiques connus (mais pas en conjonction avec la Lune, car situ\u00e9e trop loin du plan de l&rsquo;\u00e9cliptique), et \u00e9galement visible \u00e0 l&rsquo;apog\u00e9e de cette civilisation.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">Finalement, bien que populaire, l&rsquo;id\u00e9e que des civilisations am\u00e9rindiennes aient effectivement laiss\u00e9 une trace de l&rsquo;observation de cette supernova demeure essentiellement impossible \u00e0 v\u00e9rifier et, d&rsquo;un point de vue purement astronomique, ne donne de toute fa\u00e7on pas d&rsquo;informations suppl\u00e9mentaires sur cet \u00e9v\u00e9nement.<\/span><\/p>\n<h4><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px; color: #333333;\"><strong>Nature de l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement relat\u00e9<\/strong><\/span><\/h4>\n<p><strong><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">Localisation g\u00e9n\u00e9rale de l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement<\/span><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">Les indications les plus pr\u00e9cises de la localisation de l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement font r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 un ast\u00e9risme d\u00e9nomm\u00e9 <em>Tianguan<\/em>&nbsp;par les astronomes chinois.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">Les&nbsp;ast\u00e9rismes de l&rsquo;astronomie chinoise&nbsp;peuvent \u00eatre assimil\u00e9s aux&nbsp;constellations&nbsp;du monde occidental, mais sont en g\u00e9n\u00e9ral d&rsquo;une extension moindre, et peuvent ne poss\u00e9der qu&rsquo;une seule \u00e9toile. Ils ont \u00e9t\u00e9 catalogu\u00e9s par les Chinois aux alentours du&nbsp;II<sup>e<\/sup>&nbsp;si\u00e8cle&nbsp;av. J.-C.&nbsp;Tous ces ast\u00e9rismes ne sont pas \u00e9galement bien d\u00e9termin\u00e9s aujourd&rsquo;hui&nbsp;: selon l&rsquo;\u00e9clat des \u00e9toiles qui les composent et l&rsquo;importance astronomique ou symbolique qu&rsquo;ils ont, ils ont \u00e9t\u00e9 plus ou moins bien d\u00e9crits par les astronomes du monde chinois, dont une partie des \u00e9crits seulement est parvenue jusqu&rsquo;\u00e0 nous. Les ast\u00e9rismes utilisant les \u00e9toiles les plus brillantes du ciel ont \u00e9t\u00e9 compil\u00e9s dans un ouvrage appel\u00e9&nbsp;<em>Shi Shi<\/em>.&nbsp;<em>Tianguan<\/em>&nbsp;en fait partie. Sa localisation est rendue relativement ais\u00e9e par la combinaison de plusieurs facteurs.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">Pour la plupart des ast\u00e9rismes du&nbsp;<em>Shi Shi<\/em>, sont donn\u00e9es les coordonn\u00e9es d&rsquo;une \u00e9toile appel\u00e9e&nbsp;\u00e9toile r\u00e9f\u00e9rente&nbsp;de l&rsquo;ast\u00e9risme, qui correspond en g\u00e9n\u00e9ral \u00e0 l&rsquo;\u00e9toile situ\u00e9e la plus \u00e0 l&rsquo;ouest. Dans le cas des ast\u00e9rismes \u00e0 une seule \u00e9toile, ceci suffit en principe \u00e0 rep\u00e9rer l&rsquo;\u00e9toile. La fa\u00e7on dont les coordonn\u00e9es sont donn\u00e9es par les astronomes chinois s&rsquo;apparente au&nbsp;syst\u00e8me de coordonn\u00e9es \u00e9quatoriales, c&rsquo;est-\u00e0-dire l&rsquo;\u00e9quivalent de la&nbsp;longitude&nbsp;et de la&nbsp;latitude&nbsp;sur la&nbsp;sph\u00e8re c\u00e9leste&nbsp;dont les p\u00f4les sont d\u00e9termin\u00e9s par l&rsquo;axe de rotation de la Terre, ces coordonn\u00e9es \u00e9tant respectivement appel\u00e9es en astronomie&nbsp;ascension droite&nbsp;et&nbsp;d\u00e9clinaison. Les astronomes chinois notaient la distance angulaire de l&rsquo;\u00e9toile non pas par rapport \u00e0 l&rsquo;\u00e9quateur c\u00e9leste, mais par rapport au&nbsp;p\u00f4le nord c\u00e9leste&nbsp;(ce qui dans d&rsquo;autres contextes s&rsquo;appelle la&nbsp;colatitude), ainsi que l&rsquo;\u00e9cart en ascension droite non pas par rapport \u00e0 un point de r\u00e9f\u00e9rence (le&nbsp;point vernal&nbsp;en astronomie moderne), mais par rapport \u00e0 un ensemble d&rsquo;\u00e9toiles de r\u00e9f\u00e9rence, qui sont les \u00e9toiles r\u00e9f\u00e9rentes d&rsquo;une classe particuli\u00e8re d&rsquo;ast\u00e9rismes appel\u00e9s&nbsp;loges lunaires. Ce jeu de mesure a \u00e9t\u00e9 effectu\u00e9 tr\u00e8s t\u00f4t pour de nombreux ast\u00e9rismes par les astronomes chinois.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">Il est possible que la composition d&rsquo;un ast\u00e9risme donn\u00e9 change au cours du temps, celle-ci n&rsquo;\u00e9tant que tr\u00e8s rarement explicit\u00e9e \u00e9toile par \u00e9toile dans les trait\u00e9s astronomiques. Ceci est d&rsquo;autant plus susceptible de se produire quand l&rsquo;ast\u00e9risme ne comporte pas d&rsquo;\u00e9toiles brillantes. Mais les mesures de position des \u00e9toiles r\u00e9f\u00e9rentes \u00e9taient faites r\u00e9guli\u00e8rement au cours du temps, parce qu&rsquo;il semble bien que les Chinois ne consid\u00e9raient pas comme acquis que les cieux fussent immuables. Ils avaient observ\u00e9 que les positions relatives des \u00e9toiles \u00e9taient susceptibles de changer, et que le syst\u00e8me de coordonn\u00e9es \u00e9quatoriales changeait au cours du temps du fait de la lente d\u00e9rive de la direction de l&rsquo;axe de rotation de la Terre. Ce ph\u00e9nom\u00e8ne, connu depuis l&rsquo;Antiquit\u00e9 grecque, fut d\u00e9couvert ind\u00e9pendamment quelques si\u00e8cles plus tard par les Chinois sous l&rsquo;appellation de&nbsp;pr\u00e9cession des \u00e9quinoxes. Dans le cas de&nbsp;<em>Tianguan<\/em>, la position de cet ast\u00e9risme a \u00e9t\u00e9 r\u00e9\u00e9valu\u00e9e quelques mois avant l&rsquo;arriv\u00e9e de l&rsquo;\u00e9toile invit\u00e9e.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">Ind\u00e9pendamment de ces nouvelles mesures, les trait\u00e9s astronomiques pr\u00e9cisent en g\u00e9n\u00e9ral la position relative des ast\u00e9rismes entre eux. Ainsi, un ast\u00e9risme est localisable si ses voisins le sont de fa\u00e7on robuste. Dans le cas de&nbsp;<em>Tianguan<\/em>, il est indiqu\u00e9 qu&rsquo;il se situe au pied de l&rsquo;ast\u00e9risme&nbsp;<em>Wuche<\/em>, dont les repr\u00e9sentations sur les cartes du ciel chinois ne laissent gu\u00e8re de doute quant \u00e0 sa nature&nbsp;: il s&rsquo;agit du grand pentagone englobant les \u00e9toiles brillantes de la constellation occidentale du&nbsp;Cocher. Comme par ailleurs&nbsp;<em>Tianguan<\/em>&nbsp;est repr\u00e9sent\u00e9 au nord de l&rsquo;ast\u00e9risme&nbsp;<em>Shen<\/em>, dont la composition est bien connue, correspondant aux \u00e9toiles brillantes d&rsquo;Orion, sa localisation possible est fortement contrainte au voisinage imm\u00e9diat de l&rsquo;\u00e9toile&nbsp;\u03b6&nbsp;Tauri, situ\u00e9e entre&nbsp;<em>Wuche<\/em>&nbsp;et&nbsp;<em>Shen<\/em>. Cette \u00e9toile, d&rsquo;\u00e9clat moyen (magnitude apparente&nbsp;de 3,3), est la seule \u00e9toile d&rsquo;un tel \u00e9clat dans cette zone du ciel (aucune \u00e9toile plus brillante que la magnitude apparente 4,5 n&rsquo;existe dans un rayon de 7&nbsp;degr\u00e9s autour de \u03b6&nbsp;Tauri), et donc la seule susceptible de figurer parmi les ast\u00e9rismes du&nbsp;<em>Shi Shi<\/em>. L&rsquo;ensemble de ces \u00e9l\u00e9ments, ainsi que quelques autres, permettent d&rsquo;attester au-del\u00e0 de tout doute raisonnable que&nbsp;<em>Tianguan<\/em>&nbsp;correspond \u00e0 l&rsquo;\u00e9toile \u03b6&nbsp;Tauri.<\/span><\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\"><strong>Com\u00e8te, nova, ou supernova&nbsp;?<\/strong><\/span><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">Les \u00ab&nbsp;\u00e9toiles invit\u00e9es&nbsp;\u00bb rapport\u00e9es par les astronomes du monde chinois correspondent \u00e0 trois types de ph\u00e9nom\u00e8nes astronomiques distincts&nbsp;:&nbsp;com\u00e8tes,&nbsp;novas&nbsp;et&nbsp;supernovas&nbsp;(et en de plus rares occasions&nbsp;m\u00e9t\u00e9ores). La distinction entre les com\u00e8tes et le reste se fait par la pr\u00e9sence ou non d&rsquo;un d\u00e9placement de l&rsquo;astre observ\u00e9. Sur la tr\u00e8s longue p\u00e9riode de visibilit\u00e9 de l&rsquo;\u00e9toile invit\u00e9e de 1054 (642 jours, entre le&nbsp;4 juillet 1054&nbsp;et le&nbsp;6 avril 1056), aucune mention de d\u00e9placement n&rsquo;est rapport\u00e9e, et la tr\u00e8s longue dur\u00e9e du ph\u00e9nom\u00e8ne exc\u00e8de d&rsquo;un facteur trois la plus longue dur\u00e9e rapport\u00e9e d&rsquo;observation de com\u00e8te (un peu plus de six mois). L&rsquo;\u00e9toile invit\u00e9e est donc sans l&rsquo;ombre d&rsquo;un doute une nova ou une supernova.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">La distinction entre ces deux possibilit\u00e9s se fait en prenant en compte la dur\u00e9e du ph\u00e9nom\u00e8ne et sa localisation dans le ciel. Les nov\u00e6 sont des explosions se produisant \u00e0 la surface de certaines \u00e9toiles, dont la courbe de lumi\u00e8re d\u00e9cro\u00eet tr\u00e8s rapidement \u00e0 l&rsquo;issue de celles-ci, qui durent rarement plus de quelques mois. Si des novas lentes existent (une des quatre&nbsp;\u00e9toiles invit\u00e9es de 1592&nbsp;en est un probable exemple), elles sont relativement rares. Par ailleurs, les novas sont des ph\u00e9nom\u00e8nes notablement moins lumineux que les supernovas. Une nova visible en plein jour \u00e9mane d&rsquo;un astre proche du Soleil, dont la position sur le ciel est relativement al\u00e9atoire. Par contraste, les supernovas sont des ph\u00e9nom\u00e8nes beaucoup plus rares, et si pour \u00eatre visibles \u00e0 l&rsquo;\u0153il nu ils se produisent dans notre&nbsp;Galaxie, ils sont en moyenne \u00e0 bien plus grande distance, en g\u00e9n\u00e9ral au sein des&nbsp;bras spiraux, c&rsquo;est-\u00e0-dire, vu depuis la Terre, dans le&nbsp;plan galactique, autrement dit dans la bande lumineuse caract\u00e9ristique de notre Galaxie. L&rsquo;\u00e9toile invit\u00e9e de 1054, d&rsquo;une tr\u00e8s longue p\u00e9riode de visibilit\u00e9 et situ\u00e9e \u00e0 une tr\u00e8s faible&nbsp;latitude galactique&nbsp;pr\u00e9sente toutes les caract\u00e9ristiques d&rsquo;une supernova. Pour finir de prouver cette assertion, il reste \u00e0 trouver les restes de l&rsquo;explosion, c&rsquo;est-\u00e0-dire le&nbsp;r\u00e9manent de supernova&nbsp;associ\u00e9.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">La r\u00e9gion de \u03b6&nbsp;Tauri est situ\u00e9e dans la r\u00e9gion oppos\u00e9e du&nbsp;centre galactique. C&rsquo;est l\u00e0 que la profondeur du disque de notre Voie Lact\u00e9e est la moindre, et donc la zone o\u00f9 le taux de supernovas est le plus faible. Il n&rsquo;existe de ce fait que tr\u00e8s peu de r\u00e9manents de supernova identifi\u00e9s dans cette r\u00e9gion. Si l&rsquo;on centre les recherches sur l&rsquo;\u00e9toile \u03b6&nbsp;Tauri, un r\u00e9manent se trouve \u00e0 proximit\u00e9 imm\u00e9diate, il s&rsquo;agit de la&nbsp;n\u00e9buleuse du Crabe. Aucun autre r\u00e9manent se trouve \u00e0 moins de 5 degr\u00e9s de celui-ci. Le plus proche,&nbsp;SNR G180.0-1.7, h\u00e9berge en son sein un pulsar,&nbsp;PSR J0538+2817, dont l&rsquo;\u00e2ge caract\u00e9ristique&nbsp;se compte en centaines de milliers d&rsquo;ann\u00e9es, et le r\u00e9manent lui-m\u00eame poss\u00e8de une taille angulaire consid\u00e9rable (3 degr\u00e9s), autant de caract\u00e9ristiques indiquant un objet \u00e2g\u00e9. La n\u00e9buleuse du Crabe est le seul objet pr\u00e9sentant des caract\u00e9ristiques attendues d&rsquo;un r\u00e9manent jeune et elle est de ce fait consid\u00e9r\u00e9e comme le produit de l&rsquo;explosion observ\u00e9e en 1054.<\/span><\/p>\n<h4><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\"><strong><em>Le probl\u00e8me de la localisation pr\u00e9cise du r\u00e9manent<\/em><\/strong><\/span><\/h4>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">Trois documents chinois indiquent que l&rsquo;\u00e9toile invit\u00e9e \u00e9tait situ\u00e9e \u00ab&nbsp;peut-\u00eatre \u00e0 quelques pouces&nbsp;\u00bb au sud-est de&nbsp;<em>Tianguan<\/em>. Le&nbsp;<em>Song Shi<\/em>&nbsp;et le&nbsp;<em>Song Huiyao<\/em>&nbsp;pr\u00e9cisent qu&rsquo;elle \u00ab&nbsp;montait la garde&nbsp;\u00bb de l&rsquo;ast\u00e9risme, correspondant \u00e0 l&rsquo;\u00e9toile \u03b6&nbsp;Tauri. L&rsquo;orientation \u00ab&nbsp;sud-est&nbsp;\u00bb a un sens astronomique simple, la sph\u00e8re c\u00e9leste \u00e9tant, comme le globe terrestre, dot\u00e9e d&rsquo;un&nbsp;p\u00f4le nord&nbsp;et d&rsquo;un p\u00f4le sud c\u00e9lestes, la direction \u00ab&nbsp;sud-est&nbsp;\u00bb correspondant ainsi \u00e0 une localisation \u00ab&nbsp;en dessous \u00e0 gauche&nbsp;\u00bb par rapport \u00e0 l&rsquo;objet de r\u00e9f\u00e9rence (en l&rsquo;occurrence l&rsquo;\u00e9toile \u03b6&nbsp;Tauri) quand celle-ci apparait plein sud. Cependant, cette direction \u00ab&nbsp;sud-est&nbsp;\u00bb a, dans le cadre de cet \u00e9v\u00e9nement, longtemps laiss\u00e9 les astronomes modernes perplexes&nbsp;: le r\u00e9manent logique de la supernova correspondant \u00e0 l&rsquo;\u00e9toile invit\u00e9e est la&nbsp;n\u00e9buleuse du Crabe. Or celle-ci n&rsquo;est pas situ\u00e9e au sud-est de \u03b6&nbsp;Tauri, mais dans la direction oppos\u00e9e, au nord-ouest.<\/span><\/p>\n<h4 style=\"text-align: justify;\"><em><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\"><strong>La distance angulaire<\/strong><\/span><\/em><\/h4>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">Le terme de \u00ab&nbsp;peut-\u00eatre \u00e0 quelques pouces&nbsp;\u00bb (<em>ke chi cun<\/em>&nbsp;dans sa translitt\u00e9ration latine) est relativement peu commun dans les documents astronomiques chinois. Le premier terme&nbsp;<em>ke<\/em>&nbsp;est traduit par \u00ab&nbsp;approximativement&nbsp;\u00bb ou \u00ab&nbsp;peut-\u00eatre&nbsp;\u00bb, cette derni\u00e8re traduction \u00e9tant celle actuellement favoris\u00e9e. Le second terme,&nbsp;<em>chi<\/em>, signifie \u00ab&nbsp;plusieurs&nbsp;\u00bb, et plus sp\u00e9cifiquement tout nombre situ\u00e9 entre 3 et 9 (bornes comprises). Enfin,&nbsp;<em>cun<\/em>&nbsp;s&rsquo;apparente \u00e0 une unit\u00e9 de mesure d&rsquo;angle traduite par le terme \u00ab&nbsp;pouce&nbsp;\u00bb. Elle fait partie d&rsquo;un groupe de trois unit\u00e9s angulaires, le&nbsp;<em>zhang<\/em>&nbsp;(aussi traduit&nbsp;<em>chang<\/em>), le&nbsp;<em>chi<\/em>&nbsp;(\u00ab&nbsp;pied&nbsp;\u00bb) et le&nbsp;<em>cun<\/em>&nbsp;(\u00ab&nbsp;pouce&nbsp;\u00bb). Les diff\u00e9rents documents astronomiques indiquent sans gu\u00e8re de discussion possible qu&rsquo;un&nbsp;<em>zhang<\/em>&nbsp;correspond \u00e0 dix&nbsp;<em>chi<\/em>, et qu&rsquo;un&nbsp;<em>chi<\/em>&nbsp;correspond \u00e0 dix&nbsp;<em>cun<\/em>. Ces unit\u00e9s angulaires ne sont pas celles utilis\u00e9es pour d\u00e9terminer les coordonn\u00e9es des \u00e9toiles, qui sont donn\u00e9es en termes de&nbsp;<em>du<\/em>, une&nbsp;unit\u00e9 d&rsquo;angle&nbsp;correspondant \u00e0 la distance angulaire moyenne parcourue par le Soleil en un jour, qui correspond par construction \u00e0 environ 360\/365,25 degr\u00e9, soit \u00e0 peine moins d&rsquo;un degr\u00e9. Le choix de l&rsquo;utilisation d&rsquo;unit\u00e9s d&rsquo;angle diff\u00e9rentes peut surprendre, mais n&rsquo;est gu\u00e8re diff\u00e9rent de la situation pr\u00e9sente en astronomie moderne, o\u00f9 l&rsquo;unit\u00e9 d&rsquo;angle utilis\u00e9e pour mesurer les distances angulaires entre deux points est certes la m\u00eame que celle de la&nbsp;d\u00e9clinaison&nbsp;(le degr\u00e9), mais diff\u00e8re de celle de l&rsquo;ascension droite&nbsp;(qui est exprim\u00e9 en heure d&rsquo;angle, une heure d&rsquo;angle correspondant \u00e0 exactement 15&nbsp;degr\u00e9s). En astronomie chinoise, ascension droite et d\u00e9clinaison ont la m\u00eame unit\u00e9, qui n&rsquo;est pas celle utilis\u00e9e par ailleurs pour les autres distances angulaires. La raison de ce choix d&rsquo;unit\u00e9s diff\u00e9rentes dans le monde chinois n&rsquo;est pas bien connue.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">La valeur exacte de ces nouvelles unit\u00e9s (<em>zhang<\/em>,&nbsp;<em>chi<\/em>,&nbsp;<em>cun<\/em>) n&rsquo;est par contre jamais explicitement pr\u00e9cis\u00e9e, mais peut \u00eatre d\u00e9duite par leur contexte d&rsquo;utilisation. Par exemple, le tr\u00e8s spectaculaire passage de la com\u00e8te de Halley de l&rsquo;an 837 indique que la queue de la com\u00e8te mesurait 8&nbsp;<em>zhang<\/em>. S&rsquo;il n&rsquo;est pas possible de conna\u00eetre la taille angulaire de la com\u00e8te lors de ce passage, il est en tout \u00e9tat de cause certain que 8&nbsp;<em>zhang<\/em>&nbsp;correspondent \u00e0 au plus 180 degr\u00e9s (angle maximal visible sur la sph\u00e8re c\u00e9leste), ce qui implique qu&rsquo;un&nbsp;<em>zhang<\/em>&nbsp;ne puisse gu\u00e8re exc\u00e9der 20 degr\u00e9s, et par voie de cons\u00e9quence un&nbsp;<em>cun<\/em>&nbsp;0,2 degr\u00e9. Une estimation plus rigoureuse a \u00e9t\u00e9 faite \u00e0 partir de 1972 sur la base des mentions des s\u00e9parations minimales exprim\u00e9es en&nbsp;<em>chi<\/em>&nbsp;ou en&nbsp;<em>cun<\/em>&nbsp;entre deux astres lors de diverses conjonctions<sup>31<\/sup>. Les r\u00e9sultats obtenus sugg\u00e8rent qu&rsquo;un&nbsp;<em>cun<\/em>&nbsp;est compris entre 0,1 et 0,2 degr\u00e9, et qu&rsquo;un&nbsp;<em>chi<\/em>&nbsp;est compris entre 0,44 et 2,8 degr\u00e9s, fourchette compatible avec les estimations pour un&nbsp;<em>cun<\/em>. Faute d&rsquo;estimation plus solide, il est g\u00e9n\u00e9ralement admis qu&rsquo;un&nbsp;<em>chi<\/em>&nbsp;est de l&rsquo;ordre d&rsquo;un degr\u00e9 (ou un&nbsp;<em>du<\/em>), et qu&rsquo;un&nbsp;<em>cun<\/em>&nbsp;est de l&rsquo;ordre d&rsquo;un dixi\u00e8me de degr\u00e9. L&rsquo;expression \u00ab&nbsp;peut-\u00eatre \u00e0 quelques pouces&nbsp;\u00bb sugg\u00e8re donc une distance angulaire de l&rsquo;ordre d&rsquo;un degr\u00e9 ou moins.<\/span><\/p>\n<h4 style=\"text-align: justify;\"><em><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\"><strong>La direction<\/strong><\/span><\/em><\/h4>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">Si tous les \u00e9l\u00e9ments disponibles sugg\u00e8rent fortement que l&rsquo;\u00e9toile de 1054 fut une supernova, et qu&rsquo;au voisinage de l&rsquo;endroit o\u00f9 l&rsquo;\u00e9toile est apparue se trouve un r\u00e9manent de supernova qui poss\u00e8de toutes les caract\u00e9ristiques attendues pour un objet \u00e2g\u00e9 d&rsquo;environ 1&nbsp;000&nbsp;ans, un probl\u00e8me de taille se pose&nbsp;: le nouvel astre est d\u00e9crit comme \u00e9tant au sud-est de&nbsp;<em>Tianguan<\/em>, alors que la n\u00e9buleuse du Crabe est au nord-est. Ce probl\u00e8me est connu depuis les ann\u00e9es 1940 et est longtemps rest\u00e9 sans r\u00e9ponse. En&nbsp;1972&nbsp;par exemple, Ho Peng Yoke et ses collaborateurs ont sugg\u00e9r\u00e9 que la n\u00e9buleuse du Crabe n&rsquo;\u00e9tait pas le produit de l&rsquo;explosion de 1054, mais que le vrai r\u00e9manent \u00e9tait comme indiqu\u00e9 dans plusieurs sources chinoises au sud-est. Pour cela, ils envisagent que l&rsquo;unit\u00e9 angulaire&nbsp;<em>cun<\/em>&nbsp;correspond \u00e0 un angle non n\u00e9gligeable de 1 ou 2 degr\u00e9s, la distance du r\u00e9manent \u00e0 \u03b6&nbsp;Tauri \u00e9tant alors consid\u00e9rable. Outre le fait que cette hypoth\u00e8se est incoh\u00e9rente avec les grandes tailles angulaires de certaines com\u00e8tes, exprim\u00e9es en&nbsp;<em>zhang<\/em>, elle se heurte au fait qu&rsquo;il n&rsquo;y aurait pas de raisons valables de mesurer l&rsquo;\u00e9cart entre l&rsquo;\u00e9toile invit\u00e9e et une \u00e9toile situ\u00e9e aussi loin d&rsquo;elle, alors que d&rsquo;autres ast\u00e9rismes seraient plus proches.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">Dans leur article pol\u00e9mique (voir plus haut), Collins et ses collaborateurs font une autre suggestion&nbsp;: au matin du 4 juillet, l&rsquo;\u00e9toile \u03b6&nbsp;Tauri \u00e9tait trop peu lumineuse et trop basse sur l&rsquo;horizon pour \u00eatre visible. Si l&rsquo;\u00e9toile invit\u00e9e, situ\u00e9e \u00e0 proximit\u00e9 \u00e9tait visible, c&rsquo;est uniquement parce que son \u00e9clat \u00e9tait comparable \u00e0 V\u00e9nus. Par contre, il y avait une autre \u00e9toile, plus brillante et plus haute sur l&rsquo;horizon, qui \u00e9tait \u00e9ventuellement visible, \u00e0 savoir&nbsp;\u03b2&nbsp;Tauri. Cette \u00e9toile est situ\u00e9e \u00e0 environ 8 degr\u00e9s au nord-nord-ouest de \u03b6&nbsp;Tauri. La n\u00e9buleuse du Crabe est, elle, au sud-sud-est de \u03b2&nbsp;Tauri. Collins&nbsp;<em>et al.<\/em>&nbsp;sugg\u00e8rent ainsi que lors de la d\u00e9couverte, l&rsquo;\u00e9toile ait \u00e9t\u00e9 vue au sud-est de \u03b2&nbsp;Tauri, et qu&rsquo;\u00e0 mesure que les jours passaient et que les conditions de visibilit\u00e9 s&rsquo;am\u00e9lioraient, les astronomes aient observ\u00e9 qu&rsquo;elle \u00e9tait en r\u00e9alit\u00e9 bien plus proche de \u03b6&nbsp;Tauri, mais que la direction \u00ab&nbsp;sud-est&nbsp;\u00bb de la premi\u00e8re \u00e9toile utilis\u00e9e en r\u00e9f\u00e9rence ait \u00e9t\u00e9 conserv\u00e9e par erreur.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">La solution au probl\u00e8me de direction fut sugg\u00e9r\u00e9e (sans preuves) par&nbsp;A. Breen&nbsp;et&nbsp;D. McCarthy&nbsp;en 1995&nbsp;et prouv\u00e9e de fa\u00e7on convaincante par&nbsp;F. R. Stephenson&nbsp;et&nbsp;D. A. Green. Le terme \u00ab&nbsp;monter la garde&nbsp;\u00bb signifie une proximit\u00e9 entre les deux astres, mais implique aussi une orientation g\u00e9n\u00e9rale&nbsp;: une \u00e9toile invit\u00e9e \u00ab&nbsp;montant la garde&nbsp;\u00bb d&rsquo;une \u00e9toile fixe est syst\u00e9matiquement situ\u00e9e au-dessus de celle-ci. Pour \u00e9tayer cette th\u00e8se, Stephenson et Green ont \u00e9tudi\u00e9 d&rsquo;autres entr\u00e9es du&nbsp;<em>Song Shi<\/em>, qui comportent elles aussi la mention de \u00ab&nbsp;monter la garde&nbsp;\u00bb. Ils ont s\u00e9lectionn\u00e9 les entr\u00e9es relatant des conjonctions entre des \u00e9toiles identifi\u00e9es et des plan\u00e8tes, dont la trajectoire peut \u00eatre calcul\u00e9e sans difficult\u00e9 et avec une tr\u00e8s grande pr\u00e9cision aux dates indiqu\u00e9es. Sur les 18 conjonctions analys\u00e9es, s&rsquo;\u00e9talant de 1172 (conjonction Jupiter-\u03b1&nbsp;Leonis&nbsp;le 5 d\u00e9cembre) \u00e0&nbsp;1245&nbsp;(conjonction&nbsp;Saturne-\u03b3&nbsp;Virginis&nbsp;le 17 mai), la plan\u00e8te \u00e9tait plus au nord&nbsp;dans&nbsp;15 cas, et dans les trois cas restants n&rsquo;\u00e9tait jamais dans le&nbsp;quadrant&nbsp;sud de l&rsquo;\u00e9toile. Par ailleurs. F.&nbsp;R.&nbsp;Stephenson et un autre collaborateur,&nbsp;David H. Clark&nbsp;avaient d\u00e9j\u00e0 mis en \u00e9vidence une telle inversion de direction dans une conjonction plan\u00e9taire&nbsp;: le&nbsp;13 septembre 1253, une entr\u00e9e du trait\u00e9 astronomique du&nbsp;<em>Koryo-sa<\/em>&nbsp;indique que&nbsp;Mars&nbsp;avait cach\u00e9 l&rsquo;\u00e9toile sud-est de la loge lunaire&nbsp;<em>Yugui<\/em>&nbsp;(\u03b4&nbsp;Cancri), alors qu&rsquo;elle s&rsquo;\u00e9tait en r\u00e9alit\u00e9 approch\u00e9e de l&rsquo;\u00e9toile nord-ouest de l&rsquo;ast\u00e9risme (\u03b7&nbsp;Cancri).<\/span><\/p>\n<h4 style=\"text-align: justify;\"><em><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\"><strong>L&rsquo;identification moderne de la supernova<\/strong><\/span><\/em><\/h4>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">\u00c0 l&rsquo;\u00e9poque moderne, c&rsquo;est entre les ann\u00e9es 1920 et 1940 que l&rsquo;\u00e9toile invit\u00e9e de 1054 fut identifi\u00e9e comme \u00e9tant une supernova. En&nbsp;1921, c&rsquo;est d&rsquo;abord&nbsp;Carl Otto Lampland&nbsp;qui annonce avoir observ\u00e9 des changements dans la structure de la n\u00e9buleuse du Crabe. Cette annonce se produit \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 la nature de l&rsquo;ensemble des n\u00e9bulosit\u00e9s observ\u00e9es dans le ciel est totalement inconnue. Leur nature, leur taille et leur distance sont sujettes \u00e0 d\u00e9bats. Observer des changements dans de tels objets permet de d\u00e9terminer si leur extension spatiale est \u00ab&nbsp;petite&nbsp;\u00bb ou \u00ab&nbsp;grande&nbsp;\u00bb, au sens o\u00f9 un objet aussi vaste que notre Voie lact\u00e9e ne peut voir son aspect changer notablement en l&rsquo;espace de quelques ann\u00e9es, alors que de tels changements sont envisageables si la taille de l&rsquo;objet n&rsquo;exc\u00e8de pas quelques ann\u00e9es-lumi\u00e8re. Les dires de Lampland furent confirm\u00e9s quelques semaines plus tard par&nbsp;John Charles Duncan, astronome \u00e0 l&rsquo;observatoire du Mont Wilson. Celui-ci b\u00e9n\u00e9ficiant d&rsquo;un mat\u00e9riel photographique qui n&rsquo;avait pas chang\u00e9 depuis 1909 et qui rendait de fait plus facile la comparaison avec des clich\u00e9s plus anciens, mit en \u00e9vidence un mouvement g\u00e9n\u00e9ral d&rsquo;expansion de la n\u00e9buleuse, le d\u00e9placement de certains de ses points les \u00e9loignant syst\u00e9matiquement du centre et ce d&rsquo;autant plus vite qu&rsquo;ils en \u00e9taient \u00e9loign\u00e9s.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">Toujours en&nbsp;1921,&nbsp;Knut Lundmark&nbsp;entreprend de compiler les donn\u00e9es sur les \u00ab&nbsp;\u00e9toiles invit\u00e9es&nbsp;\u00bb mentionn\u00e9es dans les chroniques du monde chinois connues des Occidentaux<sup>2<\/sup>. Il se fonde pour cela sur des travaux ant\u00e9rieurs ayant analys\u00e9 diverses sources, telles le&nbsp;<em>Wenxian Tongkao<\/em>, pour la premi\u00e8re fois \u00e9tudi\u00e9 d&rsquo;un point de vue astronomique par l&rsquo;astronome fran\u00e7ais&nbsp;Jean-Baptiste Biot&nbsp;vers le milieu du&nbsp;XIX<sup>e<\/sup>&nbsp;si\u00e8cle, aid\u00e9 en cela de son fils&nbsp;\u00c9douard Biot, sinologue. Lundmark donne une liste de 60 \u00ab&nbsp;novas possibles&nbsp;\u00bb (<em>suspected novae<\/em>), terme g\u00e9n\u00e9rique pour d\u00e9signer une explosion stellaire, recouvrant en r\u00e9alit\u00e9 deux ph\u00e9nom\u00e8nes bien distincts, les&nbsp;novae&nbsp;et les supernovae. La nova de 1054, d\u00e9j\u00e0 mentionn\u00e9e par les Biot en&nbsp;1843, fait partie de sa liste. Il pr\u00e9cise en note de bas de page que la localisation de cette \u00e9toile invit\u00e9e est \u00ab&nbsp;pr\u00e8s de NGC 1952&nbsp;\u00bb, un des noms de la n\u00e9buleuse du Crabe, mais ne semble pas proposer explicitement de lien entre les deux.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">En 1928,&nbsp;Edwin Hubble&nbsp;est le premier \u00e0 noter que l&rsquo;aspect changeant de la n\u00e9buleuse du Crabe, dont la taille augmente, sugg\u00e8re qu&rsquo;il s&rsquo;agisse des restes d&rsquo;une explosion stellaire. Il r\u00e9alise que la rapidit\u00e9 du changement de taille apparente de la n\u00e9buleuse signifie que l&rsquo;explosion qui lui a donn\u00e9 naissance remonte \u00e0 neuf si\u00e8cles seulement, ce qui met la date de l&rsquo;explosion dans la p\u00e9riode couverte par la compilation de Lundmark. Il note par ailleurs que la seule nova possible recens\u00e9e au voisinage de la constellation du Taureau (o\u00f9 se trouve la n\u00e9buleuse) est celle de 1054, dont l&rsquo;\u00e2ge estim\u00e9 correspond pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 une explosion datant du d\u00e9but du second mill\u00e9naire. Hubble en d\u00e9duit donc, \u00e0 raison, que cette n\u00e9buleuse est effectivement le reste de cette explosion observ\u00e9e par les astronomes du monde chinois. La remarque de Hubble reste relativement confidentielle, le ph\u00e9nom\u00e8ne physique de l&rsquo;explosion n&rsquo;\u00e9tant \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque pas connu. C&rsquo;est onze ans plus tard, alors que le fait que les supernov\u00e6 sont des ph\u00e9nom\u00e8nes extr\u00eamement lumineux a \u00e9t\u00e9 mis en \u00e9vidence par&nbsp;Walter Baade&nbsp;et&nbsp;Fritz Zwicky&nbsp;et que leur nature a \u00e9t\u00e9 sugg\u00e9r\u00e9e par Zwicky&nbsp;que&nbsp;Nicholas U. Mayall&nbsp;propose que l&rsquo;\u00e9toile de 1054 soit en r\u00e9alit\u00e9 une supernova, se fondant pour cela sur la vitesse d&rsquo;expansion de la n\u00e9buleuse mesur\u00e9e par spectroscopie, qui permet de d\u00e9terminer sa taille physique et sa distance, qu&rsquo;il estime \u00e0 5&nbsp;000&nbsp;ann\u00e9es-lumi\u00e8re. Se basant sur la mention de l&rsquo;\u00e9clat de l&rsquo;\u00e9toile figurant sur les premiers documents d\u00e9couverts en 1934, il en d\u00e9duit que l&rsquo;\u00e9clat de l&rsquo;astre en fait bien plus probablement une supernova qu&rsquo;une nova.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">Ce diagnostic s&rsquo;affinera par la suite, ce qui poussera en&nbsp;1942&nbsp;Mayall et&nbsp;Jan Oort&nbsp;\u00e0 analyser plus avant les t\u00e9moignages historiques relatant l&rsquo;apparition de l&rsquo;\u00e9toile invit\u00e9e (voir section&nbsp;Recueil des t\u00e9moignages historiques&nbsp;ci-dessus). Ces nouveaux t\u00e9moignages, globalement concordants entre eux, confirmeront les conclusions initiales obtenues par Mayall et Oort en 1939 et l&rsquo;identification de l&rsquo;\u00e9toile invit\u00e9e de 1054 sera consid\u00e9r\u00e9e comme \u00e9tablie au-del\u00e0 de tout doute raisonnable. Toutes les supernovas historiques ne jouissent pas d&rsquo;un tel statut&nbsp;: les supernovas du premier mill\u00e9naire (SN&nbsp;185,&nbsp;SN&nbsp;386&nbsp;et&nbsp;SN&nbsp;393) ne sont \u00e9tablies que sur la base d&rsquo;un seul document \u00e0 chaque fois, et dont la pr\u00e9cision demeure insatisfaisante&nbsp;; quant \u00e0 la supernova historique suppos\u00e9e qui a suivi celle de 1054,&nbsp;SN&nbsp;1181, il existe des doutes l\u00e9gitimes quant \u00e0 l&rsquo;association entre le r\u00e9manent pressenti (3C58) et un objet qui aurait moins de 1.000&nbsp;ans d&rsquo;\u00e2ge. Les autres supernov\u00e6 historiques dont il existe des t\u00e9moignages \u00e9crits ant\u00e9rieurs \u00e0 l&rsquo;invention du&nbsp;t\u00e9lescope&nbsp;(SN&nbsp;1006,&nbsp;SN&nbsp;1572&nbsp;et&nbsp;SN&nbsp;1604) sont \u00e0 l&rsquo;inverse \u00e9tablies avec certitude.<\/span><\/p>\n<h4 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\"><strong>Importance dans l&rsquo;histoire de l&rsquo;astronomie contemporaine<\/strong><\/span><\/h4>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">SN 1054 s&rsquo;est plusieurs fois immisc\u00e9e, parfois de fa\u00e7on fortuite, dans l&rsquo;histoire de l&rsquo;astronomie.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">Son r\u00e9manent, la n\u00e9buleuse du Crabe est l&rsquo;une des premi\u00e8res \u00e0 \u00eatre d\u00e9couverte, en 1731, par&nbsp;John Bevis.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">En&nbsp;1757,&nbsp;Alexis Clairaut&nbsp;reprend les calculs d&rsquo;Edmund Halley&nbsp;et pr\u00e9dit le retour de la&nbsp;com\u00e8te de Halley&nbsp;vers fin 1758 (plus pr\u00e9cis\u00e9ment, il pr\u00e9dit son passage au&nbsp;p\u00e9rih\u00e9lie&nbsp;au printemps&nbsp;1759, le d\u00e9but de sa p\u00e9riode de visibilit\u00e9 commen\u00e7ant quelques mois plus t\u00f4t). La com\u00e8te devait appara\u00eetre dans le ciel dans la&nbsp;constellation&nbsp;du&nbsp;Taureau. C&rsquo;est en cherchant en vain la com\u00e8te que&nbsp;Charles Messier&nbsp;crut la d\u00e9couvrir, alors qu&rsquo;il observait en r\u00e9alit\u00e9 la n\u00e9buleuse du Crabe, issue de l&rsquo;explosion de&nbsp;SN 1054. Apr\u00e8s quelque temps d&rsquo;observation, notant que l&rsquo;objet qu&rsquo;il avait observ\u00e9 ne se d\u00e9pla\u00e7ait pas dans le ciel, Messier conclut qu&rsquo;il avait pris par erreur cet objet pour la com\u00e8te, et r\u00e9alisa l&rsquo;utilit\u00e9 d&rsquo;\u00e9tablir un catalogue d&rsquo;objets c\u00e9lestes d&rsquo;aspect n\u00e9buleux mais fixes dans le ciel, afin d&rsquo;\u00e9viter de les assimiler par erreur \u00e0 des com\u00e8tes.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">William Herschel&nbsp;observe de nombreuses fois la n\u00e9buleuse entre&nbsp;1783&nbsp;et&nbsp;1809, sans que l&rsquo;on sache s&rsquo;il en connaissait l&rsquo;existence en 1783 ou s&rsquo;il la d\u00e9couvre ind\u00e9pendamment de Messier et Bevis. Apr\u00e8s plusieurs observations, il conclut qu&rsquo;elle est compos\u00e9e d&rsquo;une agglom\u00e9ration d&rsquo;\u00e9toiles.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">En&nbsp;1844,&nbsp;William Parsons&nbsp;est le premier \u00e0 effectuer un croquis de la n\u00e9buleuse, qu&rsquo;il d\u00e9nomme \u00e0 partir de&nbsp;1848&nbsp;\u00ab&nbsp;n\u00e9buleuse du Crabe&nbsp;\u00bb. Bien que l&rsquo;apparence du dessin sugg\u00e8re plus un insecte qu&rsquo;un crustac\u00e9, le terme de \u00ab&nbsp;Crabe&nbsp;\u00bb sera vite adopt\u00e9.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">En&nbsp;1913, lorsque&nbsp;Vesto Slipher&nbsp;enregistre son&nbsp;spectre, la n\u00e9buleuse du crabe sera encore une fois l&rsquo;un des premiers objets \u00e9tudi\u00e9s. L&rsquo;astronome am\u00e9ricain note tout de suite ses caract\u00e9ristiques uniques.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">L&rsquo;aspect changeant de la n\u00e9buleuse, sugg\u00e9rant un objet de petite taille, est r\u00e9v\u00e9l\u00e9 par&nbsp;Carl Otto Lampland&nbsp;en&nbsp;1921. La m\u00eame ann\u00e9e,&nbsp;John Charles Duncan&nbsp;d\u00e9montre qu&rsquo;elle est en expansion, pendant que&nbsp;Knut Lundmark&nbsp;mentionne sa proximit\u00e9 avec l&rsquo;\u00e9toile invit\u00e9e de 1054, mais sans mentionner les remarques de ces deux confr\u00e8res.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">En&nbsp;1928,&nbsp;Edwin Hubble&nbsp;propose d&rsquo;associer la n\u00e9buleuse \u00e0 l&rsquo;\u00e9toile de 1054 (voir ci-dessus), une id\u00e9e qui reste confidentielle jusqu&rsquo;\u00e0 ce que la nature des supernovas soit comprise, et c&rsquo;est Nicholas Mayall qui indique que l&rsquo;\u00e9toile de 1054 \u00e9tait sans doute une supernova dont la n\u00e9buleuse du Crabe est le produit de l&rsquo;explosion. La recherche des supernovas historiques commence \u00e0 ce moment-l\u00e0&nbsp;: sept autres seront ainsi trouv\u00e9es \u00e0 partir des observations modernes de r\u00e9manents et de l&rsquo;\u00e9tude de documents astronomiques des si\u00e8cles pass\u00e9s, la plus ancienne supernova historique identifi\u00e9e,&nbsp;SN 185, remontant \u00e0 la fin du&nbsp;II<sup>e<\/sup>&nbsp;si\u00e8cle.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">En 1949 la n\u00e9buleuse est une des toutes premi\u00e8res-radiosource \u00e0 \u00eatre associ\u00e9e \u00e0 une contrepartie optique.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">Dans le courant des&nbsp;ann\u00e9es 1960, qui virent la pr\u00e9diction puis la d\u00e9couverte des&nbsp;pulsars, la n\u00e9buleuse du Crabe devint \u00e0 nouveau un centre d&rsquo;int\u00e9r\u00eat majeur. C&rsquo;est l\u00e0 que&nbsp;Franco Pacini&nbsp;y pr\u00e9dit pour la premi\u00e8re fois l&rsquo;existence d&rsquo;une&nbsp;\u00e9toile \u00e0 neutrons, seule \u00e0 m\u00eame d&rsquo;expliquer l&rsquo;\u00e9clairement de la n\u00e9buleuse. Cette \u00e9toile \u00e0 neutrons fut observ\u00e9e peu apr\u00e8s, en 1968, confirmation \u00e9clatante de la th\u00e9orie de la formation de ces objets lors de certaines explosions de supernovas. La d\u00e9couverte du pulsar du Crabe, et la connaissance de son \u00e2ge exact (quasiment au jour pr\u00e8s) permit de v\u00e9rifier les consid\u00e9rations de base sur la physique de ces objets, telles les concepts d&rsquo;\u00e2ge caract\u00e9ristique, de&nbsp;luminosit\u00e9 de ralentissement, et les ordres de grandeurs (taille, et&nbsp;champ magn\u00e9tique&nbsp;notamment) qui y sont \u00e0 l&rsquo;\u0153uvre, ainsi que divers aspects relatifs \u00e0 la dynamique de son r\u00e9manent. Ce r\u00f4le particulier de cette supernova fut d&rsquo;autant plus crucial qu&rsquo;aucune autre&nbsp;supernova historique&nbsp;n&rsquo;a donn\u00e9 naissance \u00e0 un pulsar dont on connaitrait ainsi l&rsquo;\u00e2ge de fa\u00e7on pr\u00e9cise et certaine. La seule exception possible \u00e0 cette r\u00e8gle serait&nbsp;SN 1181&nbsp;dont le r\u00e9manent suppos\u00e9,&nbsp;3C58, abrite un pulsar, mais dont l&rsquo;identification avec les observations chinoises de 1181 est parfois contest\u00e9e.<\/span><\/p>\n<table style=\"border-collapse: collapse; width: 100%;\">\n<tbody>\n<tr>\n<td style=\"width: 50%;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-5785\" src=\"http:\/\/gap47.astrosurf.com\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/Crabe-Composite.png\" alt=\"\" width=\"1050\" height=\"1052\" srcset=\"https:\/\/gap47.astrosurf.com\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/Crabe-Composite.png 1050w, https:\/\/gap47.astrosurf.com\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/Crabe-Composite-150x150.png 150w, https:\/\/gap47.astrosurf.com\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/Crabe-Composite-300x300.png 300w, https:\/\/gap47.astrosurf.com\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/Crabe-Composite-768x769.png 768w, https:\/\/gap47.astrosurf.com\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/Crabe-Composite-100x100.png 100w\" sizes=\"auto, (max-width: 767px) 89vw, (max-width: 1000px) 54vw, (max-width: 1071px) 543px, 580px\" \/><\/td>\n<td style=\"width: 50%;\"><span style=\"font-family: times new roman,times,serif;\"><em><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-5786\" src=\"http:\/\/gap47.astrosurf.com\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/Crabe-Rayons-X.png\" alt=\"\" width=\"1052\" height=\"1052\" srcset=\"https:\/\/gap47.astrosurf.com\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/Crabe-Rayons-X.png 1052w, https:\/\/gap47.astrosurf.com\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/Crabe-Rayons-X-150x150.png 150w, https:\/\/gap47.astrosurf.com\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/Crabe-Rayons-X-300x300.png 300w, https:\/\/gap47.astrosurf.com\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/Crabe-Rayons-X-768x768.png 768w, https:\/\/gap47.astrosurf.com\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/Crabe-Rayons-X-100x100.png 100w\" sizes=\"auto, (max-width: 767px) 89vw, (max-width: 1000px) 54vw, (max-width: 1071px) 543px, 580px\" \/><\/em><\/span><\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td style=\"width: 50%; text-align: center;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\"><em>La n\u00e9buleuse du Crabe en lumi\u00e8re \u201ccomposite\u201d\u2026<\/em><\/span><\/td>\n<td style=\"width: 50%; text-align: center;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\"><em>\u2026en rayons-X\u2026&nbsp;<\/em><em>o\u00f9 l\u2019on distingue tr\u00e8s bien le pulsar et le jet des gaz qui s\u2019en \u00e9chappent\u2026<\/em><\/span><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<table style=\"border-collapse: collapse; width: 100%;\">\n<tbody>\n<tr>\n<td style=\"width: 50%;\"><span style=\"font-family: times new roman,times,serif;\"><em><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-5787\" src=\"http:\/\/gap47.astrosurf.com\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/Crabe-UV.png\" alt=\"\" width=\"1050\" height=\"1046\" srcset=\"https:\/\/gap47.astrosurf.com\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/Crabe-UV.png 1050w, https:\/\/gap47.astrosurf.com\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/Crabe-UV-150x150.png 150w, https:\/\/gap47.astrosurf.com\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/Crabe-UV-300x300.png 300w, https:\/\/gap47.astrosurf.com\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/Crabe-UV-768x765.png 768w, https:\/\/gap47.astrosurf.com\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/Crabe-UV-100x100.png 100w\" sizes=\"auto, (max-width: 767px) 89vw, (max-width: 1000px) 54vw, (max-width: 1071px) 543px, 580px\" \/><\/em><\/span><\/td>\n<td style=\"width: 50%;\"><span style=\"font-family: times new roman,times,serif;\"><em><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-5788\" src=\"http:\/\/gap47.astrosurf.com\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/Crabe-Optique.png\" alt=\"\" width=\"1052\" height=\"1052\" srcset=\"https:\/\/gap47.astrosurf.com\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/Crabe-Optique.png 1052w, https:\/\/gap47.astrosurf.com\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/Crabe-Optique-150x150.png 150w, https:\/\/gap47.astrosurf.com\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/Crabe-Optique-300x300.png 300w, https:\/\/gap47.astrosurf.com\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/Crabe-Optique-768x768.png 768w, https:\/\/gap47.astrosurf.com\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/Crabe-Optique-100x100.png 100w\" sizes=\"auto, (max-width: 767px) 89vw, (max-width: 1000px) 54vw, (max-width: 1071px) 543px, 580px\" \/><\/em><\/span><\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td style=\"width: 50%;\">\n<p style=\"margin: 0cm; text-align: center;\" align=\"center\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\"><em><span style=\"color: #47201f; background: white;\">\u2026 en ultraviolet\u2026<\/span><\/em><\/span><\/p>\n<\/td>\n<td style=\"width: 50%; text-align: center;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\"><em>\u2026 en lumi\u00e8re visible \u2026<\/em><\/span><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<table style=\"border-collapse: collapse; width: 100%;\">\n<tbody>\n<tr>\n<td style=\"width: 50%;\"><span style=\"font-family: times new roman,times,serif;\"><em><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-5789\" src=\"http:\/\/gap47.astrosurf.com\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/Crabe-Infrarouge.png\" alt=\"\" width=\"1050\" height=\"1050\" srcset=\"https:\/\/gap47.astrosurf.com\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/Crabe-Infrarouge.png 1050w, https:\/\/gap47.astrosurf.com\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/Crabe-Infrarouge-150x150.png 150w, https:\/\/gap47.astrosurf.com\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/Crabe-Infrarouge-300x300.png 300w, https:\/\/gap47.astrosurf.com\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/Crabe-Infrarouge-768x768.png 768w, https:\/\/gap47.astrosurf.com\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/Crabe-Infrarouge-100x100.png 100w\" sizes=\"auto, (max-width: 767px) 89vw, (max-width: 1000px) 54vw, (max-width: 1071px) 543px, 580px\" \/><\/em><\/span><\/td>\n<td style=\"width: 50%;\"><span style=\"font-family: times new roman,times,serif;\"><em><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-5790\" src=\"http:\/\/gap47.astrosurf.com\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/Crabe-Ondes-radio.png\" alt=\"\" width=\"1050\" height=\"1050\" srcset=\"https:\/\/gap47.astrosurf.com\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/Crabe-Ondes-radio.png 1050w, https:\/\/gap47.astrosurf.com\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/Crabe-Ondes-radio-150x150.png 150w, https:\/\/gap47.astrosurf.com\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/Crabe-Ondes-radio-300x300.png 300w, https:\/\/gap47.astrosurf.com\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/Crabe-Ondes-radio-768x768.png 768w, https:\/\/gap47.astrosurf.com\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/Crabe-Ondes-radio-100x100.png 100w\" sizes=\"auto, (max-width: 767px) 89vw, (max-width: 1000px) 54vw, (max-width: 1071px) 543px, 580px\" \/><\/em><\/span><\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td style=\"width: 50%; text-align: center;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\"><em>\u2026 en infrarouge\u2026<\/em><\/span><\/td>\n<td style=\"width: 50%; text-align: center;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\"><em>\u2026 et en ondes radio<\/em><\/span><\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p style=\"text-align: center;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-5797 aligncenter\" src=\"http:\/\/gap47.astrosurf.com\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/M1-X-rays.jpg\" alt=\"\" width=\"2001\" height=\"1716\" srcset=\"https:\/\/gap47.astrosurf.com\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/M1-X-rays.jpg 2001w, https:\/\/gap47.astrosurf.com\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/M1-X-rays-300x257.jpg 300w, https:\/\/gap47.astrosurf.com\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/M1-X-rays-768x659.jpg 768w, https:\/\/gap47.astrosurf.com\/wp-content\/uploads\/2017\/11\/M1-X-rays-1399x1200.jpg 1399w\" sizes=\"auto, (max-width: 767px) 89vw, (max-width: 1000px) 54vw, (max-width: 1071px) 543px, 580px\" \/><em><span style=\"font-size: 20px;\"><span style=\"font-family: times new roman,times,serif;\">Agrandissement de l&rsquo;image prise en rayons-X par le t\u00e9lescope Chandra <\/span><span style=\"font-family: times new roman,times,serif;\">\u2191<\/span><\/span><\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><em><span style=\"font-size: 20px;\"><span style=\"font-family: times new roman,times,serif;\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/gap47.astrosurf.com\/wp-content\/uploads\/2018\/01\/M1-timelapse.gif\"><\/span><\/span><\/em><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif;\"><i><span style=\"font-size: 15.0pt; color: #47201f; background: white;\">Une animation (time lapse), de dix clich\u00e9s r\u00e9alis\u00e9s de 2008 \u00e0 2017 avec le m\u00eame t\u00e9lescope, situ\u00e9 en Allemagne<\/span><\/i><\/span><i><\/i><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 20px;\">Ce time-lapse est exceptionnel. C\u2019est le r\u00e9sultat d\u2019un travail de 10 ans effectu\u00e9 par l\u2019astronome amateur allemand&nbsp;<strong>Detlef Hartmann<\/strong>. Il a photographi\u00e9 la n\u00e9buleuse du Crabe chaque ann\u00e9e \u00e0 la m\u00eame \u00e9poque (en septembre) entre 2008 et 2017 dans exactement les m\u00eames conditions d\u2019observation avec son t\u00e9lescope de 440 mm qu\u2019il a construit lui-m\u00eame.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 20px;\">Pour arriver \u00e0 ce r\u00e9sultat fascinant o\u00f9 l\u2019on peut r\u00e9ellement&nbsp;<strong>voir&nbsp;<\/strong>l\u2019expansion et l\u2019agitation du plasma entourant le pulsar qui est tapi au c\u0153ur de la n\u00e9buleuse, un \u00e9quivalent de 32 heures d\u2019exposition ont \u00e9t\u00e9 n\u00e9cessaires au total.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 20px;\">La n\u00e9buleuse du Crabe, aussi r\u00e9pertori\u00e9e M1 dans le catalogue de Messier, est le r\u00e9sidu de la supernova observ\u00e9e en 1054 par les astronomes chinois, une des plus anciennes supernovas dont nous ayons une trace \u00e9crite. Depuis 964 ans, le r\u00e9sidu de l\u2019explosion s\u2019\u00e9tend autour de l\u2019\u00e9toile \u00e0 neutron en rotation rapide qu\u2019a produite la supernova.&nbsp;<\/span><\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/gap47.astrosurf.com\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/Capture-de\u0301cran-2024-10-26-a\u0300-23.57.37.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-13054\" src=\"http:\/\/gap47.astrosurf.com\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/Capture-de\u0301cran-2024-10-26-a\u0300-23.57.37.png\" alt=\"\" width=\"1424\" height=\"1432\" srcset=\"https:\/\/gap47.astrosurf.com\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/Capture-de\u0301cran-2024-10-26-a\u0300-23.57.37.png 1424w, https:\/\/gap47.astrosurf.com\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/Capture-de\u0301cran-2024-10-26-a\u0300-23.57.37-298x300.png 298w, https:\/\/gap47.astrosurf.com\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/Capture-de\u0301cran-2024-10-26-a\u0300-23.57.37-1193x1200.png 1193w, https:\/\/gap47.astrosurf.com\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/Capture-de\u0301cran-2024-10-26-a\u0300-23.57.37-150x150.png 150w, https:\/\/gap47.astrosurf.com\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/Capture-de\u0301cran-2024-10-26-a\u0300-23.57.37-768x772.png 768w, https:\/\/gap47.astrosurf.com\/wp-content\/uploads\/2024\/10\/Capture-de\u0301cran-2024-10-26-a\u0300-23.57.37-100x100.png 100w\" sizes=\"auto, (max-width: 767px) 89vw, (max-width: 1000px) 54vw, (max-width: 1071px) 543px, 580px\" \/><\/a><\/p>\n<hr>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"font-size: 32px;\"><strong><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">N\u00e9buleuse du Crabe ou M1<\/span><\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #008000;\"><strong><em><span style=\"font-size: 24px; font-family: arial, helvetica, sans-serif;\">Compl\u00e9ment (parfois redondant) avec la premi\u00e8re partie<\/span><\/em><\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">La&nbsp;<strong>n\u00e9buleuse du Crabe<\/strong>&nbsp;(ou M1, NGC 1952, Taurus&nbsp;A, Taurus&nbsp;X-1, Sh2-244) est une&nbsp;n\u00e9buleuse de vent de pulsar&nbsp;(pl\u00e9rion) et un&nbsp;r\u00e9manent de supernova&nbsp;de la constellation du&nbsp;Taureau, du&nbsp;bras de Pers\u00e9e&nbsp;de la&nbsp;Voie lact\u00e9e. Elle r\u00e9sulte, avec son&nbsp;pulsar du Crabe&nbsp;central, de l&rsquo;explosion de l&rsquo;\u00e9toile massive SN 1054 en supernova historique, observ\u00e9e de juillet 1054 \u00e0 avril 1056 par les astronomes chinois de la dynastie Song.<\/span><\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\"><strong>Pr\u00e9sentation<\/strong><\/span><br \/>\n<span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">La n\u00e9buleuse est ensuite observ\u00e9e pour la premi\u00e8re fois en&nbsp;1731&nbsp;par&nbsp;John Bevis, puis en 1758 par Charles Messier, qui en fait le premier objet&nbsp;M1&nbsp;de son&nbsp;catalogue Messier. Son nom traditionnel remonte au&nbsp;XIX<sup>e<\/sup>&nbsp;si\u00e8cle, \u00e9poque o\u00f9&nbsp;William Parsons, troisi\u00e8me comte de Rosse, observe la n\u00e9buleuse au&nbsp;ch\u00e2teau de Birr&nbsp;(dans les&nbsp;ann\u00e9es 1840) et y fait r\u00e9f\u00e9rence sous le nom de n\u00e9buleuse du Crabe (en anglais&nbsp;<em>Crab nebula<\/em>), en raison d&rsquo;un dessin qu&rsquo;il en fait et qui ressemble \u00e0 un&nbsp;crabe. La n\u00e9buleuse du Crabe ne doit pas \u00eatre confondue avec la&nbsp;n\u00e9buleuse australe du Crabe&nbsp;(Hen2-104) avec sa ressemblance consid\u00e9r\u00e9e comme plus manifeste avec le crustac\u00e9 \u00e9ponyme.<\/span><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">Situ\u00e9e \u00e0 une distance de \u223c&nbsp;6.300&nbsp;a.l.&nbsp;(\u223c&nbsp;1.930&nbsp;pc) de la&nbsp;Terre, dans la&nbsp;constellation&nbsp;du&nbsp;Taureau, la n\u00e9buleuse a un diam\u00e8tre de \u223c&nbsp;10&nbsp;a.l.&nbsp;(\u223c&nbsp;3,07&nbsp;pc) et sa vitesse d&rsquo;expansion est de&nbsp;1.500&nbsp;km\/s, caract\u00e9ristiques typiques pour un r\u00e9manent de cet \u00e2ge. C&rsquo;est le premier objet astronomique \u00e0 avoir \u00e9t\u00e9 associ\u00e9 \u00e0 une explosion historique de supernova.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">La n\u00e9buleuse contient en son centre un&nbsp;pulsar, le&nbsp;pulsar du Crabe&nbsp;(ou&nbsp;PSR B0531+21) qui tourne sur lui-m\u00eame environ trente fois par seconde. Il s&rsquo;agit du pulsar le plus \u00e9nerg\u00e9tique connu, rayonnant environ 200.000 fois plus d\u2019\u00e9nergie que le Soleil, dans une gamme de fr\u00e9quence extr\u00eamement vaste, s&rsquo;\u00e9talant de 10&nbsp;m\u00e9gahertz&nbsp;\u00e0 plus de&nbsp;30&nbsp;GeV, soit pr\u00e8s de 18&nbsp;ordres de grandeurs. Le pulsar joue un r\u00f4le important dans la structure de la n\u00e9buleuse, \u00e9tant entre autres responsable de son \u00e9clairement central. Ce pulsar a \u00e9t\u00e9 photographi\u00e9, en 2023, par le&nbsp;t\u00e9lescope spatial James Webb, lors de son observation en&nbsp;infrarouge.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">Situ\u00e9e \u00e0 proximit\u00e9 imm\u00e9diate du&nbsp;plan de l&rsquo;\u00e9cliptique, la n\u00e9buleuse est aussi une source de radiations utile pour l&rsquo;\u00e9tude des corps c\u00e9lestes qui l&rsquo;occultent. Dans les&nbsp;ann\u00e9es 1950&nbsp;et&nbsp;1960, la&nbsp;couronne solaire&nbsp;a \u00e9t\u00e9 cartographi\u00e9e gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;observation des ondes radio de la n\u00e9buleuse du Crabe. Plus r\u00e9cemment, l&rsquo;\u00e9paisseur de l&rsquo;atmosph\u00e8re de&nbsp;Titan, la lune de&nbsp;Saturne, a \u00e9t\u00e9 mesur\u00e9e gr\u00e2ce aux&nbsp;rayons X&nbsp;de la n\u00e9buleuse.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\"><strong>Origine<\/strong><\/span><br \/>\n<span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">La n\u00e9buleuse du Crabe est observ\u00e9e pour la premi\u00e8re fois en 1731 par John Bevis. Elle est red\u00e9couverte ind\u00e9pendamment en 1758 par Charles Messier alors \u00e0 la recherche de la com\u00e8te de Halley dont la r\u00e9apparition devait se produire dans cette ann\u00e9e-l\u00e0, et dans cette r\u00e9gion du ciel. R\u00e9alisant qu&rsquo;il n&rsquo;avait en r\u00e9alit\u00e9 pas observ\u00e9 la com\u00e8te recherch\u00e9e, Messier a alors l&rsquo;id\u00e9e de r\u00e9aliser un catalogue de n\u00e9buleuses brillantes pour limiter les risques de confusion entre ces n\u00e9buleuses et les com\u00e8tes. Au d\u00e9but du XX<sup>e<\/sup>&nbsp;si\u00e8cle, l&rsquo;analyse des premi\u00e8res photographies de la n\u00e9buleuse prises \u00e0 quelques ann\u00e9es d&rsquo;intervalle r\u00e9v\u00e8le son expansion. Le calcul de la vitesse d&rsquo;expansion permet alors de d\u00e9duire que la n\u00e9buleuse a \u00e9t\u00e9 form\u00e9e environ 900&nbsp;ans plus t\u00f4t. Les recherches men\u00e9es dans les r\u00e9cits historiques ont permis d&rsquo;\u00e9tablir qu&rsquo;une nouvelle \u00e9toile suffisamment lumineuse pour \u00eatre visible le jour fut observ\u00e9e dans la m\u00eame portion du ciel par les astronomes chinois, japonais et arabes en 1054. \u00c9tant donn\u00e9 sa grande distance et son caract\u00e8re \u00e9ph\u00e9m\u00e8re, cette \u00ab&nbsp;nouvelle \u00e9toile&nbsp;\u00bb (ou \u00e9toile invit\u00e9e selon la terminologie asiatique) \u00e9tait en fait une supernova \u2014 une \u00e9toile massive en fin d&rsquo;\u00e9volution stellaire, ayant subi une explosion apr\u00e8s avoir \u00e9puis\u00e9 ses ressources en \u00e9nergie issue de la fusion nucl\u00e9aire.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"shrinkToFit\" src=\"https:\/\/upload.wikimedia.org\/wikipedia\/commons\/6\/65\/Wide_View_of_the_Crab_Nebula.jpg\" alt=\"https:\/\/upload.wikimedia.org\/wikipedia\/commons\/6\/65\/Wide_View_of_the_Crab_Nebula.jpg\" width=\"1127\" height=\"1097\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\"><em>Photos de l&rsquo;imageur grand champ du t\u00e9lescope de 2,2 m\u00e8tres de l&rsquo;Observatoire de l\u2019ESO \u00e0 La Silla, Chili<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">L&rsquo;analyse r\u00e9cente de ces textes historiques a montr\u00e9 que la supernova \u00e0 l&rsquo;origine de la n\u00e9buleuse du Crabe apparut probablement en avril ou d\u00e9but mai 1054, atteignant une magnitude apparente maximale comprise entre -5 et -3 en juillet 1054. Elle \u00e9tait alors plus lumineuse que tous les autres objets du ciel nocturne \u00e0 l&rsquo;exception de la Lune et du Soleil. L&rsquo;\u00e9v\u00e9nement est not\u00e9 dans les recueils chinois o\u00f9 l&rsquo;\u00e9toile a \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9e \u5929\u95dc\u5ba2\u661f (\u5929\u95dc: position c\u00e9leste dans le syst\u00e8me astronomique chinois traditionnel; \u5ba2: invit\u00e9; \u661f: \u00e9toile; mais \u5ba2\u661f dans l&rsquo;astronomie chinoise signifiait des \u00e9v\u00e8nements ou des astres dont les apparitions, voire les disparitions, n&rsquo;ont pas pu \u00eatre calcul\u00e9es et \u00e9tablies auparavant). Pendant 23&nbsp;jours, elle resta suffisamment lumineuse pour \u00eatre visible en plein jour. La supernova fut observable \u00e0 l&rsquo;\u0153il nu pendant environ deux ans apr\u00e8s sa premi\u00e8re observation. Gr\u00e2ce aux observations mentionn\u00e9es dans les textes d&rsquo;astronomes orientaux en 1054, la n\u00e9buleuse du Crabe est le premier objet astronomique dont le lien avec une explosion de supernova a pu \u00eatre \u00e9tabli.<\/span><\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\"><strong>Caract\u00e9ristiques physiques<\/strong><\/span><br \/>\n<span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">En lumi\u00e8re visible, la n\u00e9buleuse du Crabe est une large masse ovale de filaments, d&rsquo;une longueur d&rsquo;environ 6&nbsp;minutes d&rsquo;arc et d&rsquo;une largeur de 4&nbsp;minutes d&rsquo;arc, entourant une r\u00e9gion centrale diffuse bleue. Sa magnitude absolue est de -3 (correspondant environ \u00e0 la luminosit\u00e9 de 1000 soleils) et sa masse est d&rsquo;environ 5 masses solaires.<\/span><\/h3>\n<p style=\"text-align: center;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"mw-mmv-final-image jpg mw-mmv-dialog-is-open\" src=\"https:\/\/upload.wikimedia.org\/wikipedia\/commons\/a\/a1\/%22Crab_Nebula%22_M1.jpg\" alt=\"undefined\" width=\"1511\" height=\"932\" crossorigin=\"anonymous\"><em><span class=\"mw-mmv-title\" style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">Acquisition r\u00e9alis\u00e9e en pose courte<br \/>\n<\/span><\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"shrinkToFit\" src=\"https:\/\/upload.wikimedia.org\/wikipedia\/commons\/0\/0d\/The_Crab_Nebula_%28weic2326a%29.jpg\" alt=\"https:\/\/upload.wikimedia.org\/wikipedia\/commons\/0\/0d\/The_Crab_Nebula_%28weic2326a%29.jpg\" width=\"1260\" height=\"1097\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif;\"><em><span style=\"font-size: 20px;\"><span class=\"mw-mmv-title\">Image en infra-rouge et en haute r\u00e9solution, obtenue par le t\u00e9lescope spatial James Webb en 2023. <\/span>Au centre, on constate le pulsar et des rubans blancs de radiation<\/span><\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">Les filaments sont les restes de l&rsquo;atmosph\u00e8re de l&rsquo;\u00e9toile prog\u00e9nitrice et sont constitu\u00e9s principalement d&rsquo;h\u00e9lium et d&rsquo;hydrog\u00e8ne ionis\u00e9s ainsi que de carbone, d&rsquo;oxyg\u00e8ne, d&rsquo;azote, de fer, de n\u00e9on et de soufre. La temp\u00e9rature des filaments est comprise entre 11.000 et 18,000&nbsp;K, et leur densit\u00e9 de mati\u00e8re est d&rsquo;environ 1.300&nbsp;particules par centim\u00e8tre cube. La spectroscopie permet de distinguer deux composantes principales des \u00e9missions en lumi\u00e8re visible&nbsp;: une dans le vert et rouge, due \u00e0 de l&rsquo;oxyg\u00e8ne doublement ionis\u00e9 ([O III]) et \u00e0 de l&rsquo;hydrog\u00e8ne (H-alpha) produites par les couches hautes de l&rsquo;atmosph\u00e8re de l&rsquo;\u00e9toile prog\u00e9nitrice en expansion rapide, se heurtant avec le milieu interstellaire. L&rsquo;autre, de couleur bleue, pr\u00e9sente un spectre continu et est tr\u00e8s polaris\u00e9.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">En 1953, Iosif Shklovsky \u00e9met l\u2019hypoth\u00e8se selon laquelle la r\u00e9gion bleue et diffuse est principalement produite par rayonnement synchrotron, rayonnement d\u00fb \u00e0 la courbure de la trajectoire d&rsquo;\u00e9lectrons se d\u00e9pla\u00e7ant \u00e0 des vitesses relativistes (c&rsquo;est-\u00e0-dire proche de la vitesse de la lumi\u00e8re). Trois ans plus tard, sa th\u00e9orie est confirm\u00e9e par des observations. Dans les ann\u00e9es 1960, il est \u00e9tabli que c&rsquo;est un intense champ magn\u00e9tique produit par l&rsquo;\u00e9toile centrale de la n\u00e9buleuse qui acc\u00e9l\u00e8re et courbe la trajectoire des \u00e9lectrons. Cette \u00e9toile est une \u00e9toile \u00e0 neutrons et un pulsar, r\u00e9manent de la supernova \u00e0 l&rsquo;origine de la n\u00e9buleuse&nbsp;: le pulsar du Crabe.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">La vitesse d&rsquo;expansion de la n\u00e9buleuse a \u00e9t\u00e9 d\u00e9termin\u00e9e en quantifiant le d\u00e9calage de son spectre par effet Doppler et a \u00e9t\u00e9 estim\u00e9e \u00e0 environ 1.500&nbsp;km\/s. Parall\u00e8lement, des images prises \u00e0 plusieurs ann\u00e9es d&rsquo;intervalle r\u00e9v\u00e8lent la lente expansion angulaire apparente sur le ciel. En comparant cette expansion angulaire avec la vitesse d&rsquo;expansion, la distance de la n\u00e9buleuse par rapport au Soleil et sa taille ont pu \u00eatre estim\u00e9es \u00e0 respectivement environ 6.200 et 13&nbsp;ann\u00e9es-lumi\u00e8re.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"mw-mmv-final-image jpg mw-mmv-dialog-is-open\" src=\"https:\/\/upload.wikimedia.org\/wikipedia\/commons\/thumb\/e\/e5\/25_Images_to_Celebrate_NASA%E2%80%99s_Chandra_25th_Anniversary-_Crab_Nebula_%2853893798390%29.jpg\/2560px-25_Images_to_Celebrate_NASA%E2%80%99s_Chandra_25th_Anniversary-_Crab_Nebula_%2853893798390%29.jpg\" alt=\"undefined\" width=\"1123\" height=\"1012\" crossorigin=\"anonymous\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\"><em>Image compos\u00e9e de la n\u00e9buleuse du Crabe et du <\/em><em>pulsar du Crabe<\/em><em> central, de <\/em><em>Chandra<\/em><em> (<\/em><em>NASA<\/em><em>)<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">\u00c0 partir de la vitesse d&rsquo;expansion de la n\u00e9buleuse observ\u00e9e actuellement, il est possible de v\u00e9rifier la date de la supernova qui correspond \u00e0 sa formation. Le calcul conduit \u00e0 une date de quelques d\u00e9cennies ant\u00e9rieure \u00e0 1054. Une explication plausible de ce d\u00e9calage serait que la vitesse d&rsquo;expansion n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 uniforme, mais s&rsquo;est acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e depuis l&rsquo;explosion de la supernova. Cette acc\u00e9l\u00e9ration serait due \u00e0 l&rsquo;\u00e9nergie du pulsar qui alimenterait le champ magn\u00e9tique de la n\u00e9buleuse qui, en s&rsquo;\u00e9tendant, entra\u00eene les filaments vers l&rsquo;ext\u00e9rieur.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">Les estimations de la masse totale de la n\u00e9buleuse permettent d&rsquo;\u00e9valuer la masse de la supernova initiale. Les estimations de la masse contenue dans les filaments de la n\u00e9buleuse du Crabe varient d&rsquo;une \u00e0 cinq masses solaires. D&rsquo;autres estimations bas\u00e9es sur le pulsar du Crabe ont men\u00e9 \u00e0 des valeurs diff\u00e9rentes.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"shrinkToFit\" src=\"https:\/\/upload.wikimedia.org\/wikipedia\/commons\/c\/c9\/Chandra-crab.jpg\" alt=\"https:\/\/upload.wikimedia.org\/wikipedia\/commons\/c\/c9\/Chandra-crab.jpg\" width=\"1097\" height=\"1097\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\"><em>Le <\/em><em>pulsar du Crabe<br \/>\nCette image est la combinaison de donn\u00e9es optiques de <em>Hubble<\/em><em> (en rouge) et de <\/em><em>rayons X<\/em><em> de <\/em><em>Chandra<\/em><em> (en bleu)<\/em><\/em><\/span><\/p>\n<h3><strong>\u00c9toile centrale<\/strong><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">Au centre de la n\u00e9buleuse du Crabe se trouve une \u00e9toile peu brillante, qui est \u00e0 l&rsquo;origine de la n\u00e9buleuse. Elle a \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9e en tant que telle en 1942, lorsque Rudolph Minkowski d\u00e9couvrit que son spectre optique \u00e9tait extr\u00eamement inhabituel et ne ressemblait pas \u00e0 celui d&rsquo;une \u00e9toile normale. Il a \u00e9t\u00e9 \u00e9tabli par la suite que la r\u00e9gion autour de l&rsquo;\u00e9toile est une source importante d&rsquo;ondes radio (1949), de rayons X (1963) et qu&rsquo;elle est un des objets du ciel les plus brillants en rayons gamma (1967). La densit\u00e9 de flux des \u00e9missions X est 100 fois plus grande que celle des \u00e9missions en lumi\u00e8re visible. En 1968, des recherches ont montr\u00e9 que l&rsquo;\u00e9toile \u00e9mettait ses radiations sous forme de br\u00e8ves impulsions, devenant un des premiers pulsars \u00e0 \u00eatre identifi\u00e9 et le premier \u00e0 avoir \u00e9t\u00e9 associ\u00e9 \u00e0 un r\u00e9manent de supernova.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">Les pulsars sont \u00e0 l&rsquo;origine de fortes radiations \u00e9lectromagn\u00e9tiques, paraissant \u00e9mises plusieurs fois par seconde en de br\u00e8ves et tr\u00e8s r\u00e9guli\u00e8res impulsions. Leur d\u00e9couverte en 1967 souleva de nombreuses questions&nbsp;; l&rsquo;hypoth\u00e8se selon laquelle ces impulsions \u00e9taient des signaux d&rsquo;une civilisation avanc\u00e9e fut m\u00eame propos\u00e9e. Cependant, la d\u00e9couverte d&rsquo;une source radio pulsante au centre de la n\u00e9buleuse du Crabe fut une preuve que les pulsars n&rsquo;\u00e9taient pas des signaux d&rsquo;extra-terrestres mais \u00e9taient form\u00e9s par des explosions de supernova. Il a depuis \u00e9t\u00e9 \u00e9tabli que ces impulsions sont dues \u00e0 des \u00e9toiles \u00e0 neutrons en rotation rapide et dont les puissants champs magn\u00e9tiques concentrent les radiations \u00e9mises en d&rsquo;\u00e9troits faisceaux de rayonnement. L&rsquo;axe du champ magn\u00e9tique n&rsquo;\u00e9tant pas align\u00e9 avec celui de rotation, la direction du faisceau balaie le ciel suivant un cercle. Lorsque par hasard la direction du faisceau rencontre la Terre, une impulsion est observ\u00e9e. Ainsi, la fr\u00e9quence des impulsions est une mesure de la vitesse de rotation de l&rsquo;\u00e9toile \u00e0 neutrons.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">Le pulsar du Crabe aurait un diam\u00e8tre compris entre 28&nbsp;et 30&nbsp;km. Il \u00e9met des impulsions de radiations toutes les 33&nbsp;millisecondes. Mais, comme dans tous les cas de pulsars isol\u00e9s, la fr\u00e9quence des impulsions diminue tr\u00e8s l\u00e9g\u00e8rement mais r\u00e9guli\u00e8rement, indiquant que le pulsar ralentit tout doucement. Il arrive cependant que, de temps \u00e0 autre, sa p\u00e9riode de rotation connaisse de brusques variations. Ces variations sont appel\u00e9es <em>tremblements d&rsquo;\u00e9toiles<\/em> et seraient dues \u00e0 de soudains r\u00e9ajustements de la structure interne de l&rsquo;\u00e9toile \u00e0 neutrons.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">L&rsquo;\u00e9nergie \u00e9mise par le pulsar engendre une r\u00e9gion particuli\u00e8rement dynamique au centre de la n\u00e9buleuse du Crabe. Alors que la plupart des objets astronomiques ont des dur\u00e9es caract\u00e9ristiques d&rsquo;\u00e9volution de l&rsquo;ordre de plusieurs dizaines de milliers d&rsquo;ann\u00e9es, les parties centrales de la n\u00e9buleuse \u00e9voluent sur des p\u00e9riodes de quelques jours. La partie la plus dynamique de la zone centrale de la n\u00e9buleuse est la zone o\u00f9 le vent \u00e9quatorial du pulsar rencontre la mati\u00e8re environnante en formant une onde de choc. La forme et la position de cette zone changent rapidement sous l&rsquo;effet du vent \u00e9quatorial. Cette zone est visible sous la forme de petites tra\u00een\u00e9es brillantes dont l&rsquo;\u00e9clat augmente puis faiblit au fur et \u00e0 mesure qu&rsquo;elles s&rsquo;\u00e9loignent du pulsar.<\/span><\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\"><strong>\u00c9toile prog\u00e9nitrice<\/strong><\/span><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">L&rsquo;\u00e9toile qui a explos\u00e9 en supernova et donn\u00e9 naissance \u00e0 la n\u00e9buleuse est appel\u00e9e l&rsquo;\u00e9toile prog\u00e9nitrice. Deux types d&rsquo;\u00e9toiles produisent des supernovas&nbsp;: les naines blanches (qui donnent des supernova de type Ia par une explosion thermonucl\u00e9aire d\u00e9truisant totalement l&rsquo;\u00e9toile) et les \u00e9toiles massives (qui donnent des supernova de type \u00ab&nbsp;Ib&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;Ic&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;II&nbsp;\u00bb). Dans ce dernier cas, le c\u0153ur de l&rsquo;\u00e9toile s&rsquo;effondre sur lui-m\u00eame et se fige en un c\u0153ur de fer. L&rsquo;explosion est produite par l&rsquo;atmosph\u00e8re s&rsquo;effondrant et qui rebondit sur ce c\u0153ur. Elle laisse derri\u00e8re elle un objet compact qui est parfois un pulsar. La pr\u00e9sence d&rsquo;un tel pulsar au sein de la n\u00e9buleuse du Crabe signifie qu&rsquo;elle s&rsquo;est form\u00e9e \u00e0 partir d&rsquo;une \u00e9toile massive. En effet, les supernovas de type \u00ab&nbsp;Ia&nbsp;\u00bb ne produisent pas de pulsars. Les mod\u00e8les th\u00e9oriques d&rsquo;explosion de supernova sugg\u00e8rent que l&rsquo;\u00e9toile \u00e0 l&rsquo;origine de la n\u00e9buleuse du Crabe avait une masse comprise entre huit et douze masses solaires. Les \u00e9toiles de masse inf\u00e9rieure \u00e0 huit masses solaires seraient trop l\u00e9g\u00e8res pour engendrer des explosions de supernova et produisent des n\u00e9buleuses plan\u00e9taires. Les \u00e9toiles de masse sup\u00e9rieure \u00e0 douze masses solaires produisent des n\u00e9buleuses pr\u00e9sentant une composition chimique diff\u00e9rente de celle observ\u00e9e au sein de la n\u00e9buleuse du Crabe.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">Un des principaux probl\u00e8mes soulev\u00e9s par l&rsquo;\u00e9tude de la n\u00e9buleuse du Crabe est que la masse combin\u00e9e de la n\u00e9buleuse et du pulsar est beaucoup plus faible que la masse pr\u00e9dite pour l&rsquo;\u00e9toile prog\u00e9nitrice. La raison de cette diff\u00e9rence est inconnue. L&rsquo;estimation de la masse de la n\u00e9buleuse est obtenue en mesurant la quantit\u00e9 totale de lumi\u00e8re \u00e9mise et, connaissant la temp\u00e9rature et la densit\u00e9 de la n\u00e9buleuse, en en d\u00e9duisant la masse requise pour \u00e9mettre la lumi\u00e8re observ\u00e9e. Les estimations varient entre 1 et 5 masses solaires, la valeur commun\u00e9ment admise \u00e9tant de 2 ou 3 masses solaires. L\u2019\u00e9toile \u00e0 neutrons aurait une passe comprise entre 1,4 et 2 masses solaires.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">La th\u00e9orie principale expliquant la masse manquante de la n\u00e9buleuse du Crabe est qu&rsquo;une proportion substantielle de la masse de l&rsquo;\u00e9toile prog\u00e9nitrice a \u00e9t\u00e9 \u00e9ject\u00e9e avant l&rsquo;explosion de la supernova dans un fort vent stellaire comme c&rsquo;est le cas de nombreuses \u00e9toiles massives comme les \u00e9toiles Wolf-Rayet. Cependant, un tel vent aurait cr\u00e9\u00e9 une coquille autour de la n\u00e9buleuse (comme une bulle de Wolf-Rayet). Bien que des observations \u00e0 diff\u00e9rentes longueurs d&rsquo;onde aient \u00e9t\u00e9 men\u00e9es afin d&rsquo;identifier cette coquille, elle ne l&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9.<\/span><\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\"><strong>Transits par des corps du syst\u00e8me solaire<\/strong><\/span><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">La n\u00e9buleuse du Crabe est situ\u00e9e \u00e0 environ un degr\u00e9 et demi de l&rsquo;\u00e9cliptique, le plan de l&rsquo;orbite terrestre autour du Soleil. En cons\u00e9quence, la Lune et parfois les plan\u00e8tes occultent ou transitent devant la n\u00e9buleuse. Bien que le Soleil ne transite pas devant la n\u00e9buleuse, sa couronne passe devant elle. Ces transits et occultations peuvent \u00eatre utilis\u00e9s afin d&rsquo;\u00e9tudier \u00e0 la fois la n\u00e9buleuse et l&rsquo;objet qui passe devant elle en observant les modifications engendr\u00e9es par ce dernier sur les radiations de la n\u00e9buleuse.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">Les transits lunaires ont \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9s afin de cartographier les \u00e9missions de rayons X au sein de la n\u00e9buleuse. Avant le lancement de satellites destin\u00e9s \u00e0 l&rsquo;observation en rayons X tels que XMM-Newton ou Chandra, les t\u00e9lescopes d&rsquo;observation en rayons X avaient une tr\u00e8s faible r\u00e9solution angulaire. Inversement, la position de la Lune est connue avec une tr\u00e8s grande pr\u00e9cision. Ainsi, quand cette derni\u00e8re passe devant la n\u00e9buleuse, les variations de la luminosit\u00e9 de la n\u00e9buleuse permettent de cr\u00e9er une carte des \u00e9missions en rayons X.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">La couronne solaire passe devant la n\u00e9buleuse chaque mois de juin. Les variations des ondes radio provenant de la n\u00e9buleuse sont utilis\u00e9es afin d&rsquo;\u00e9tudier la densit\u00e9 et la structure de la couronne. Les premi\u00e8res observations ont montr\u00e9 que la couronne est bien plus \u00e9tendue qu&rsquo;il n&rsquo;\u00e9tait commun\u00e9ment admis pr\u00e9c\u00e9demment. Ces observations ont aussi permis d&rsquo;\u00e9tablir que la couronne pr\u00e9sente des variations substantielles de densit\u00e9.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">Saturne transite aussi devant la n\u00e9buleuse du Crabe mais tr\u00e8s rarement. Son dernier transit, en 2003, \u00e9tait le premier depuis 1296&nbsp;; le prochain aura lieu en 2267. Les scientifiques ont utilis\u00e9 le t\u00e9lescope Chandra pour observer la lune de Saturne, Titan, durant son transit devant la n\u00e9buleuse et ont remarqu\u00e9 que l&rsquo;ombrage des rayons X d\u00fb au passage de Titan \u00e9tait plus grand que la surface solide de cette lune en raison de l&rsquo;absorption de rayons X par son atmosph\u00e8re. Ces observations ont permis d&rsquo;\u00e9tablir que l&rsquo;\u00e9paisseur de l&rsquo;atmosph\u00e8re de Titan est de 880&nbsp;km. Le transit de la plan\u00e8te Saturne elle-m\u00eame n&rsquo;a pas pu \u00eatre observ\u00e9 car le t\u00e9lescope Chandra passait \u00e0 travers la ceinture de Van Allen au m\u00eame moment.<\/span><\/p>\n<hr>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 32px;\"><strong>Le Pulsar du Crabe&nbsp;: PSR Bo531+21<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">Le <strong>pulsar du Crabe<\/strong> (ou <strong>PSR B0531+21<\/strong>, <strong>NP 0532<\/strong>, <strong>PSR J0534+2200<\/strong>, est un pulsar tr\u00e8s jeune, form\u00e9 il y a moins de mille ans, lors de l&rsquo;explosion de la supernova historique SN 1054. C&rsquo;est l&rsquo;un des deux seuls pulsars connus (l&rsquo;autre \u00e9tant PSR J0205+6449) dont l&rsquo;\u00e2ge r\u00e9el est connu avec certitude et est inf\u00e9rieur \u00e0 1&nbsp;000&nbsp;ans. Son nom traditionnel provient de celui de la n\u00e9buleuse du Crabe, correspondant au nom du r\u00e9manent de supernova abritant le pulsar. Le pulsar du Crabe a \u00e9t\u00e9 d\u00e9couvert en 1968. Il s&rsquo;agit de l&rsquo;un des premiers pulsars d\u00e9couverts, et il reste \u00e0 ce jour le plus \u00e9tudi\u00e9. Bien que tr\u00e8s proche en \u00e2ge de PSR J0205+6449, il s&rsquo;en distingue sur de nombreux points, mais pr\u00e9sente de multiples similarit\u00e9s avec le pulsar des Voiles, qui est parfois d\u00e9crit comme \u00e9tant son \u00ab&nbsp;cousin&nbsp;\u00bb.<\/span><\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\"><strong>Caract\u00e9ristiques physiques essentielles<\/strong><\/span><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">Le pulsar du Crabe est le pulsar le plus \u00e9nerg\u00e9tique connu pour sa luminosit\u00e9 de ralentissement, c&rsquo;est-\u00e0-dire que c&rsquo;est le pulsar dont le rapport P\/\u2019PP \/ P \u02d9P\/^P, o\u00f9 P &nbsp;P Pest sa p\u00e9riode de rotation (environ 33 ms) et \u2018P &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;sa d\u00e9riv\u00e9e temporelle (4,2&nbsp;\u00d7\u202f10<sup>\u221213<\/sup>&nbsp;s\/s), est le plus \u00e9lev\u00e9. La lente augmentation de sa p\u00e9riode de rotation g\u00e9n\u00e8re un rayonnement \u00e9lectromagn\u00e9tique qui est plus de 100&nbsp;000&nbsp;fois plus intense que le Soleil, g\u00e9n\u00e9rant environ 4,5&nbsp;\u00d7\u202f10<sup>31<\/sup>&nbsp;W. Ce rayonnement est entre autres responsable de la forte luminosit\u00e9 de la partie centrale de la n\u00e9buleuse du Crabe, g\u00e9n\u00e9r\u00e9e par rayonnement synchrotron.<\/span><\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\"><strong>D\u00e9couverte<\/strong><\/span><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">La d\u00e9couverte du pulsar du Crabe, par la mise en \u00e9vidence du caract\u00e8re p\u00e9riodique de son rayonnement radio, remonte \u00e0 1968, par David H. Staelin et Edward C. Reifenstein depuis l&rsquo;Observatoire de Green Bank (Virginie-Occidentale, \u00c9tats-Unis). Cependant de nombreuses indications indiquaient depuis pr\u00e8s de 25 ans l&rsquo;existence d&rsquo;un astre atypique au sein de la N\u00e9buleuse du Crabe, et c&rsquo;est en vue de d\u00e9terminer la source d&rsquo;\u00e9nergie de la n\u00e9buleuse du Crabe que des recherches ont \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s t\u00f4t entreprises en vue de d\u00e9tecter et de d\u00e9terminer la nature de l&rsquo;astre central. En effet, en l&rsquo;absence de source d&rsquo;\u00e9nergie interne, l&rsquo;\u00e9clat de la n\u00e9buleuse environnante n&rsquo;aurait pu subsister plus de quelques ann\u00e9es apr\u00e8s la supernova qui lui a donn\u00e9 naissance, soit largement moins que son \u00e2ge \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque (un peu plus de 9 si\u00e8cles en 1960), parfaitement d\u00e9termin\u00e9 du fait des t\u00e9moignages relatifs \u00e0 la supernova qui lui a donn\u00e9 naissance en 1054. D\u00e8s 1942, Walter Baade avait identifi\u00e9 deux astres situ\u00e9s \u00e0 proximit\u00e9 imm\u00e9diate du centre g\u00e9om\u00e9trique de la n\u00e9buleuse du Crabe et soup\u00e7onnait que l&rsquo;un d&rsquo;entre eux puisse \u00eatre sa source d&rsquo;\u00e9nergie. Il avait \u00e9galement \u00e9tabli que l&rsquo;une d&rsquo;elles poss\u00e9dait un spectre extr\u00eamement atypique. Dans le domaine radio, Antony Hewish et S. E. Okoye avaient mis en \u00e9vidence l&rsquo;existence d&rsquo;une source radio (observations faite \u00e0 une fr\u00e9quence de 38 GHz), dont les mesures de scintillation indiquaient qu&rsquo;elle devait \u00eatre extr\u00eamement compacte. Enfin, en 1967, l&rsquo;astrophysicien italien Franco Pacini avait \u00e9lucid\u00e9 la nature de la source d&rsquo;\u00e9nergie de la n\u00e9buleuse en pr\u00e9disant qu&rsquo;une \u00e9toile \u00e0 neutrons en rotation rapide \u00e9tait susceptible de fournir une source d&rsquo;\u00e9nergie suffisante \u00e0 son environnement. \u00c0 noter cependant que ce dernier travail, bien que n&rsquo;ayant pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 que quelques mois la d\u00e9couverte effective des pulsars, \u00e9tait \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque pass\u00e9 inaper\u00e7u.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">La d\u00e9couverte du pulsar du Crabe aurait pu ne pas \u00eatre possible aussi t\u00f4t, car, si l&rsquo;intensit\u00e9 de son signal radio est tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9e, sa p\u00e9riode tr\u00e8s faible le rend tr\u00e8s difficile \u00e0 mettre en \u00e9vidence. En fait, si le pulsar avait eu une \u00e9mission r\u00e9guli\u00e8re, les moyens observationnels n&rsquo;auraient pu permettre sa d\u00e9couverte qu&rsquo;\u00e0 partir du milieu des ann\u00e9es 1980. Ce qui a permis sa d\u00e9couverte bien avant est une propri\u00e9t\u00e9 atypique de son \u00e9mission radio, \u00e0 savoir le ph\u00e9nom\u00e8ne de pulse g\u00e9ant, qui voit l&rsquo;\u00e9mission sur un pulse parfois consid\u00e9rablement plus intense que la moyenne. C&rsquo;est pr\u00e9cis\u00e9ment par la mise en \u00e9vidence de certains de ces pulses g\u00e9ants, toujours espac\u00e9s les uns des autres d&rsquo;un multiple entier de la p\u00e9riode du pulsar, que celui-ci a pu \u00eatre mis en \u00e9vidence d\u00e8s 1968. Une fois la p\u00e9riode d\u00e9termin\u00e9e de cette fa\u00e7on, l&rsquo;observation du signal p\u00e9riodique \u00e9tait possible d\u00e8s 1968. Une fois la p\u00e9riode connue, la d\u00e9tection du pulsar dans les autres domaines de longueur d&rsquo;onde suivit rapidement, d&rsquo;abord en optique, puis en ultraviolet et en X.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">La d\u00e9couverte dans le domaine optique a donn\u00e9 lieu \u00e0 plusieurs p\u00e9rip\u00e9ties. D\u00e8s le 24 novembre 1968, et sans avoir connaissance de l&rsquo;annonce de la d\u00e9couverte du pulsar, une recherche dans le domaine optique sur une variabilit\u00e9 \u00e9ventuelle du sein de la n\u00e9buleuse du Crabe avait \u00e9t\u00e9 entreprise par R. V. Willstrop. Les donn\u00e9es recueillies r\u00e9v\u00e9laient un signal p\u00e9riodique, mais avaient \u00e9t\u00e9 laiss\u00e9es de c\u00f4t\u00e9 pour analyse ult\u00e9rieure. Ainsi leur publication<sup>5<\/sup> se fit-elle apr\u00e8s la mise en \u00e9vidence des pulses optiques le 16 janvier 1969 par une \u00e9quipe concurrente men\u00e9e par W. J. Cocke de l&rsquo;Observatoire Steward (Arizona). Trois jours plus tard d&rsquo;autres \u00e9quipes, de l&rsquo;Observatoire McDonald et de l&rsquo;Observatoire de Kitt Peak, mirent \u00e9galement en \u00e9vidence la variabilit\u00e9 optique, mais l&rsquo;histoire a surtout retenu la contribution de Cocke et ses collaborateurs, \u00e9galement rest\u00e9e c\u00e9l\u00e8bre par le fait que lors de la d\u00e9couverte un magn\u00e9tophone a fortuitement enregistr\u00e9 les r\u00e9actions des astronomes, dont l&rsquo;enthousiasme g\u00e9n\u00e9ralement qualifi\u00e9 de \u00ab&nbsp;d\u00e9sinhib\u00e9&nbsp;\u00bb est rest\u00e9 c\u00e9l\u00e8bre. Un des clich\u00e9s les plus c\u00e9l\u00e8bres du pulsar du Crabe fut r\u00e9alis\u00e9 peu apr\u00e8s avec le t\u00e9lescope de 3&nbsp;m\u00e8tres de l&rsquo;Observatoire Lick, mettant en jeu une technique stroboscopique, montrant c\u00f4te \u00e0 c\u00f4te les deux \u00e9tats (\u00ab&nbsp;allum\u00e9&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;\u00e9teint&nbsp;\u00bb) du pulsar.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">Malgr\u00e9 l&rsquo;absence de satellite artificiel destin\u00e9 \u00e0 l&rsquo;observation des rayons X cosmiques, l&rsquo;\u00e9mission X du pulsar du Crabe fut mise en \u00e9vidence d\u00e8s 1969 \u00e0 l&rsquo;aide d&rsquo;exp\u00e9riences embarqu\u00e9es sur des fus\u00e9es, de fa\u00e7on quasi simultan\u00e9e par deux \u00e9quipes, l&rsquo;une du Naval Research Laboratory, l&rsquo;autre du Massachusetts Institute of Technology. Cependant, une exp\u00e9rience du m\u00eame type mont\u00e9e sur une fus\u00e9e Aerobee 150 ant\u00e9rieure \u00e0 la d\u00e9couverte du pulsar avait \u00e9galement enregistr\u00e9 le signal p\u00e9riodique du pulsar en 1968, sans que celui-ci soit vu \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque, et un an plus t\u00f4t une autre exp\u00e9rience, cette fois mont\u00e9e \u00e0 bord d&rsquo;un ballon stratosph\u00e9rique avait \u00e9galement enregistr\u00e9 la p\u00e9riodicit\u00e9 de l&rsquo;\u00e9mission de haute \u00e9nergie du pulsar. M\u00eame si ces deux exp\u00e9riences n&rsquo;ont finalement pas permis l&rsquo;identification du pulsar, elles ont n\u00e9anmoins permis de v\u00e9rifier que la loi de ralentissement de la p\u00e9riode du pulsar \u00e9tait effective depuis 1967 au moins.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">Une fois le pulsar d\u00e9couvert, la nature du rayonnement \u00e9clairant la n\u00e9buleuse (rayonnement synchrotron) a \u00e9t\u00e9 rapidement \u00e9t\u00e9 mise en \u00e9vidence (en 1970) par Iossif Chklovski.<\/span><\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\"><strong>Spectre<\/strong><\/span><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">Le pulsar rayonne sur une immense gamme de fr\u00e9quence, s&rsquo;\u00e9talant des ondes radio (depuis 10 MHz, voire moins) aux rayons gamma, jusqu&rsquo;\u00e0 au moins 50 GeV, soit plus de 18 ordres de grandeur. Il est probable que l&rsquo;\u00e9mission se produise \u00e0 des fr\u00e9quences inf\u00e9rieures \u00e0 10&nbsp;MHz, mais les effets de propagation dans le milieu interstellaire provoquent un brouillage de l&rsquo;\u00e9mission puls\u00e9e caract\u00e9ristique du pulsar, aussi est-il difficile de s&rsquo;assurer que c&rsquo;est bien son \u00e9mission qui est d\u00e9tect\u00e9e \u00e0 tr\u00e8s basse fr\u00e9quence. L&rsquo;existence d&rsquo;un rayonnement \u00e0 des \u00e9nergies au-del\u00e0 de 30&nbsp;GeV a \u00e9t\u00e9 plusieurs fois envisag\u00e9e, mais longtemps sans confirmation explicite en raison de l&rsquo;absence de d\u00e9tection d&rsquo;\u00e9mission puls\u00e9e. Une \u00e9mission puls\u00e9e \u00e0 50&nbsp;GeV a finalement \u00e9t\u00e9 d\u00e9tect\u00e9e par le t\u00e9lescope \u00e0 imagerie \u010cerenkov atmosph\u00e9rique MAGIC en 2008. Il n&rsquo;est pour l&rsquo;heure pas clair que l&rsquo;absence de d\u00e9tection certaine \u00e0 1&nbsp;TeV r\u00e9sulte d&rsquo;une coupure dans le spectre d&rsquo;\u00e9mission du pulsar, ou alors d&rsquo;un manque de sensibilit\u00e9 des instruments utilis\u00e9s, bien que la premi\u00e8re possibilit\u00e9 apparaisse plus plausible.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">En 2011, le projet VERITAS d\u00e9c\u00e8le des \u00e9missions \u00e0 400&nbsp;GeV. Ces observations, les plus puissantes jamais observ\u00e9es ayant pour source un pulsar, entrent cependant en conflit avec les mod\u00e8les actuels de pulsars \u2212 essentiellement bas\u00e9s sur le rayonnement synchrotron, ils pr\u00e9disent des \u00e9missions aux alentours de 10&nbsp;GeV \u2212 mais aussi de la relativit\u00e9 restreinte avec une probable violation de l&rsquo;invariance de Lorentz. Parmi les pistes privil\u00e9gi\u00e9es par les scientifiques pour expliquer ce ph\u00e9nom\u00e8ne, certains parlent de diffusion Compton inverse.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">Avec un petit nombre de pulsars du m\u00eame type (les pulsars gamma), il fait partie des objets rayonnant sur la plus vaste gamme de fr\u00e9quence connue. C&rsquo;est un des rares pulsars qui soit \u00e0 la fois un pulsar radio, un pulsar optique, un pulsar X et un pulsar gamma. Par exemple PSR J0633+1746 (Geminga) n&rsquo;est pas d\u00e9tect\u00e9 dans le domaine radio, bien qu&rsquo;il soit un pulsar gamma puissant.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">Le pulsar du Crabe est \u00e9galement un pulsar gamma puissant&nbsp;: en juin 2019, des astrophysiciens et physiciens des hautes \u00e9nergies ont annonc\u00e9 avoir d\u00e9tect\u00e9, au cours de campagnes d&rsquo;observations, qui ont dur\u00e9 de f\u00e9vrier 2014 \u00e0 mai 2017, des rayons gamma d\u2019une \u00e9nergie de 450 TeV en sa provenance. Il s&rsquo;agit du rayonnement le plus \u00e9nerg\u00e9tique jamais d\u00e9tect\u00e9 sur Terre. 450 TeV \u00e9quivaut en comparaison \u00e0 45 milliards de fois l&rsquo;\u00e9nergie des rayons X pour un diagnostic m\u00e9dical.<\/span><\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\"><strong>Autres caract\u00e9ristiques<\/strong><\/span><\/h3>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">Le pulsar du Crabe exhibe la quasi-totalit\u00e9 des effets observables dans des pulsars. Il pr\u00e9sente des irr\u00e9gularit\u00e9s dans son ralentissement, appel\u00e9es <em>glitches<\/em>. Avec le pulsar de Vela, il comptabilise pr\u00e8s du tiers des <em>glitches<\/em> observ\u00e9s sur l&rsquo;ensemble de tous les pulsars. Son jeune \u00e2ge permet, malgr\u00e9 la pr\u00e9sence de <em>glitches<\/em> , de mesurer l&rsquo;\u00e9volution s\u00e9culaire de sa p\u00e9riode de rotation, donnant ainsi les d\u00e9riv\u00e9es seconde et m\u00eame troisi\u00e8me de celle-ci, respectivement mesur\u00e9es \u00e0 \u22121,36&nbsp;\u00d7\u202f10<sup>\u221223<\/sup>&nbsp;s&nbsp;s<sup>\u22122<\/sup> et 7,56&nbsp;\u00d7\u202f10<sup>\u221234<\/sup>&nbsp;s&nbsp;s<sup>\u22123<\/sup>. De la seconde d\u00e9riv\u00e9e, il est possible de d\u00e9terminer l&rsquo;indice de freinage, qui ici vaut 2,518, proche de la valeur canonique pr\u00e9dite par le mod\u00e8le usuel de ralentissement des pulsars, o\u00f9 l&rsquo;\u00e9mission d&rsquo;un dip\u00f4le magn\u00e9tique tournant auquel est assimil\u00e9 le pulsar pr\u00e9dit, dans l&rsquo;hypoth\u00e8se o\u00f9 son champ magn\u00e9tique est constant au cours du temps, que l&rsquo;indice de freinage est \u00e9gal \u00e0 3.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"font-family: 'times new roman', times, serif; font-size: 20px;\">Il pr\u00e9sente \u00e9galement le ph\u00e9nom\u00e8ne de pulse g\u00e9ant, particularit\u00e9 qui a d&rsquo;ailleurs permis sa d\u00e9couverte tr\u00e8s t\u00f4t dans l&rsquo;histoire de l&rsquo;\u00e9tude des pulsars. Sans cette caract\u00e9ristique fortuite, le pulsar du Crabe n&rsquo;aurait sans doute pas pu \u00eatre d\u00e9couvert avant le milieu des ann\u00e9es 1980. La forte luminosit\u00e9 du pulsar dans le domaine radio permet l&rsquo;\u00e9tude d\u00e9taill\u00e9e des pulses qu&rsquo;il \u00e9met avec une tr\u00e8s haute r\u00e9solution temporelle. Il met en \u00e9vidence le ph\u00e9nom\u00e8ne de microstructure, donnant des indications sur le ph\u00e9nom\u00e8ne d&rsquo;\u00e9mission radio de ce type d&rsquo;objets.<\/span><\/p>\n<hr>\n<p><strong>&nbsp;<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>SN 1054 (Supernova 1054) ou M1 ou N\u00e9buleuse du Crabe Cette image, une des plus grandes de la&nbsp;N\u00e9buleuse du Crabe&nbsp;jamais prises par le t\u00e9lescope spatial&nbsp;Hubble&nbsp;de la NASA, est en r\u00e9alit\u00e9 une mosa\u00efque de plusieurs clich\u00e9s. La n\u00e9buleuse s&rsquo;\u00e9tend sur une distance de six ann\u00e9es-lumi\u00e8re et est compos\u00e9e des restes de l&rsquo;explosion d&rsquo;une supernova. 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